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Figures féminines (1), Le rocher d'Andromède

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Son cri silencieux cédait dans la houle de son souffle

Sur le rocher rouge

Où Andromède attendait,

L'horizon se mourait et s’élevait dans ses yeux,

Ailes lourdes d'eau et d'écume

Brisaient les cristaux d'azur

Sur ses lèvres tremblantes.

Et, si le monstre venait...

Mâchoire d'épouvante et d'ombre,

Sa mort serait-elle abrupte

Ou d'une lenteur dissolue ?

Ses chaînes gémissaient...

Les écailles de l'onde rugissaient,

Des pans de son âme meurtrissaient la pierre.

Dans le fracas de ses attentes,

Une lame mordait sa nuit,

Le froid de l'antre de ses peurs

Et la nudité de son souffle

Sur sa peau livide,

Ébréchait et tordait la lumière,

Faisait danser les reflets sur les algues sombres.

Les veines du ciel saignaient,

Un flot noir se mêlait à la mer.

Alors, un vol sombre fend sa chair,

L’inhumanité agonise…

Persée tranche ses chaînes.

Andromède tombe dans ses bras,

Respire ses larmes offertes,

Leur murmure effleure sa gorge nue,

Grave en elle un arc secret

Qui résonne comme une harpe invisible,

Chaque frisson prolonge ses battements.

La bête gît, noyée dans l'ombre,

Aux côtés de la tête de Méduse figée,

Une efflorescence de branches de corail

Perce le lit d'algues,

La mer se tait au bord de leurs souffles...

Andromède, Odilon Redon

Odilon Redon, “Andromeda” (1).jpg

Modifié par Sophie

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Ouf ! Persée-Zorro l'a sauvée, juste à temps ! 😉

Judicieuse idée, Sophie, que cette suite de figures féminines qui permettront de revisiter en beauté la mythologie !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Votre beau poème, @Sophie , inspiré par le tableau symboliste d’Odilon Redon, m’a également inspiré ce sonnet à titre d’exercice d’écriture :

Sur le rouge rocher, un cri silencieux :

Andromède est en proie au souffle de la houle.

L’horizon qui se meurt se lève dans ses yeux

Et c’est l’azur entier qui la brise et la foule.

Si la mort survenait en monstre injurieux,

Mâchoire de terreur dont la bave s’écoule,

Tous les pans de son âme au caprice des dieux

Seraient vite livrés aux instincts de la foule.

Le sang noir du combat se répand dans la mer ;

Persée a su briser les entraves de fer

Et l’amour tôt naîtra de la reconnaissance.

Le monstre git dans l’ombre et son chef est tranché ;

Posé sur le corail, comme une inflorescence,

Il jure avec la mer et le sable entaché.

Modifié par Jeep

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une évocation grandiose!

La mer se tait au bord de leurs souffles...

Une conclusion à la hauteur de ce récit saisissant où brille la métaphore.

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos
Il y a 7 heures, Alba a écrit :

Ouf ! Persée-Zorro l'a sauvée, juste à temps ! 😉

Judicieuse idée, Sophie, que cette suite de figures féminines qui permettront de revisiter en beauté la mythologie !

Je n'avais pas songé à Zorro... 😉seulement à l'oeuvre d'Odilon.

J'espère que je l'ai rendue vivante.

Andromède vit intérieurement la scène. Sensualité et tension sont largement développées.

Il y a 4 heures, Jeep a écrit :

Votre beau poème, @Sophie , inspiré par le tableau symboliste d’Odilon Redon, m’a également inspiré ce sonnet à titre d’exercice d’écriture :

Sur le rouge rocher, un cri silencieux :

Andromède est en proie au souffle de la houle.

L’horizon qui se meurt se lève dans ses yeux

Et c’est l’azur entier qui la brise et la foule.

