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Nuit

Featured Replies

Posté(e)

Il se fait tard, la source enfante le ruisseau,

Et l'étang, orphelin, prend ce tuteur sauvage

Tel un embryon noir enlacé de roseaux.

Noctambule, l'aulne parraine le présage

Tandis que s'évase l'homélie du crapaud

Dans le balbutiement des lugubres remous.

 

Non loin, comme un écho, par des airs odorants,

Bruissent les filous, les fifres forestiers,

Incantations feuillues des mirlitons chantants;

Le chantre rossignol, ménestrel inspiré,

Rassure la menée d'un jeune cerf méfiant

Pendant que les bois morts font du chantage aux loups.

 

La troublante forêt réunit les sylvains

Au pied d'un très vieux chêne enchâssé aux aïeux,

Près d'un rond de sorcière ils vont main dans la main,

Danser tout barbouillés de champignons gris-bleus,

Fardant les ténèbres d'une moire d'étain

Pour la farandole des rats et des hiboux.

 

J'ai les sens ahuris, j'aime l'ivresse obscure,

C'est un colin-maillard avec l'antre infini;

La douce nuit m'étreint, d'un baiser me susurre,

Sous l'aisselle d'Orion sa complainte enfouie,

Son doute originel et son autre blessure

Chantés par les poètes et les pauvres d'esprit.

 

Alors que toi, tu dors. La nuit loue tes soupirs

Comme une jolie fée en docile menine.

La fenêtre ouverte pour les anges à venir,

Tes longs cheveux de fièvre avec le vent peaufinent

Les parfums dénoués qui s'en iront mourir

Sur le toit des collines où la lune sourit.

 

Le songe costumé te prendra par la taille

Pour une nuit d'amour sans aucun candélabre,

L'ombre caressera tes émois en écailles

Qui sans fin brilleront comme l'éclat du sabre,

Invitant tes fantômes à de tendres chamailles,

J'en serai le témoin sur ta couche fleurie...

 

Posté(e)

Rien à faire, vos textes sont toujours superbes Frédéric.

 

il s’en dégage une paix et un béatitude contagieuses qui nous plongent 

dans un état de relâchement quasi céleste..-:)

 

et les sens ahuris...j adore !

il y a 53 minutes, Frédéric Cogno a dit :

J'ai les sens ahuris, j'aime l'ivresse obscure,

C'est un colin-maillard avec l'antre infini;

La douce nuit m'étreint, d'un baiser me susurre,

Sous l'aisselle d'Orion sa complainte enfouie,

Son doute originel et son autre blessure

Chantés par les poètes et les pauvres d'esprit.

 

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 5 heures, Diane K. a dit :

Rien à faire, vos textes sont toujours superbes Frédéric.

 

il s’en dégage une paix et un béatitude contagieuses qui nous plongent 

dans un état de relâchement quasi céleste..-:)

 

et les sens ahuris...j adore !

 

Merci du fond du cœur Diane.

Posté(e)

Que de belles images. Ce poème m'a fait rêver!

Posté(e)

@Frédéric Cogno Je reviens faire un tour sur AP et je tombe sur une nouvelle merveille offerte par vos soins. Toujours une belle maîtrise de la prosodie. Merci pour ce texte !

Posté(e)
Le 01/06/2019 à 09:44, Frédéric Cogno a dit :

La troublante forêt réunit les sylvains

Au pied d'un très vieux chêne enchâssé aux aïeux,

Près d'un rond de sorcière ils vont main dans la main,

Danser tout barbouillés de champignons gris-bleus,

Fardant les ténèbres d'une moire d'étain

Pour la farandole des rats et des hiboux.

 

Le 01/06/2019 à 09:44, Frédéric Cogno a dit :

Alors que toi, tu dors. La nuit loue tes soupirs

Comme une jolie fée en docile menine.

La fenêtre ouverte pour les anges à venir,

Tes longs cheveux de fièvre avec le vent peaufinent

Les parfums dénoués qui s'en iront mourir

Sur le toit des collines où la lune sourit.

