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Accents poétiques

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Assis côte à côte

Featured Replies

Posté(e)

 

Il est minuit dix derrière le mur de verre.


Une boule orange flotte, présence silencieuse. Elle roule comme une planète morte, se pose sur la table, éclaircit les tapis, s’infiltre sous les yeux et remplit la tête - elle veille la nuit et son insomnie, le corps s’apaise quand elle est là.


Elle tourne et se rapproche, le nez se colle au carreau. Elle ouvre la bouche, la buée donne vie à l’intérieur et chaleur au corps.


Ce soir elle glisse le long du balcon givré. Au bout de l’attente et du froid elle voudrait entrer, frappe et s’agite.


Il faut arrêter d’écrire contre la vitre, cela ne sert à rien. La lumière clignote, la présence grelotte et la tête à l’intérieur se relève. Elle donnerait n’importe quoi pour un peu d’amour, beaucoup d’amour, un peu de peau, beaucoup de peau et des bras, des bras comme des lassos tournant en rond autour du corps et des doigts tout au bout.

Le cerveau devenu fou commande la main, tape sur le clavier alors que les pieds mal assurés s'agitent sous la chaise, les doigts effacent et recommencent.


C’est un ballet autour d’une sphère. Le vent concentre les gestes, autour de lui un silence étrange, peut-être le murmure des survivants et la même musique dans l’air.

 

C’est venu tout doucement : à entretenir la folie le corps est un champ de bataille comme le lit défait, les serviettes de bains empilées dans la baignoire. Il n’y a plus de corps quand le peigne passe dans les cheveux, quand il sourit, quand il répond au téléphone, quand il se vide le matin de la nourriture de la veille : seul le cerveau commande l’automate des mots. Les flacons encore ouverts racontent la présence de la veille. Il voudrait dire et ne peut dire, la parole est partie sur le trottoir d’à côté.


Des chaînes en guise de bras les maintiennent à hauteur du regard, assis côte à côte.

 

Posté(e)
  • Administrateur

Une démonstration sans appel qu'un poème n'est pas uniquement un texte structuré en vers.

 J'ai trouvé ces lignes bouleversantes. Merci Myrtille.

Posté(e)

    Poème  bouleversant, fort, qui laisse sans voix et coupe le souffle. Merci pour ce superbe partage et bravo.

Posté(e)

Puissant et avec des mots qui entrent dans la chair ... 

Posté(e)

En prose, j'ai ce doux plaisir à découvrir votre ponctuation. Très beau texte dont on ne demande pas la signature.

Posté(e)
  • Auteur

Là elle est indispensable pour mettre en exergue chaque pensée, idée, ou flash,  un texte au kilomètre aurait dilué/noyé le poisson 🙂

Posté(e)

Étrangeté, délicatesse et force se mêlent dans ce texte. Merci Myrtille, pour ce moment de prose poétique!

Posté(e)
Le 25/03/2019 à 09:47, Myrtille a dit :

 

 

C’est venu tout doucement : à entretenir la folie le corps est un champ de bataille comme le lit défait, les serviettes de bains empilées dans la baignoire. Il n’y a plus de corps quand le peigne passe dans les cheveux, quand il sourit, quand il répond au téléphone, quand il se vide le matin de la nourriture de la veille : seul le cerveau commande l’automate des mots.

Que c'est génial ! Une lecture étonnée par tant de liberté, captivante, fascinante, un grand merci pour tour cela !

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