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Une eau aussi bleue que les yeux de l'institutrice

Featured Replies

Posté(e)

La mer était là enfin,

comme je l’avais imaginée :

une immensité d’eau presque sans fin.

De l’onde partout. Une onde bleu azur comme les yeux de Solange, notre institutrice, venue d’outre-mer,

belle comme un ange.

Je  scrutais cette incommensurable surface pervenche.

Je la dévorais des yeux.

J’eusse voulu y plonger,

voir cette eau ruisseler sur mon corps,

en sentir le grain soyeux.

J’eusse tant désiré l’embrasser,

la serrer contre moi.

Debout sur la grève, je la pressentais sous mes pieds.

Je  continuais à me rincer les yeux,

admiratif,

subjugué.

Jamais je n’avais vu autant d’eau autour de moi.

Une eau aussi bleue que les yeux de Solange, notre institutrice.

J’eus soudain souvenance d’un cours de géographie sur les mers du monde

que nous avait donné Solange, notre institutrice.

J’entendais sa jolie voix,

suave,

douce,

mielleuse.

La mer Blanche,

la mer Rouge,

la mer Noire,

la mer Jaune.

Perspicace,

j’avais demandé alors à la maîtresse si la mer était multicolore.

Il y avait eu un bref silence.

Elle avait eu un sourire en coin,

elle était descendue  de l’estrade,

s’était approchée de mon pupitre (je m’asseyais à la première table).

Elle me tendait son visage comme pour me signifier quelque chose.

Je voyais alors ses pupilles de très près.

Un frisson parcourait tout mon corps.

Le silence s’était rompu d’un coup.

« La mer est bleue », m’avait-elle dit.

Et du coup, je voyais toutes les mers de la planète déferler alors devant moi.

Toutes aussi bleues les unes que les autres.

Toutes aussi bleues que les yeux de Solange, notre institutrice.

Toutes aussi belles que Solange, notre institutrice.

 

 

 

 

 

Posté(e)

Au delà de l'hommage touchant à votre jolie institutrice aux yeux bleus, 

j'ai ressenti la même émotion lorsque comme vous j'ai découvert, enfant,  la mer pour la première fois.

On est pris par l'immensité de la chose, le sentiment d'être tout petit, de découvrir un truc incroyable....

 

 

Posté(e)

C'est très joli, @ouintenabdel ce parallèle entre les yeux bleus de votre institutrice et la mer ; autant qu'est attendrissante la question  : "j’avais  demandé alors à la maîtresse si la mer était multicolore." comme peut l'être la question d'un enfant dans toute son ingénuité. Bravo ! 

Posté(e)

Bravo @ouintenabdel pour ce bel hommage. Il est vrai que nous avons tous quelque part au fond du coeur le souvenir d'une de ces enseignantes aussi belles que la mer, que l'été, que le soleil. Du coup, vous m'avez embarqué sur votre souvenir et je vous en remercie.

Posté(e)

Bonjour @ouintenabdel, j'aime beaucoup ce poème, pour ma part je connaissais la mer depuis mon plus jeune âge, mais ça ne change rien, j'ai retrouvé dans ce poème ma passion pour elle et aussi mes émois enfantins devant notre institutrice qui était, elle aussi, jeune et belle.

Plein de souvenirs qui se rejoignent, merci ! 🙂 

Posté(e)

@ouintenabdel

 

En plus d'un coeur bien mérité, j'ai l'outrecuidance d'ajouter quatre mots à ton poème délicat :

A poil, l'institutrice !

Posté(e)

Je vous remercie @ouintenabdel pour votre poème qui m'a fait chaud au cœur, une poésie pleine de tendresses et de vies, de souvenirs et de contemplations enfantines...

Posté(e)

J'aime ces poésies sur les traits de l'enfance et je savoure sans mièvrerie ce joli poème qui fait du bien.

Posté(e)

je vais essayer de continuer à plonger et passer le niveau supérieur pour arriver à ces fonds insoupçonnés malgré mes problèmes d'oreille interne,

plus sérieusement c'est vrai que les belles maîtresses sont aussi inspirantes que la mer que l'on voudrait monter plutôt que démontée...

bravo pour ce beau petit tableau noir multicoloré

Posté(e)
  • Auteur

Merci Diane, votre visite me fait honneur. Quand j’ai vu la mer pour la première fois, mon émotion était d’autant plus intense que j’avais vécu mon enfance dans une région désertique où il pleut rarement, et où l’eau, ce liquide précieux, est puisée dans les entrailles de la terre.

Oui on se sent infiniment petit face à la grandeur et à la magnificence de la mer.

 

Merci Joailes, vos commentaires me font  toujours plaisir.

