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Accents poétiques

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Que sont-ils devenus?

Featured Replies

Posté(e)

Les mouches lubriques se disputent le beurre,

La table du salon ne se soucie plus bien,

Et les médicaments remplacent le quatre heures

De leurs petits-enfants jouant avec le chien.

 

Ils sont là, bien là, seuls, prisonniers des remparts,

Accoudés au graillon des repas de misère,

Guettant les yeux mouillés le retour des fuyards,

Leurs os chiquent des maux pour dire qu'ils espèrent.

 

Que sont-ils devenus? Des bouches inutiles?

Des portraits vermoulus pour les vide-greniers?

Ah!...Ce corps vieillissant de plus en plus servile,

Ça ne doit pas se voir clame notre cité...

 

Qu'ont-ils fait en silence au point d'être outrageants?

Pourquoi cette censure en signe de malaise?

Qui jette un sort coupable à tous ces jeunes gens

Muselés pour servir cette vie si obèse?

 

On peut craindre, c'est vrai, aussi fort je redoute,

Cette idée de vieillir à l'odeur d'urinoir,

Ces passe-temps meurtris tombant comme des croûtes,

La vision d'un fauteuil perdu dans un couloir.

 

Que sont-ils devenus? Des bouches inutiles?

Des portraits vermoulus pour les vide-greniers?

Ah!...Ce corps vieillissant de plus en plus servile,

Ça ne doit pas se voir clame notre cité...

 

Or, qui peut ignorer loin de ce grand naufrage,

Ces regards regagnés par l'ivresse et la houle,

Quand vient une chanson, ils en oublient leur âge,

Il suffit auprès d'eux d'un printemps qui roucoule.

 

Compagnons de l'humour, ils sauront vous surprendre,

La mort qui quelquefois à leur hublot tapote,

Dans le lointain des yeux en une couleur cendre,

S'en ira devant vous car n'ayant plus la cote.

 

Ainsi donc, mes amis, vous serez du palais,

Ô jeunesse anoblie par tant de cœurs en fête!

Une main vous dira au soleil d'un Vouvray,

Qu'au fond tous nos aînés n'ont pas perdu la tête!...

Posté(e)

Superbe hommage à nos ainés que j'aime tendrement pour leur humour et leurs douces attentions. Ils sont méritants à bien des égards. Votre poème qui ne mâche pas les maux est une piqure de rappel pour considérer ceux qui nous sont chers. Merci, j'ai aimé vous lire.

Posté(e)
  • Administrateur

Un poème d'une grande classe dans lequel transparaît le respect que vous semblez porter aux générations qui nous précèdent.

Posté(e)
Il y a 3 heures, Frédéric Cogno a dit :

Or, qui peut ignorer loin de ce grand naufrage,

Ces regards regagnés par l'ivresse et la houle,

Quand vient une chanson, ils en oublient leur âge,

Il suffit auprès d'eux d'un printemps qui roucoule.

 

C'est tout à fait vrai et fait plaisir à voir....

 

mais...

Il y a 3 heures, Frédéric Cogno a dit :

Qu'au fond tous nos aînés n'ont pas perdu la tête!...

Mais il y a aussi ceux-là....ceux qui ne vous voient plus, ne vous reconnaissent plus, et cela...c'est très pénible à vivre.....

Posté(e)
  • Auteur
il y a 23 minutes, Diane K. a dit :

C'est tout à fait vrai et fait plaisir à voir....

 

mais...

Mais il y a aussi ceux-là....ceux qui ne vous voient plus, ne vous reconnaissent plus, et cela...c'est très pénible à vivre.....

N'ont pas perdu la tête, il s'agit bien sûr d'une version poétique qui n'a rien à voir avec la raison ou la lucidité chez la personne âgée. La mémoire émotionnelle subsiste miraculeusement. Et puis ce texte évoque la vie de nos anciens qui ont gardé une certaine autonomie. Les grands troubles cognitifs c'est autre chose.

Merci pour ta lecture.

Posté(e)

Poème qu'il m'est difficile de commenter car il recouvre en grande partie mon quotidien professionnel. Comme Diane, je ne ne peux oublier que la poétique a parfois la pudeur de ne pas tout évoquer.

Posté(e)

Où toute la pudeur respectueuse de Frédéric ressort ... Un écho à "souffle dessus" que j'ai dû écrire un jour, avec mes mots. Comment ne pas aimer ? 

Posté(e)
  • Auteur
il y a 48 minutes, Gabriel Montigny a dit :

Poème qu'il m'est difficile de commenter car il recouvre en grande partie mon quotidien professionnel. Comme Diane, je ne ne peux oublier que la poétique a parfois la pudeur de ne pas tout évoquer.

C'est aussi mon quotidien professionnel mais ici c'est le poète-animateur qui s'exprime...😉

Posté(e)
  • Auteur
il y a 45 minutes, Joailes a dit :

Où toute la pudeur respectueuse de Frédéric ressort ... Un écho à "souffle dessus" que j'ai dû écrire un jour, avec mes mots. Comment ne pas aimer ? 

Oui merci Jo mais je n'ai pas compris...ce poème qui est une chanson serait impudique.?

Posté(e)

@Frédéric Cogno tout au contraire, il est tout en pudeur ... 

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