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Humanité

Featured Replies

Posté(e)
  • Administrateur

Je suis cet enfant explosé sur le bord d’une route.

Son visage n’est plus que chairs déchiquetées.

Il serre désespérément une photo de sa mère aimée.

Son regard est levé vers un Dieu en déroute.

 

Je suis cet adolescent se tailladant les veines.

D’immondes cafards sortent de sa bouche.

Le sang s’enfuit par le siphon de la douche.

Son regard est levé vers un Dieu sans amen.

 

Je suis ce citadin assassiné dans un train.

La cervelle embrasse le souffle de la bombe.

Les tympans crevés, s’ouvre la  triste tombe.

Son regard est levé vers un Dieu de dédain.

 

Je suis cette catin découvrant sa séropositivité,

La maigreur maladive de ses charmes reste à vendre.

Dans une ruelle sombre, elle finira par se pendre.

Son regard est levé vers un Dieu au nom usurpé.

 

Je suis ce guerrier explosé sur le bord d’une route.

Son visage n’est plus que chairs déchiquetées.

Il serre désespérément une photo de sa bien-aimée.

Son regard est levé vers un Dieu en déroute.

 

Je suis cet enfant,

              cet adolescent,

Je suis ce citadin,

              cette catin,

Je suis ce guerrier,

              l’Humanité.

 

 

(Poème rédigé il y  une quinzaine d'années)

Posté(e)
il y a 41 minutes, Eathanor a dit :

Je suis cet enfant,

              cet adolescent,

Je suis ce citadin,

              cette catin,

Je suis ce guerrier,

              l’Humanité.

Bonjour @Eathanor, encore un poème à la beauté bien sombre (Poème rédigé il y  une quinzaine d'années) cette précision n' est-elle pas là pour souligner

ironiquement et tragiquement ,ce qui pourrait relever de l' actualité contemporaine ?

La strophe citée ,déstructurée  du reste du poème et comme mise en apposition, et notamment le mot humanité semble comme accusatrice (contre Dieu bien sur)   

En effet, et par delà leur 'qualité' particulière , c' est bien en tant qu' humains qu'ils s' opposent à la Déité, le mot humanité est là avant tout  pour les fédérer. 

sur la structure ,d' astucieux 'je suis' et ' regard dirigé vers un Dieu'  en itération pour pointer le caractère systématique et comme fatal de la situation. 

Le sang s’enfuit par le siphon -> itération en  's' (ce n' est pas la seule...)

Très beau  Poème , fort et universaliste

Modifié par Filae77

Posté(e)

Ouh c'est sombre en effet ! 

Mais c'est beau dans la douleur qu'est l'Humanité. 

Frères et sœurs, comment faire pour tous s'aimer ?!

Posté(e)

Un texte très intéressant @Eathanor!

Le silence de Dieu, douloureux, inexplicable, au coeur des drames humains et de la souffrance.

Ce silence ne dit pas forcément son absence. Toujours est-il qu'il est en attente d'interprétation.

Et si ce silence était justement le lieu de sa révélation...

il y a une heure, Eathanor a dit :

un Dieu en déroute

 un Dieu qui déroute aussi.

 

 

Posté(e)

A moins que l'on y lise : Un Dieu en des routes...Si diverses sont celles des croyances et des fois..

Posté(e)

Emouvant, réussi, travaillé...

Bravi !

Posté(e)

J'ai mal à mon humanité en lisant votre poème, et je vous remercie pour ça. Mais je reste persuadée que le blanc est plus lumineux que le noir 😉

Posté(e)

@Eathanor J'ai mis un cœur, car je partage ce ressenti.

(J'espère que ce n'est pas le poème comique que j'avais souhaité 😉. J'ai bien compris que ta sensibilité ne te portait pas exprimer autre chose que le manque d'humanité).

Posté(e)

Bon, c'est pas ma période pour lire ça.

Mais je reprends aussitôt une partie du commentaire de @Yguemart : "(J'espère que ce n'est pas le poème comique que j'avais souhaité 😉. J'ai bien compris que ta sensibilité ne te portait pas exprimer autre chose que le manque d'humanité).

 

parce que lui, il m'a fait rire ! 

 

Posté(e)

Bonjour @Eathanor, un émouvant poème où je retrouve des images gravées dans ma mémoire, hélas fort encombrée de misères, je vois l'empathie d'un cœur généreux qui s'identifie aux victimes des cruelles injustices de ce monde, j'adhère et je donne un cœur ❤️ !

Posté(e)

Je partage parfois ce sentiment de vide, de cruauté qui nous entoure, ce monde de mensonges qui veut colorer la laideur, l'inutile. Sommes-nous là pour vivre puis mourir ? Il y a dans ce poème lucide, trop , peut-être, les interrogations de Camus qui se pose la question même du suicide... Et puis il y a certaines beautés tellement denses qui méritent peut-être de les vivre. Le soleil, la mer, le ciel et la terre... Il y a l'amour inépuisable, l'orgueil de vivre qui nous tend vers le vertical, et comme le héros qui se bat sachant qu'il sera vaincu... sa défaite est peut-être une victoire.

 

Votre poème ne peut laisser dans l'indifférence. On ne peut le fuir et ne pas se poser toutes ces questions que je me pose.

Posté(e)

Eh bien Guillaume, ça n'allait pas fort il y a quinze ans...

 

L'écriture en lame de couteau, couteau d'écorché vif.

 

Mais on sent la sincérité indéniable de la révolte.

Posté(e)

Bonjour @Eathanor

Je suis le lecteur de ce poème qui se réjouit si égoïstement de ne pas souffrir d'une si grande empathie. W

Posté(e)
  • Auteur
  • Administrateur

Merci pour vos commentaires 🙂 

 

Le 13/08/2019 à 21:03, Gabriel Montigny a dit :

Eh bien Guillaume, ça n'allait pas fort il y a quinze ans...

Nous avons des hauts et des bas...

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