Si la mort survenait, monstre injurieux,

Mâchoire de terreur dont la bave s’écoule,

Tous les pans de son âme au caprice des dieux

Seraient vite livrés aux instincts de la foule.

Le sang noir du combat se répand dans la mer ;

Persée a su briser les entraves de fer

Et l’amour tôt naîtra de la reconnaissance.

Le monstre git dans l’ombre et son chef est tranché ;

Posé sur le corail, comme une inflorescence,

Il jure avec la mer et le sable entaché.

J'apprécie beaucoup le symbolisme de ce peintre. Et, il a su vous inspirer un beau sonnet. Merci, Jeep.

Je m'aperçois combien cette forme poétique est remarquable.

Merci infiniment Alba et Jeep pour vos retours.

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos
il y a 12 minutes, Thy Jeanin a écrit :

Une évocation grandiose!

La mer se tait au bord de leurs souffles...

Une conclusion à la hauteur de ce récit saisissant où brille la métaphore.

J'aime beaucoup ce vers, sa douceur, Thy Jeanin.

La métaphore est si essentielle pour créer un effet pictural. Elle permet de dépeindre des couleurs, des textures....des émotions. Elle produit à mon sens un souffle., musicalité et rythme.

Merci infiniment Thy Jeanin pour ces mots.

Modifié par Sophie

Posté(e)

Un bien beau poème.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Dans ce paysage grandiose, la fragilité d’Andromède, toute de beauté et de sensualité est émouvante…

Posté(e)

Ce vers m'a interpellée : « sa mort serait-elle abrupte ou d'une lenteur dissolue ? ». Pas un cri, pas une prière — une question presque calme, presque philosophique. C'est là que j'ai compris qu'Andromède n'était pas une victime dans ce poème. Elle pense. Elle reste entière, même enchaînée, même au bord. Le texte est sombre, oui — mais il traverse la noirceur plutôt qu'il ne s'y complaît. Et cette efflorescence de corail à la fin, cette beauté étrange qui surgit de la blessure... je trouve ça bouleversant chère @Sophie 💙💫

  • Le titre a été modifié en Figures féminines (1), Le rocher d'Andromède
Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos
Il y a 8 heures, Tarentaise a écrit :

Dans ce paysage grandiose, la fragilité d’Andromède, toute de beauté et de sensualité est émouvante…

Le contraste est si vrai...entre la violence et la fragilité. Merci infiniment cher Tarentaise.

il y a 46 minutes, Vol Au Vent a écrit :

Ce vers m'a interpellée : « sa mort serait-elle abrupte ou d'une lenteur dissolue ? ». Pas un cri, pas une prière — une question presque calme, presque philosophique. C'est là que j'ai compris qu'Andromède n'était pas une victime dans ce poème. Elle pense. Elle reste entière, même enchaînée, même au bord. Le texte est sombre, oui — mais il traverse la noirceur plutôt qu'il ne s'y complaît. Et cette efflorescence de corail à la fin, cette beauté étrange qui surgit de la blessure... je trouve ça bouleversant chère @Sophie 💙💫

C' est très intéressant... Il n'y a pas de cri ou de prière. Peut- être est-il intérieur car tout est tourné vers l'intériorité.... ou tout simplement impossible... On pourrait qualifier cette question d'interrogation lucide.

Je viens de faire quelques recherches suite à ta réflexion d'une belle densité.

Originairement, Andromède est présentée comme une victime passive.

Dans quelques versions modernes, l'intérêt se serait déplacé vers la conscience d'Andromède, à cet instant suspendu entre vie et mort.

Andromède pense... oui, tu as bien retracé mon approche du mythe, Vol au vent.

J'insiste sur son souffle, ses yeux, ses lèvres...

Ce corail est attribué au sang de Méduse dans la tradition antique. La violence est transformée en beauté minérale.

J'aime assez tes mots parlant d'une beauté étrange surgissant d'une blessure.

