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Carnaval est passé

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Carnaval est passé

Carnaval est passé sur l'eau grise et rêveuse,

Les gondoles sont loin et Venise s'endort

Dans la brume du temps qui lui jette des sorts,

Le fard a disparu sur la rive amoureuse.

Le silence est tombé sur l'heure paresseuse,

Le flot boueux frémit en un ultime effort,

Il voudrait rire encore, il repousse la mort,

Mais trop lourde est la pluie à la face cireuse.

Les masques sont fanés, les murmures sans art

Ont remplacé l'orchestre et fait taire Mozart

Dans les grands salons bleus tout tendus de silence.

Ô tristesse infinie, ô pâleur d'Arlequin,

Il faut subir encor l'étrange somnolence

Qui plane sur la ville en son lit baldaquin.

Posté(e)

Un beau sonnet, au rythme ample et mélancolique, qui évoque la fin des festivités et le retour au silence. 


Posté(e)
  • Semeur d’échos

Venise se meurt un peu plus dans la tristesse des lendemains de fête et dans les mots du sonnet.

Posté(e)

Entre Venise et Mozart, j'ai aimé ce voyage apaisant, bien que Mozart (qui est mon musicien favori) ait un grain de folie, ici vous l'avez fait "taire dans les grands salons bleus", superbe atmosphère...

Merci pour cette charmante lecture

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci à vous, Joailes, Jeep et Epicene, pour le partage de ces ressentis si chaleureux !

Oui, Venise se meurt, et le carnaval plus encore. Ce sonnet rappelle en effet qu'hier a vu la fin de la période du carnaval à Venise : "les masques sont fanés".

Aujourd'hui, nous sommes le mercredi des Cendres et ce poème est tout empli des cendres du bonheur. Reste l'affreuse prose des jours et le flot boueux du temps qui jamais ne s'arrête. La mort plane ici, elle a face de pluie et teint cireux.

L'on voudrait pourtant tellement rêver encore dans ces "grands salons bleus tout emplis de silence"...

(─‿─)

Posté(e)
  • Semeur d’échos

« Les masques sont fanés, les murmures sans art

Ont remplacé l'orchestre et fait taire Mozart

Dans les grands salons bleus tout tendus de silence »

Superbe tercet qui en quelques mots sentis ont déshabillé le carnaval…

Encore un bien beau sonnet @Alba !

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci beaucoup Tarentaise, ce tercet est celui que je préfère aussi !

Le cadre est posé mais c'est un cadre fictif, nulle œuvre d'art, nulle peinture, n'existent au préalable, l'imaginaire est aux commandes et cette Venise de boue et de malheur (peut-être la vraie) est une ville rêvée et ressentie plutôt que décrite.

Le poète doit se faire un peu "enchanteur pourrissant" (cf. Apollinaire) quand il évoque Venise, cette ville qui se délite peu à peu...

cf. aussi ..."Le drapeau noir de l'Angoisse", disait Baudelaire...

(...)"- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir."

Spleen

(+_+)

Modifié par Alba

Posté(e)
Il y a 17 heures, Alba a écrit :

Carnaval est passé

Carnaval est passé sur l'eau grise et rêveuse,

Les gondoles sont loin et Venise s'endort

Dans la brume du temps qui lui jette des sorts,

Le fard a disparu sur la rive amoureuse.

Le silence est tombé sur l'heure paresseuse,

Le flot boueux frémit en un ultime effort,

Il voudrait rire encore, il repousse la mort,

Mais trop lourde est la pluie à la face cireuse.

Les masques sont fanés, les murmures sans art

Ont remplacé l'orchestre et fait taire Mozart

Dans les grands salons bleus tout tendus de silence.

Ô tristesse infinie, ô pâleur d'Arlequin,

Il faut subir encor l'étrange somnolence

Qui plane sur la ville en son lit baldaquin.

Belle nostalgie poétique de festivités passées , l’eau agitée et boueuse contraste d’une ville où le carnaval est haut en couleurs 😉💫 bravo Alba 🙌

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Ô tristesse infinie, ô pâleur d'Arlequin,

Il faut subir encor l'étrange somnolence

Qui plane sur la ville en son lit baldaquin.

Arlequin coloré et vif est associé à la pâleur. Il y a une dilution des couleurs... et de la fête.

J'aime beaucoup la dernière métaphore, la personnification de la ville plongée dans une torpeur.

J'aime le symbolisme de tes vers proche de Verlaine., Alba. Emouvant sonnet.

Modifié par Sophie

Posté(e)

Un carnaval dont les couleurs se noient dans l'épaisseur d'une eau limoneuse. Des images qui nous propulsent dans une atmosphère irréelle ! Bravo @Alba 👏

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci beaucoup, Nâau, Sophie et Lina pour vos ressentis qui m'apportent beaucoup !

Vous avez souligné à juste titre le contraste entre la période du carnaval (ou "Mardi gras"), et les lendemains de fête (ou "Mercredi des Cendres"). Ces derniers sont toujours pénibles et douloureux.

Je me suis surtout penché dans mon poème sur le lent pourrissement de la Sérénissime, qui ressort tout particulièrement à ce moment précis du règne des Cendres. Une fin fascinante...

Que serait un poème s'il n'était pas tout entier empreint de magie ?

(͡o‿O͡)

Posté(e)

Votre sonnet siffle la fin de la fête avec élégance et Arlequin se retire, tout comme Mozart, tout comme Venise, comme les lendemains de fête en effet.

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci Nils pour ce regard porté sur ce poème !

Oui, tout se retire, sauf les eaux croupies de la lagune, suaire sinistre pour bien des rêves oubliés...

Entre deux eaux mouvantes, entre deux immensités liquides, entre ciel et mer, Venise reste unique ! Un joyau d'art et d'histoire à contempler longtemps, mais surtout de loin. Et dans l'imaginaire, c'est encore mieux !

( ͡~ ͜ʖ ͡° )

Posté(e)

Un poème qui grâce à votre talent nous transporte à Venise après son célèbre festival où la tristesse devenue de cette ville lacustre nous ramène à la mort.

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci Jean Luc pour ce commentaire si juste !

Voilà un excellent résumé de mon poème qui, effectivement, et de manière seulement suggérée, est empli du sentiment de la mort et de toute finitude !

Les palais anciens dans cette Venise rêvée se prêtent somptueusement aux songes mélancoliques des "bannis de liesse", surnom d'un poète oublié du Moyen Âge.

(─‿─)

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Somptueuse évocation d'une ville exceptionnelle, même dans le mitan d'un hiver pluvieux. J'y vois l'allégorie de cette saison atone où l'on peine, même aux lieux privilégiés, à trouver quelque rayon de joie. Ville rieuse, ville aqueuse?

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci pour l'adjectif "somptueux", Thy Jeanin, et pour ce fin commentaire !

J'essaie en effet dans mes poèmes d'inscrire quelque chose qui transporte, quelque chose de plus que le quotidien, quelque chose qui va au-delà du connu, du banal et même au-delà du joli.

Si je ne suis pas subjuguée par ma poésie, j'estime qu'elle est ratée. Ce n'est pas de l'ambition, c'est de l'exigence.

(+_+)

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