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Errances enfantines

Featured Replies

Posté(e)
  • Administrateur

Je me souviens encore d'hier.

Ce jeune garçon aux cheveux bruns,

Les yeux pétillants et verts,

La peau douce au toucher si fin.

 

Chaque jour, un livre dans les mains

Pour s'isoler dans son monde de rêves.

Un garçon qui ne voulait plus songer à demain,

Une âme frêle courant sur la grève.

 

C'était hier, déjà enseveli profondément.

Le sable du Temps a tout recouvert.

Agenouillé sur le sable, comme un dément,

De mes mains, je griffe le désert.

 

Mes yeux sont toujours aussi verts.

Des lagons de tristesse les cernent à présent.

Ma peau est toujours aussi douce, mais amère

Et dur est son goût maintenant.

 

Le soleil est toujours le même.

La lune guide toujours mes nuits.

J'élève mes rêves dans un harem.

Dans l'obscurité, je leur souris.

 

Entre mes mains s'écoule sans fin le temps.

Il s'enfuit, avalé par une terre vorace.

Accroupi, je lèche ces flaques comme un amant.

Mais déjà, il ne reste qu'une humide trace.

 

Je continue à creuser avec désespoir.

Mon corps se flétrit, vidé de son essence.

L'odeur de cette terre humide et noire

M'enivre. Je me noie, deviens absence.

 

Les hommes crient et hurlent leur néant.

Les femmes gémissent, fouettées par leurs rides.

Les enfants boivent des gorgées de Présent

Tandis que j'erre dans un désert aride.

 

(Poème rédigé il y a une quinzaine d'années)

Posté(e)
il y a 39 minutes, Eathanor a dit :

L'odeur de cette terre humide et noire

M'enivre. Je me noie, deviens absence.

 

Les hommes crient et hurlent leur néant.

Les femmes gémissent, fouettées par leurs rides.

Les enfants boivent des gorgées de Présent

Tandis que j'erre dans un désert aride.

 

il y a 39 minutes, Eathanor a dit :

Le sable du Temps a tout recouvert.

Agenouillé sur le sable, comme un dément,

De mes mains, je griffe le désert.

 

Bonjour  @Eathanor,  de très belles rimes alternées (peu courant chez vous) pour ce poème à la beauté poignante et désespérée.

les hommes/ les femmes / les enfants sans précision donne un caractère universaliste, le mot Tandis soulignant la douloureuse différence,

qui est avant tout celle de la solitude .Le héros (vous ?) impuissant face à son propre mal (et celui des autres) finit par sombrer et devenir néant à son tour, comme  un naufrage noyé au milieu de naufrages.

Modifié par Filae77

Posté(e)
il y a 48 minutes, Eathanor a dit :

Les hommes crient et hurlent leur néant.

Les femmes gémissent, fouettées par leurs rides.

Les enfants boivent des gorgées de Présent

Tandis que j'erre dans un désert aride.

 

rhalala...oui quelle strophe...!

texte magnifiquement écrit et touchant de sincérité.

coeur Eathanor 

 

 

Posté(e)

Je partage l’avis de Diane sur cette magnifique strophe, visiblement la douleur latente de ma destruction vous a visité également... il y a une quinzaine d’années 😊

Posté(e)

Bonsoir @Eathanor, très beau poème sur toute une vie, des images et des sentiments choisis et un dernier quatrain terrible de lucidité et de solitude, superbe désespoir, mais il y a peut-être, à l'horizon de ce désert, un mirage qui n'en sera pas un...

Merci d'avoir poussé cette lourde porte de La Question qui nous saisit tôt ou tard, coup de cœur !

Posté(e)
Il y a 3 heures, Eathanor a dit :

Je continue à creuser avec désespoir.

Mon corps se flétrit, vidé de son essence.

L'odeur de cette terre humide et noire

M'enivre. Je me noie, deviens absence.

Il y a dans ce texte quelque chose qui ressemble au mécanisme de la crise d'ado ! Beaucoup de sincérité et une permanence du questionnement. 

Posté(e)

"une âme frêle courant sur la grève"....J'aime beaucoup. Bravo!

Posté(e)

quand j'ai lu ce texte j'y ai trouvé le fantôme familier d'une enfance en tout point morose.

Quand je l'ai eu fini, j'ai jalousé l'écriture et cette musique.

 

Et cette dernière strophe, digne d'un inconsolé que Nerval jadis a dépeint.

Posté(e)

Toujours ce sabre acéré qui transperce en te lisant ... les mots écorchés atteignent leur cible. Pour faire plus simple, je mets un ❤️

Modifié par Joailes

Posté(e)

Ce poème me laisse aux bords de la mélancolie. Les petits chiens des souvenirs me mordent encore les mollets. Mais je lis et relis ce poème...

Posté(e)

Il y a les regards constamment enjoués et les autres dans un mal être grisant les couleurs. Un poème beau et sensible comme l’être qui dėroule ses pensées poétiques 

Posté(e)
  • Auteur
  • Administrateur

Merci à tous pour vos commentaires de lecture 🙂 

  • 2 semaines plus tard...
Posté(e)

C'est un texte émouvant et sincère, beaucoup d'adolescents solitaires pourront s'identifier à ce jeune en quête de lui-même qui vivait intensément dans " un monde de rêves ", un livre à la main.

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