Le corail rouge m'a toujours fascinée. J'aime quand la mythologie s'inscrit dans le vivant..., qu'elle lui confère une certaine magie.

Merci infiniment chère Vol au vent pour ta lecture et la densité de tes mots.🩵

Il y a 12 heures, Illiz a écrit :

Un bien beau poème.

Merci infiniment Illiz pour votre passage.

Modifié par Sophie

Posté(e)

Ainsi ai-je découvert le mythe d'Andromède sauvée par Persée !
Et l'on retrouve dans ton poème Sophie toute ta sensibilité à la couleur, au mouvement .

On entend aussi et l'on voit au-delà du tableau toute cette violence qui devient belle et propice à la créativité poétique.
Un très beau poème allégorique.

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Tu as raison, Ameline quand tu parles de sensibilité à la couleur... elle est si présente dans mes vers ( rouge, azur, livide, noir) à laquelle s'adjoignent l'invisibilité, l'ombre, la lumière et le souffle.

Le mouvement est primordial, ici. La respiration d'Andromède est mouvement caractérisé par des vers longs et courts. Les vagues, l'univers dans son entier sont aussi mouvement, la narration elle-même bien qu'étant secondaire.

La violence est également omniprésente contrastant avec la fragilité d'Andromède.

Beaucoup de pertinence dans tes remarques, Ameline. Merci infiniment pour ton analyse.🩵

Modifié par Sophie

Posté(e)

Un poème qui prend la mythologie à contre-pied en privilégiant Andromède plutôt que Persée, c'est fort bien pensé, dense et bien tourné !

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

C'est bien vu... Nills Exo. J'ai choisi de privilégier Andromède et de la rendre plus vivante.

J'ai repris le mythe classique d'Andromède et de Persée mais la narration est intérieure.

L'approche est plus sensorielle et psychologique. Et, je vais poursuivre, en ce sens.

Merci infiniment Nills Exo.

Posté(e)

La mer qui se tait, les coraux qui poussent : la nature elle-même accouche d'une nouvelle harmonie.

Il m'est toujours difficile de commenter un poème, alors qu'une peinture m'entraîne forcément vers mes propres sensations .

"Une efflorescence de branches de corail Perce le lit d'algues, La mer se tait au bord de leurs souffles... "

il y a là, certainement, une osmose entre la peinture et ce que tu écris ...



Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Je te comprends, Joailes... et merci pour ta franchise🙂

Cette toile a fait naître chez moi l'envie d'écrire sur ce mythe.

Je l'ai postée en illustration car je l'aime beaucoup et c'est la seule raison...

Posté(e)
il y a 13 minutes, Sophie a écrit :

Je l'ai postée en illustration car je l'aime beaucoup et c'est la seule raison...

Il n'y a pas de problème, chère @Sophie je sais qu'en essayant de "pénétrer" une toile on peut écrire ; cela m'est arrivé souvent, c'est une inspiration souvent très profonde et j'en conviens.

Seulement, quand on lit un poème, et qu'on arrive à l'image, la sensation prend une autre dimension et cela fausse un peu la direction. J'ai souvent fait cette erreur, moi-même, et ceci n'est pas un jugement, loin de là, tu n'as pas à te justifier.

Je comprends que, dans ton enthousiasme, tu partages le tout.

Mais, et c'est juste mon avis, je pense qu'un simple lien serait plus sobre et permettrait au lecteur de ne pas s'éparpiller ... lire d'abord, plusieurs fois avant de voir ce qui a inspiré ces vers. Ta sensibilité le mérite !

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Je comprends.... Joailes. J'aurai peut-être dû le préciser; j'en conviens.

Ta sensibilité est forte également vis à vis de cet art. Tes mots en témoignent.

Ton retour est intéressant. Je ne pensais pas que le lecteur puisse lire plusieurs fois mon poème.

Tes derniers mots me touchent Joailes. Merci.😘

Modifié par Sophie

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