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Chambord

Featured Replies

Posté(e)

 

Il court

Ses sabots écrasent l'herbe

Libérant ses parfums et ses sucs

Il court

Ses bois arrachent les feuilles

Brisent les branches frêles

Il court

La sueur sur son corps ruisselle

Pique et aveugle ses yeux injectés

Il court

Sa peau griffées par les ronces

Se colore d'un sang rouge sombre

Il court

A ses lèvres l'écume mousseuse s'étend

Blanche, elle s'échappe ,le long du cou

Il court

Dans sa poitrine, son cœur enfle

Il bat de plus en plus vite, de plus en plus fort

Il court.

 

Trois fois déjà il a dû faire face

Acculé par les chiens de la meute

Il court

Trois fois ses bois acérés

Ont troue la gorge d'un chien

Il court

Avec dans les oreilles le bruit du vent

Les appels répétés et sourds de la trompe

Il court

 

Une fois encore les abois se rapprochent

Une fois encore, d'un bond, il franchit le ruisseau

Il court

Son galop devient lourd aux jarrets

Que les mâchoires des chiens ont tenté de briser

Il court

Son ventre lacéré porte le même rouge

Que les vestes sanglantes des cavaliers

Le même rouge sanglant des hardis poursuivants

Il court

Et devant lui, salvateur, le lac

Où il plonge pour perdre les chiens.


 

Déjà la meute est là, à ses jambes s'accroche

Les chiens tirent  à l'arrière

Sa postérieure meurtrie,

Bloquent son élan.

Il tente une ruade, une dernière volte furieuse

Encore une fois faire face

Encore une fois lutter

Et dans sa gorge il sent

Que s'enfoncent des crocs

 

Un appel de la trompe, la meute se retire, assoiffée de sang

Eux sont là, montés sur leurs chevaux

Avec leurs vestes rouges

Riant, s'appelant, cornant, ils lèvent leurs fusils

Et dix coups de feu claquent

Dans l'eau devenue sang, le cerf s'est affaissé.

 

On a tiré de l'eau son corps, pitoyable cadavre

Et découpé ses membres pour en faire des cuissots

Sa tête deviendra un poussiéreux trophée

Ornant le mur crépi d'un pavillon de chasse

Sur la grève, les chiens se ruent à la curée

Dévorant ses entrailles de leurs mufles de sang

Tripes éparpillées, viscères fumantes

A l'ombre du blanc château

Ainsi mourût Bambi.

 

 

 

Modifié par Julien Ertveld

Posté(e)

Cet admirable texte me rappelle celui de Gabriel il n'y a pas si longtemps sur le martyre du taureau dans l'arène...

Très réussi.

Posté(e)

Je partage sans restriction le commentaire de Diane K.

Posté(e)

Bonjour @Julien Ertveld, c' est vraiment le mot de  @Diane K.    qui convient à ce texte : ADMIRABLE,  tant par sa progression dramatique

que par les images terribles (  moi même fervent  défenseur de la cause animale ,cf mon poème Islaro) et sa fin inéluctable.

avec en contrepoint cette itération implacable: Il court

 

Il y a 2 heures, Julien Ertveld a dit :

Dans l'eau devenue sang, le cerf s'est affaissé.

Je note quand même ,(c' est plus fort que moi)

Sa postérieure meurtrie -> son postérieur meurtri ?

Bloquent son élan.            ->  bloque ?

Il tentes une ruade,         ->   il tente ?

 

Et (mais çà n' engage que moi)   des hardis poursuivants  ->  le sont-ils tant que çà  ? 

                                                                  Et dix coups de feu claquent ->  L' animal est achevé à la dague , ce qui oblige à un contact physique.

                                                                                                                                     (surtout pas d' armes à feu dans une chasse à courre)  

 

Posté(e)
  • Auteur

Filae tu peux relire le texte je l'ai un peu corrigé en tenant compte de tes remarques, mais pour avoir suivi quelques chasses à courre menées par des s viandards, il y en a qui utilisent le fusil avant la dague. La noblesse de l'art n'est plus ce qu'elle était.

Et

Posté(e)
  • Administrateur

Un poème avec une intensité dramatique fort bien construite. Je partage sans réserve la dénonciation de cette chasse.

 

Il y a 7 heures, Julien Ertveld a dit :

On a tiré de l'eau son corps, pitoyable cadavre

Et découpé ses membres pour en faire des cuissots

Il me semblait avoir lu que le gibier d'une chasse à courre n'était même plus mangeable tant les toxines libérées par l'animal lors de la chasse rendaient sa chair impropre à la consommation. Mais bon, je suis heureusement pas un expert en ce domaine.

Posté(e)
  • Auteur

C'est le cas de toutes les bêtes que l'on tue, le stress, la peur, l'angoisse de la mort à venir elur fait produire des toxines, c'est pourquoi les bouchers attendent plusieurs jours avant de la mettre à l'étal, le temps que les toxines disparaissent.

Posté(e)

Tableau lyrique de l'ignoble. C'est ma foi fort bien rendu.

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