Je vais me confesser.  Au-delà du fait que j’étais subjugué par la magnificence de la mer en la découvrant pour la première fois, au-delà de la joliesse de notre institutrice,  le reste n’est que littérature comme le disait si joliment Paul Verlaine.  Cette histoire, je l’ai un peu brodée, je l’ai quelque peu embellie  pour faire rêver le lecteur (Mon professeur de français au lycée, une jolie dame, nous disait qu’en littérature le mensonge est une vertu). Mon instructrice, je l’ai aimée non pas pour ses beaux yeux (beaux, ils l’étaient sans doute,  je ne saurais toutefois vous dire quelle en était la couleur exacte. Dans ma fantasmagorie  d’enfant du désert, quand on vient d’outre-mer, on doit avoir des yeux bleus...) mais pour cette belle langue qui sourdait d’entre ses lèvres purpurines, et dont je m’efforçais d’en avoir la maîtrise pour trouver grâce à ses yeux.

 

C’est moi qui vous remercie Papy Adgio. Je suis fort content de pouvoir vous lire à nouveau. Votre visite me fait toujours honneur. Merci pour votre commentaire élogieux. Je ne garde de mon institutrice que d’agréables souvenirs. Même môme, je ne pouvais résister au charme d’une aussi jolie personne et, qui plus est, elle était pleine de dévouement.

 

 Merci Gilliatt pour votre commentaire. Je suis fort flatté que mon texte ait emporté votre adhésion et qu’il ait suscité en vous des émois et qu’il vous ait rappelé d’agréables souvenirs d’enfance.

 

 Merci Marc Hiver pour votre généreux commentaire. Votre visite me fait honneur. J’étais éduqué dans la rigueur de la foi.   Je ne me souviens pas d’avoir rêvé de voir ma maîtresse en tenue d’Eve.

Son joli minois, son cou d’albâtre, ses cheveux blonds ramassés en chignon sur la nuque, sa grâce, cela suffisait pour mettre mon petit cœur en émoi sans me voir  versé dans le péché… Merci derechef pour le coup de cœur.

 

 C’est moi qui vous remercie Charles Boveaud. Je suis fort content que mon texte vous ait plu. Les mots ont un pouvoir magique. Que mes mots aient suscité en vous quelques émotions, cela me flatte. Soyez-en remercié.

 

Merci Frédéric Cogno. Vos commentaires me font toujours plaisir. Je suis d’autant plus flatté que mon texte a trouvé grâce aux yeux du poète chevronné que vous êtes.

 

Merci Christian Bello pour votre commentaire teinté d’humour. La beauté est on ne peut plus source d’inspiration surtout si cette  joliesse émane d’une  jeune femme venue d’une contrée verdoyante regorgeant d’eau pour  élire domicile dans un désert inculte, infesté de bestioles venimeuses.

 

 

Posté(e)

J'aime bien les va-et-vients entre les yeux de l'institutrice et la mer, les deux représentant la découverte d'une beauté nouvelle et le signe d'un monde plus grand qui se révèle à des yeux d'enfant. L'anecdote sur la couleur de la mer est touchante, moi je crois encore que la mer est multicolore 🙂. Joli texte.

Posté(e)

@ouintenabdel

j'ai beaucoup aimé ce texte. Ce moment initiatique d'enfance est très  bien retranscrit.Les effets poétiques sont simples , ce qui les rend d'autant plus beaux.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

J’arrive après tout le monde mais je souhaite m’associer à ceux qui ont aimé votre poème et le parallèle entre les yeux de votre institutrice que l’on devine française et la mer qui sépare votre magnifique pays de la France, comme l’en sépare un passé douloureux. L’histoire aurait pu s’écrire différemment avec plus de tolérance, de respect et d’intelligence et Solange aurait pu rester dans le bled.

Posté(e)
  • Auteur

Merci Natacha Felix pour votre commentaire  j’en  suis fort touché. Que mon texte ait suscité votre intérêt, cela me flatte. Votre commentaire est aussi généreux que judicieux. Dans mon esprit j’ai toujours fait le rapprochement entre la couleur des yeux des gens qui viennent d’outre-méditerranée  et  la teinte de la mer. On les appelle chez nous, dans notre dialecte, les gens de l’eau. Voilà d’où vient ce rapprochement qui, en fait, n’est pas toujours vérifié. On n’y peut rien contre les fantasmes. Ils  sont  presque toujours fantaisistes.

 

Merci beaucoup Nomal’ sland. Votre commentaire me touche énormément. Il  est d’une grande générosité.  Je suis fort flatté que mon texte ait trouvé grâce à vos yeux. Je vous en remercie derechef.

 

Merci  Jeep. Votre commentaire me va droit au cœur. Je signe des deux mains. Quelle clairvoyance. Quelle acuité d’esprit. Vous avez vu parfaitement juste.  Vous soulevez là  une question douloureuse qui a fait couler  beaucoup d’encre, de salive et de larmes aussi. Votre visite me fait honneur. Merci derechef.

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