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Reflets de fables 26) Le Maître d’école et le Pédagogue

Featured Replies

Posté(e)

Quand on emploie un langage pédant,

On veut cacher une sotte pensée.

Oyons ainsi ce prétendu savant

Dont l’idée est plus que tout insensée.

C’était un jour de docte instruction,

Un de ces jours qui changent la raison.

Un Formateur joue au Maître d’école ;

Son auditeur, sans sourciller, s’y colle :

« Comment faut-il faire, agir, composer

Quand, face à nous, nul ne veut essayer ?

Nos écoliers n’ont ni stylo, ni feuille :

Aucun écrit ne les fait réfléchir !

Je vous demande un instant, que j’accueille

Votre savoir pour pouvoir en finir !

- Commencez donc par user des bons termes,

Monsieur le Maître, et sachez que les germes

Que vous cherchez sont en chaque apprenant.

Point de stylo ? Soyez plus pertinent :

Plus de papier, plus de besoin d’écrire.

Aucun avis ? Soyez plus créatif :

Faites des jeux, cela fera sourire.

Je dis d’ailleurs qu’il est rébarbatif

De s’imposer : veuillez ne rien produire,

Chaque leçon se fait sans nul effort

Si l’on en connaît la manière. »

Quels vains propos sauf si l’on veut la mort :

Que faire avec cette matière ?

-----

Une fable peut apporter

Une réponse à ce point difficile.

Un Seigneur aimait disserter

Sur la cuisine et son art indocile.

« Je le prétends : je suis un fin gourmet

Et j’ai besoin de la meilleure assiette.

Pourtant je crois que nul ne me soumet

Ce que je veux ni ne comble ma diète.

Comment atteindre un si lointain sommet ? »

Demandait-il au chef de sa cuisine

Qui pour sa part craignait qu’on l’élimine :

Reconnaissons qu’un prince a ces façons…

Quoi qu’il en soit, le pauvre a des leçons

Qu’il n’ose dire au plus puissant monarque.

Finalement, il se met à parler :

« Sire, je sais qu’un Manant se démarque

Chez ses voisins par son art de perler

Les meilleurs plats. - Qu’il vienne ! » dit le Prince.

L’on part chercher dans toute la province

Ce cuisinier qui parle sans trembler :

« Sire, pour plaire il faut bien assembler.

Un vrai repas n’est pas une bouillie

Mais au contraire une quête aboutie :

Distinguez donc l’entrée et le dessert

Pour illustrer le plat de résistance ! »

Il a raison : mélanger nous dessert,

Distinguons donc études et jactance.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

J'ai bien reconnu dans la première partie, les prétentions grotesques de ces MM-dames les inspecteurs de la désinstruction publique, champions de la pédagogie "ludique"... La suite, plus accessible pour les non initiés, sert d'exemple limpide pour la même thèse. Voilà qui est rondement mené!

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Belle réflexion dans ce texte qui pose les bonnes questions et sait y répondre !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Cette fable est visiblement destinée aux membres de l’Éducation Nationale et, plus précisément dans sa deuxième partie, à ceux d’une école hôtelière.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Ces prétentieux savants jusqu’où entraîneront t’ils l’éducation nationale dans sa chute ? Merci @Nils Exo

Posté(e)

Voilà un poème qui sait ce qu'il fait : pour parler cuisine, il mijote sa satire à feu doux, et pour parler pédagogie ... il fait la leçon§ La morale est servie comme un bon repas : entrée en matière piquante, plat de résistance bien relevé, et dessert qui ... ne nous dessert pas!😄

Posté(e)
Il y a 22 heures, Nils Exo a écrit :

Quand on emploie un langage pédant,

On veut cacher une sotte pensée.

Oyons ainsi ce prétendu savant

Dont l’idée est plus que tout insensée.

C’était un jour de docte instruction,

Un de ces jours qui changent la raison.

Un Formateur joue au Maître d’école ;

Son auditeur, sans sourciller, s’y colle :

« Comment faut-il faire, agir, composer

Quand, face à nous, nul ne veut essayer ?

Nos écoliers n’ont ni stylo, ni feuille :

Aucun écrit ne les fait réfléchir !

Je vous demande un instant, que j’accueille

Votre savoir pour pouvoir en finir !

- Commencez donc par user des bons termes,

Monsieur le Maître, et sachez que les germes

Que vous cherchez sont en chaque apprenant.

Point de stylo ? Soyez plus pertinent :

Plus de papier, plus de besoin d’écrire.

Aucun avis ? Soyez plus créatif :

Faites des jeux, cela fera sourire.

Je dis d’ailleurs qu’il est rébarbatif

De s’imposer : veuillez ne rien produire,

Chaque leçon se fait sans nul effort

Si l’on en connaît la manière. »

Quels vains propos sauf si l’on veut la mort :

Que faire avec cette matière ?

-----

Une fable peut apporter

Une réponse à ce point difficile.

Un Seigneur aimait disserter

Sur la cuisine et son art indocile.

« Je le prétends : je suis un fin gourmet

Et j’ai besoin de la meilleure assiette.

Pourtant je crois que nul ne me soumet

Ce que je veux ni ne comble ma diète.

Comment atteindre un si lointain sommet ? »

Demandait-il au chef de sa cuisine

Qui pour sa part craignait qu’on l’élimine :

Reconnaissons qu’un prince a ces façons…

Quoi qu’il en soit, le pauvre a des leçons

Qu’il n’ose dire au plus puissant monarque.

Finalement, il se met à parler :

« Sire, je sais qu’un Manant se démarque

Chez ses voisins par son art de perler

Les meilleurs plats. - Qu’il vienne ! » dit le Prince.

L’on part chercher dans toute la province

Ce cuisinier qui parle sans trembler :

« Sire, pour plaire il faut bien assembler.

Un vrai repas n’est pas une bouillie

Mais au contraire une quête aboutie :

Distinguez donc l’entrée et le dessert

Pour illustrer le plat de résistance ! »

Il a raison : mélanger nous dessert,

Distinguons donc études et jactance.

Quel tour de force sans rien forcer ni « imposer » du jeu certainement la meilleure école mais « mon » plat de résistance est ici l’humour bien assaisonné 😉🙃 bravo Nils Exo 🙌

Posté(e)

La fable, par sa sagesse populaire et son humour, vient apporter la conclusion attendue : pour bien enseigner (comme pour bien cuisiner), il faut distinguer les choses, éviter de mélanger, et surtout, écouter ceux qui, par leur simplicité même, disent la vérité.

Ton poème est à la fois drôle, mordant et profondément humaniste !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

J'aime beaucoup l'introduction... la critique de la pédanterie. Une belle réflexion sur la transmission, Nills Exo.

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