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Portrait (d’après Jean-Claude Pirotte, avec Jules Supervielle)

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Je m'égare mon âme au vertige des morts

Tes ronces tes regards ignorés de l'enfance

Tu ne les connais plus mais je devine encore

Ton visage escarpé que trahit ton silence

 

C'est aussi ton royaume au déclin de la mer

En prochaine alluvion posée par la marée

Déjà bruissant d'écume au souvenir amer

Des lévriers cruels qui nous ont séparés 

 

Le vent qui nous foulait au delà de la vie

Une feuille en reflet qui fait trembler ton âme

Ton regard esquivé sur la photographie 

 

Je ne puis regarder un jardin sans penser

Au pays clandestin où s'éteint toute flamme

Lorsque j'étais toi mère en amour insensé

Posté(e)

Bravo pour ce poème magnifique ! Il concentre la futilité de la vie et sa métaphore sous la photographie ! Thème qui ne manque de beauté ! Un cœur !

Posté(e)

Existentiel.
Je trouve le rythme excellent dans celui-ci, je me suis laissé porter par les mots comme par une vague.
Les douleurs et craintes évoquées n'empêchent pas une impression de douceur et de résignation de se dégager du tout.
Par contre, j'hésite encore sur le destinataire de ce texte : est-il possible qu'il ne fasse qu'un avec le narrateur ?
Merci pour ce très beau texte. 🙂

 

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos
il y a une heure, Natacha Felix a dit :

 

 

il y a une heure, Natacha Felix a dit :

Existentiel.
Je trouve le rythme excellent dans celui-ci, je me suis laissé porter par les mots comme par une vague.
Les douleurs et craintes évoquées n'empêchent pas une impression de douceur et de résignation de se dégager du tout.
Par contre, j'hésite encore sur le destinataire de ce texte : est-il possible qu'il ne fasse qu'un avec le narrateur ?
Merci pour ce très beau texte. 🙂

 

J’ai été sensible à votre commentaire et vous remercie. Pour moi ce poème évoque une mère disparue avec laquelle Supervielle avait une relation fusionnelle.

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Portrait ( Jules Supervielle)

 

Mère, je sais très mal comme l'on cherche les morts,
Je m'égare dans mon âme, ses visages escarpés,
Les ronces et ses regards.
Aide-moi à revenir
De mes horizons qu'aspirent des lèvres vertigineuses,
Aide-moi à être immobile,
Tant de gestes nous séparent, tant de lévriers cruels !
Que je penche sur la source où se forme ton silence
Dans un reflet de feuillage que ton âme fait trembler.
Ah ! sur ta photographie
Je ne puis même pas voir de quel côté souffle ton regard.
Nous nous en allons pourtant, ton portrait avec moi-même,
Si condamnés l'un à l'autre
Que notre pas est semblable
Dans ce pays clandestin
Où nul ne passe que nous.
Nous montons bizarrement les côtes et les montagnes
Et jouons dans les descentes comme des blessés sans mains.
Un cierge coule chaque nuit, gicle à la face de l'aurore,l
L'aurore qui tous les jours sort des draps lourds de la mort,
A demi asphyxiée,
Tardant à se reconnaître.

Je te parle durement, ma mère ;
Je parle durement aux morts parce qu'il faut leur parler dur,
Debout sur des toits glissants,
Les deux mains en porte-voix et sur un ton courroucé,
Pour dominer le silence assourdissant
Qui voudrait nous séparer, nous les morts et les vivants.
J'ai de toi quelques bijoux comme des fragments de l'hiver
Qui descendent les rivières,
Ce bracelet fut de toi qui brille en la nuit d'un coffre
En cette nuit écrasée où le croissant de lune
Tente en vain de se lever
Et recommence toujours, prisonnier de l'impossible.

J'ai été toi si fortement, moi qui le suis si faiblement,
Et si rivés tous les deux que nous eussions dû mourir ensemble
Comme deux matelots mi-noyés, s'empêchant l'un l'autre de nager,
Se donnant des coups de pied dans les profondeurs de l'Atlantique
Où commencent les poissons aveugles
Et les horizons verticaux.

Parce que tu as été moi
Je puis regarder un jardin sans penser à autre chose,
Choisir parmi mes regards,
M'en aller à ma rencontre.
Peut-être reste-t-il encore
Un ongle de tes mains parmi les ongles de mes mains,
Un de tes cils mêlés aux miens ;
Un de tes battements s'égare-t-il parmi les battements de mon c
œur,
Je le reconnais entre tous
Et je sais le retenir.

Mais ton c
œur bat-il encore ? Tu n'as plus besoin de cœur,
Tu vis séparée de toi comme si tu étais ta propre s
œur,
Ma morte de vingt-huit ans,
Me regardant de trois-quarts,
Avec l'âme en équilibre et pleine de retenue.
Tu portes la même robe que rien n'usera plus,
Elle est entrée dans l'éternité avec beaucoup de douceur
Et change parfois de couleur, mais je suis seul à savoir.

Cigales de cuivre, lions de bronze, vipères d'argile,
C'est ici que rien ne respire !
Le souffle de mon mensonge
Est seul à vivre alentour.
Et voici à mon poignet
Le pouls minéral des morts,
Celui-là que l'on entend si l'on approche le corps
Des strates du cimetière.

Posté(e)

Oups. Je n'avais pas fait attention au titre. Désolée ! Merci d'avoir pris le temps de clarifier la référence 🙂

 

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Les ronces les regards de l’âme

ses visages escarpés jusqu’au vertige

tu ne l’es connais pas enfant 

bien que tu les devines 

 

c’est aussi ton royaume 

ses prochaines alluvions 

jusqu’à son déclin même

déjà posées par la marée 

 

déjà bruissant d’écume 

et par-delà la vie

foulées par le vent des origines 

 

         Jean-Claude Pirotte, Jours Obscurs

Posté(e)

@Jeep

Vous êtes très doué pour le collage poétique.W

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos
Il y a 5 heures, Nomal' sland a dit :

@Jeep

Vous êtes très doué pour le collage poétique.W

Je préfère le mot réinterprétation au mot collage. Quand un artiste dans d’autres domaines s’inspire d’une œuvre existante pour créer une œuvre originale on parle plutôt d’une référence, d’un hommage, au pire d’un exercice, sans l’accuser de pastiche ou de plagiat.

Posté(e)

@Jeep

 

Aucun  soupçon de plagiat de ma part dans mon commentaire. Vous avez toujours dans vos titre précisé vos sources d'inspiration.

 

Je faisais référence à la technique du collage littéraire qui consiste par emprunt revendiqué à reprendre des bouts de textes admirés pour  les intégrer dans sa propre construction et produire une nouvelle œuvre originale. Mon commentaire valorisait votre travail sans ironie  ni sous entendu. J'aurai du être un peu plus explicatif. W

Posté(e)

J'aime beaucoup ce sonnet. Il y a quelque chose d'ouvragé, d'appliqué qui séduit encore plus que dans vos autres productions. Je me suis interdit de lire les sources . ^^.

Posté(e)
  • Administrateur

Un sonnet de grande classe que je range parmi mes préférés sous votre plume.

Et soyez rassuré Jeep, je n'y vois aucun plagiat 🙂 

Posté(e)

Particulièrement réussi....et une bonne idée de nous rappeler Supervielle

6ème vers  13 pour 12....diérèse!

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos
Le 23/08/2019 à 00:44, Surfeur a dit :

Particulièrement réussi....et une bonne idée de nous rappeler Supervielle

6ème vers  13 pour 12....diérèse!

La diérèse pour alluvi-on me paraît facultative!

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