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Cambre-toi!

Featured Replies

Posté(e)

Le désir tangue, oui, viens, écossons nos frissons,

Le vent frémit de toi et surprend l'horizon

A craqueler la mer d'où se gerce la lune.

Cambre-toi!

 

Goélette embardée d'épiderme hibiscus,

Deux voiles à languir, Aphrodite et Bacchus,

Te stimulent soudain d'un délice d'écume.

Cambre-toi!

 

Badiane éperdue, ton corps sur l'océan...

Un arc au fil de l'eau, soupirs et sillons blancs,

Tire à flèche d'anis et calque les étoiles.

Cambre-toi!

 

Irruptions à fleur d'eau d'un joug flibustier,

Dessaisie des torpeurs, la vague en bustier

Par la houle t'absout d'un salto boréal.

Cambre-toi!

 

J'aime en toi la salve de tes seins, jeunes mousses,

Barreurs, debout, dressés, pointés sur la Grand Ourse,

Quand la proue vient percer la fumée des résines.

Cambre-toi!

 

Prise par les Tritons, nue, prends garde aux sirènes,

Goéland éjecté par la queue des baleines,

Tu retombes plus loin sur la lame marine.

Cambre-toi!

 

Je te retiens au vent, mon cœur à l'abordage;

Quand bascule ton front dans les flots exégètes,

Tes cheveux déployés tels des filets se jettent

S'égouttant sur le pont, étendoir à nuages.

Cambre-toi!

 

Et je passe mes mains sous ta coque flexible,

L'ancre nous a scellé à nos jeux infaillibles,

Et nos doigts s'unissant à la pêche fantôme,

Tu remontes à tes reins crabes et anémones.

Cambre-toi!

 

Vois, le rivage au loin, un jardin, des collines,

Des tons bien plus changeants, un port, celui de Smyrne,

Déjà tu te languis à te mouvoir plus belle.

Cambre-toi!

 

Un balconnet renaît de ses roses perdues,

Sa treille s'entortille à tes membres tendus,

Avril grappé d'ardeurs fait rougir tes aisselles.

Cambre-toi!

 

S'avivent les oiseaux au cocktail des abeilles.

Tremblant d'âme et de corps et anse à ma corbeille,

Bouche-baies tu gémis entre stupre et stupeur.

Cambre-toi!

 

La tonnelle loue l'ombre et les rayons captifs,

Les œillets, les iris, et les lilas lascifs,

Incarnent sur ton ventre un banquet pour noceur.

Cambre-toi!

 

Et je m'en vais flâner coursé par tes lianes,

J'entrouvre ton bassin, agachon pour Diane,

M'offrant un peu plus haut son beau plateau d'agrumes.

Cambre-toi!

 

Je les presse empressé en pressentant ces proies,

Fruits choyés du Levant aussi mûrs que l'émoi,

Aussi chauds des tétons que mon dard rouge enclume.

Cambre-toi!

 

Sous l'arcade, à l'abri, des violettes fautent,

Des brèves de catins, de la prose Rimmel;

Un ruisseau vient chanter s'écartant sur tes ailes

Puis revient au secret empli de jolies notes.

Cambre-toi!

 

Je te retiens encor', je reviens à tes seins,

Puis à ton nombril, marche, avant le grand tremplin

Qui me propulse en toi, des reins jusqu'à ta bouche

Pour monder nos baisers un par un à la louche.

Cambre-toi!

 

Prends, ailleurs, près des monts, ta source aux galets d'or,

Rejoins-moi, regagnons, le torrent Messidor,

Ô jets de cascatelle au vapeur de mesclun!

Cambre-toi!

 

Ô val audacieux qui tonne à l'échancrure!

Dans sa saga creusée à l'ubac des tortures,

Tu éclabousses au rut entre râle et embrun!

Cambre-toi!

 

Inaccessible endroit! Danger pour l'acrobate!

Une crique aux lutins dans son siphon m'épate

Me laissant deviner la halle aux tubéreuses.

Cambre-toi!

 

Sous ta voûte endiablée par le cri des ténèbres,

Le soleil se transforme en sorcier sans vertèbres

Qui danse et jette au feu des bûches sirupeuses.

Cambre-toi!

 

Feuilletée tour à tour en effleurant tes pages

Ou copeau impulsif rétif au rabot sage,

Tu sens venir vers toi une étrange impression.

Cambre-toi!

 

Maculée d'un plaisir révulsé mille fois,

De fiel en élixir, hérissée par le froid,

Notre tendre agonie prépare l'immersion.

Cambre-toi!

 

Jeune vigne en coteau, onguent sur tes versants,

Fertile contrée d'or, les blés pour du pain blanc,

Caracolent d'un mal, éboulis d'ambre, quand,

Quelque secousse en toi éructe et te disloque.

Cambre-toi!

 

Séisme et jouissance aux cimes enfumées,

Fendillement d'orgasme ainsi catapulté,

Sur la lave en fusion, ma furie des trachées,

S'extirpe du démon, d'un volcan ventriloque!...

Cambre-moi!

 

 

 

 

Modifié par Frédéric Cogno

Posté(e)

En lisant ton poème, j'ai pensé immédiatement à un morceau de David Krakauer "Moldavian voyage". J'aime cette traduction poétique d'une énergie  brute et  ce rythme lent et sensuel  que doucement tu élèves jusqu'à son paroxysme. 

Posté(e)

Je ne pourrais citer toutes les merveilles que je viens de lire tant il y en a. J'ai eu cependant un peu de mal avec cette répétition injective "Cambre-toi" cet ordre donné ainsi et scandé à chaque strophe m'a un peu perturbée et mise mal à l'aise (ou je suis très sensible, je ne sais pas).