 

Nuit, une poésie enchanteresse. 

Posté(e)
  • Auteur

Merci infiniment Diane Carine yguemart isabelle seawulf

Posté(e)
  • Administrateur

Qu'ajouter ? ...

Juste de nouveau un grand bravo à vous Frédéric.

Posté(e)

Votre poème sensible dégage une atmosphère de grande paix, d'amour infini... au pur de la forêt troublante comme notre âme.

Posté(e)

@Frédéric Cogno,

 

Le 01/06/2019 à 09:44, Frédéric Cogno a dit :

La troublante forêt réunit les sylvains

Au pied d'un très vieux chêne enchâssé aux aïeux,

Près d'un rond de sorcière ils vont main dans la main,

Danser tout barbouillés de champignons gris-bleus,

Fardant les ténèbres d'une moire d'étain

Pour la farandole des rats et des hiboux.

Je retrouve le charme du Seigneur des anneaux ! Ah ! les sylvains ! les ronds de sorcière. Et quand les rats et les hiboux entament la sarabande, je craque, man. Yo ! Un coeur !

Posté(e)

Frédéric, vous avez ce talent rare, celui des poèmes-mondes. On y entre et aussitôt le dépaysement se mêle à d'obscurs souvenirs pour former un univers aussi familier qu'un rêve et aussi étrange qu'un paysage dessiné dans un livre d'enfance. Il y a dans la pureté de vos mots une "intention" si limpide qu'elle emporte l'adhésion jusqu'à l'appropriation intérieure. Votre poésie enrichit.

 

Un cœur, d'évidence. 

Posté(e)
  • Auteur

Merci beaucoup: Eathanor, Marc, outrehorizon, Gabriel!

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Je me joins à vos admirateurs.

Posté(e)

Ce poème, c'est une ambiance où chacun a sa place; et c'est en cela qu'il est beau. Beau.

 

Un monde ouvert.

Posté(e)

Après la lecture de votre superbe poème, j’ai envie de silence et de me servir de  cette douce impression d’irréel, comme un cache coeur. Donc ce sera court : bravo et merci @Frédéric Cogno.

Posté(e)
  • Auteur

Un grand merci Jeep Hersen Ladouce!

Posté(e)

j'ai lu votre poème comme on boit un élixir 

j'ai pensé aux sorcières, je ne saurai dire pourquoi... 

 

et cette nature luxuriante, sublime. 

un vrai coup de coeur. 

  • 4 semaines plus tard...
Posté(e)

Un poème plein de sérénité  où la nature est à la fois réelle et peuplée d'êtres dotés de pouvoirs mystérieux " la farandole des rats et des hiboux ", j'ai l'impression de plonger dans le monde de l'enfance ( soit dit en passant très proche de la poésie). Un texte comme toujours très réussi !.

Posté(e)

Le songe d'une nui d'été

et ses étrangetés

évoque les soupirs

distillés par Shakespeare

  • 8 mois plus tard...
Posté(e)
Le 01/06/2019 à 09:44, Frédéric Cogno a dit :

 

Alors que toi, tu dors. La nuit loue tes soupirs

Comme une jolie fée en docile menine.

La fenêtre ouverte pour les anges à venir,

Tes longs cheveux de fièvre avec le vent peaufinent

Les parfums dénoués qui s'en iront mourir

Sur le toit des collines où la lune sourit.

 

Le songe costumé te prendra par la taille

Pour une nuit d'amour sans aucun candélabre,

L'ombre caressera tes émois en écailles

Qui sans fin brilleront comme l'éclat du sabre,

Invitant tes fantômes à de tendres chamailles,

J'en serai le témoin sur ta couche fleurie...

 

Très beau texte, avec beaucoup d'imagination, beaucoup d'images aussi, et une atmosphère nocturne prenante.

J'ai sélectionné ces quelques lignes, mais j'ai aimé ma lecture dans son intégralité 👍

Merci 

Modifié par Epicene

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