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Accents poétiques

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Je meurs

Featured Replies

Posté(e)

Je meurs sans cesse dans un dédale de mensonges, ces rives aux parois glissantes où vous êtes retourné pour d’autres levants, et moi vêtu de mes chimères, j’assoiffe ma mort à lui faire croire que je l’aime, à lui faire croire qu’à cette brune au teint si sévère,  je lui prendrai ses lèvres. Alors, ivre des heures qui se défont au tictac infernal des horloges, comme un mendiant  sage, je me suis mis à peindre en mon imaginaire des mers étranges, bercées par des chants mystérieux, des amours infinis où les corps en un duel sans cesse renouvelé, s’évanouissent chair contre chair. J’ai peint des lustres aux nuits prudes pour qu’elles s’illuminent d’amour dans les vergers secret du futur. J’ai peint  le chant de la vague, pour oublier tous ces sanglots. J’ai peint ton miroir à la lumière d’un abat-jour, mon éternelle aimée, pour que ne cesse le jour.

Mais je meurs en ce chemin creux qui me regarde, plein d’indifférence, je meurs à force d’être cet autre de moi-même, cet étranger forçant ma porte, et venir mélancolique  en tout mon être. je meurs des absences, d’un abandon, de ce cri que fut ma naissance, de ce duel incessant de la nuit et du jour, je meurs des sanglots d’une rose qui m’avait souri, je meurs de la prime jeunesse d’un printemps que des vents assassinent, je meurs du jour adolescent  qui vient habillé de ses cendres,  de cette pluie tiède, sur ton visage ,comme mille larmes, je meurs de vos voix en-allées sur l’ourlet grave de mes nuit blanches. Je meurs sur ton front, mon petit, et mes lèvres se meurtrissent de te livrer à ce monde égoïste, et moi de partir. Je meurs au soleil insolent, de ce vent capricieux si bavard qu’il éveille le songe, je meurs sur ta bouche, tes reins, dans le jour indifférent qui n’a que faire de nous, je meurs  au front sans teint de l’ennui, de sa terrible chute dans la mémoire, je meurs dans les soupirs étonnés des amours clandestines, je meurs du murmure des amants naufragés, de leurs yeux tristes où je me suis perdu, je meurs, pauvre poète et c’est l’oubli qui fait son lit, je meurs et le temps se fissure déjà entre nos mains ,je meurs, et toi la mort, mon inconnue, que me prendras tu encore, vois-tu il me reste une larme, elle est prisonnière de mon cœur, elle est celle de la dernière heure, elle est joie et délivrance, elle est amour, ma consolation.

 

Posté(e)

Ce poème est réellement orphique.

Il y a 3 heures, Thierry Demercastel a dit :

cette brune au teint si sévère

Et d'ailleurs, cette femme rappelle la Mort de Cocteau dans son film "Orphée".
Merci pour ce poème !

Posté(e)

Texte d'une grande puissance poétique. Je meurs, est une souffrance intérieure qui fait son "trou". Elle refuse d'agoniser. C'est une parcelle de vie. C'est un combat, qui un jour, ce transformera en silence, irrémédiablement.

Posté(e)

Je suis envoûtée ... Je suis prise dans les filets de vos mots, @Thierry Demercastel 

Posté(e)

Il me tardait de venir chez vous déposer mes ressentis à la lecture de vos lignes.

Si désespérées.

Si poignantes, si imprégnées des douleurs et déceptions d'une vie entamée et parcourue dans la souffrance.

Tous vos mots sont tournés vers les autres, tous ces autres qui ont jalonné un chemin semé de blessures et de difficulté d'être, dans un existence contrariée.

 

Enfin je m'emporte peut-être, mais votre texte est très fort en émotion et extrêmement touchant.

Posté(e)
  • Administrateur

La charge poétique de ces lignes est fabuleuse. J'ai relu ce poème plusieurs fois et chaque nouvelle lecture est venue m'ébranler les tripes. Merci Thierry.

Posté(e)

Sublime... Je n'ai pas d'autres mots qui me viennent.

Un courant fort que votre poème. 

Posté(e)

J'avais lu et relu ce texte...je reviens parce que c'est un coup de cœur. Un de mes préférés. Bravo Thierry.

Posté(e)

On est pantois devant la puissance évocatrice des mots, qui sont des braises autant que des tisons. Magistral!

Posté(e)

Un poème qui pleure sa peine,qui crie son chagrin,qui déchire le sourire du bonheur. C'est magnifique !

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