Je souligne tout de même une vraie maîtrise du champ poétique, j'ai vraiment beaucoup aimé tout le reste.

Posté(e)
  • Auteur
il y a 41 minutes, Mohè a dit :

Je ne pourrais citer toutes les merveilles que je viens de lire tant il y en a. J'ai eu cependant un peu de mal avec cette répétition injective "Cambre-toi" cet ordre donné ainsi et scandé à chaque strophe m'a un peu perturbée et mise mal à l'aise (ou je suis très sensible, je ne sais pas).

Je souligne tout de même une vraie maîtrise du champ poétique, j'ai vraiment beaucoup aimé tout le reste.

Je m'attendais à cette remarque. J'ai voulu recréer un "rythme cardiaque" entêtant avec un effet délirant. J'ai imaginé un couple faisant l'amour après la prise de substances hallucinogènes. Merci de ta lecture!

Posté(e)

Merci pour cette précision. Je le relirai demain, avec cette idée en tête.

Posté(e)

@Frédéric Cogno Je sui fan (ce n'est pas nouveau). J'ai encore pensé que c'était une chanson, mais tu ne le dis pas dans ton commentaire. Me suis-je trompé ?

Posté(e)

Il me faudrait recopier le poème en son entier pour exprimer que tout m'a plu. Surtout la cadence 😉 Excellent, @Frédéric Cogno ! 

Posté(e)
Il y a 3 heures, Frédéric Cogno a dit :

Je les presse empressé en pressentant ces proies,

Un extrait superbe, mais il y en a tant ! Ce rythme lancinant, haletant, est un voyage entre les berges de la passion et du désir. C'est très fort ! Le "cambre-toi" à chaque fin de strophe ne m'a pas dérangé, il était le leitmotiv nécessaire à l'amour physique et je comprends qu'il ait pu déranger. On est à la frontière extrême de l'érotisme, @Frédéric Cogno, sans ne jamais tomber dans la vulgarité ! C'est pour cette prouesse qu'un coeur je te délivre ! 🙂 

Il y a 3 heures, Frédéric Cogno a dit :

Me laissant deviner la halle aux tubéreuse.

une batifole.. tubéreuses au pluriel me semblerait logique, non ? 🙂 

Posté(e)

Comme @Joailes votre poème m'a plu en entier, je n'y avais pas vu une injonction car je n'ai pas ressenti vos mots comme autoritaire, j'y ai vu beaucoup de fougue, de désir, une sublime manière de dire et des vers qui se déroulent à la hauteur de "l'orgasme catapulté" un grand et merci.

 

@Rosa canina, comme je suis curieuse, j'ai lu plusieurs fois dont une en écoutant la musique à laquelle vous pensiez. Et c'est encore une découverte  ! 

 

Posté(e)

@Muriell je pensais à cette version... un peu différente, mais tout aussi fantastique.

 

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 10 heures, Yguemart a dit :

@Frédéric Cogno Je sui fan (ce n'est pas nouveau). J'ai encore pensé que c'était une chanson, mais tu ne le dis pas dans ton commentaire. Me suis-je trompé ?

Que c'est gentil cher Yguemart...Alors, non, ce n'est pas une chanson car le texte est bien trop dense pour être chanté. Merci beaucoup!

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 10 heures, Pierre Brandao a dit :

Un extrait superbe, mais il y en a tant ! Ce rythme lancinant, haletant, est un voyage entre les berges de la passion et du désir. C'est très fort ! Le "cambre-toi" à chaque fin de strophe ne m'a pas dérangé, il était le leitmotiv nécessaire à l'amour physique et je comprends qu'il ait pu déranger. On est à la frontière extrême de l'érotisme, @Frédéric Cogno, sans ne jamais tomber dans la vulgarité ! C'est pour cette prouesse qu'un coeur je te délivre ! 🙂 

une batifole.. tubéreuses au pluriel me semblerait logique, non ? 🙂 

Merci beaucoup Pierre. Merci aussi pour ta vigilance. J'ai tapé le texte avec les ouvriers qui font des travaux chez moi...😊

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 13 heures, Rosa canina a dit :

En lisant ton poème, j'ai pensé immédiatement à un morceau de David Krakauer "Moldavian voyage". J'aime cette traduction poétique d'une énergie  brute et  ce rythme lent et sensuel  que doucement tu élèves jusqu'à son paroxysme. 

Je viens d'écouter ce morceau, c'est vraiment chouette et colle assez bien à l'ambiance du texte. Mais grand amateur de Pink Floyd dont la musique m'a inspiré sans doute pour le poème, c'est le morceau come in number 51, your time is up de la musique de film Zabriskie point qui pourrait accompagner ce délire sexuel....Merci en tout cas!

Posté(e)
  • Administrateur

Que citer dans ce poème ? À dire vrai, rien. Plus exactement, rien en particulier car l'ensemble de ce superbe voyage érotique  mériterait de l'être. Un grand bravo pour ces vers Frédéric.

Posté(e)

Que dire de plus quand tout a été dit par mes prédécesseurs !  Quelle poésie magnifique, je suis conquis. 

Posté(e)
  • Auteur

Merci encore Rosa Canina, Mohé, Pierre Brandao, Muriell, Joailes, Yguemart,Tristamourir, Eathanor, pour votre passage !

Posté(e)
Le 08/04/2019 à 18:59, Frédéric Cogno a dit :

Le désir tangue, oui, viens, écossons nos frissons,

Le vent frémit de toi et surprend l'horizon

A craqueler la mer d'où se gerce la lune.

Cambre-toi!

Un bon moment de lecture à la sensualité à fleur de peau.

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