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Après lui, le déluge

Featured Replies

Posté(e)

Il a fui sans courir le long des rues mornes,

des boulevards factices aux pâleurs de néon,

des immeubles comme des crachats de béton

le peuple façonné d'aigreur et de haine

les couteaux qui n'en finissaient pas de pleuvoir

et toute cette violence ô mon Dieu il pleurait

serrant dans sa poche des craies de couleur.


Enfin, il atteignit le mur blanc comme neige

où nul n'avait prié encore,

dans le désert des marchands de sable

où il pourrait enfin dormir.

Il dessina une fresque immense,

comme un dessin d'enfant,

naïf et bavard,

avec des pommes rouges et un cheval bai

un ciel azur et vide

et une plaie d'horizon grande ouverte.

Il a jeté ses chaussures, est entré dans la fresque,

est monté sur le cheval,

est parti au grand galop

dans un nuage de poussière bleue.

Le mur s'est écroulé

il n'est resté qu'un grand verger

avec des pommes rouges

et quelques morceaux de craie.

Alors, ce fut le déluge ...


(joailes -) 15 février 2026 - 23h 32

Modifié par Joailes

Posté(e)

Rien à dire.

Puisque ta prose dit tout.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un très beau poème, onirique et symbolique, qui me fait penser aux œuvres de street art de Bansky.

Il en a le charme et la magie, la force symbolique, également.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

En te lisant, je pense à ton autre poème" Un artiste sans nom", peut-être à cause du dessin si essentiel...

Ce "il" peut représenter le poète. La fuite semble être intérieure. car il fuit sans courir un monde de violence.

La création est le salut. Elle parvient à transformer la réalité.

J'aime le symbolisme de tes vers et tu es une fabuleuse conteuse, Joailes.🩵

Posté(e)

"Il a fui sans courir" , oxymore puissant d'entrée installe une fuite intérieure d'un homme dans un paysage urbain cauchemardesque. "Les couteaux qui n'en finissaient pas de pleuvoir": enfer apocalyptique.

Pourtant il serre dans sa poche des craies de couleur, c'est une image d'une très grande tendresse et enfin sur ce mur vierge, il peut enfin créer Sa fresque qui lui permet de s'échapper vers la liberté.

Face à un monde invivable, l'art permet l'impossible - non pas pas échapper, mais transformer. Les craies d'enfant créent littéralement un autre monde.

"Alors ce fut le déluge" ... : le vieux monde doit être lavé pour que le nouveau existe ? Pour moi, ton dernier vers est énigmatique: si tu veux bien m'éclairer?

Mais surtout, tu me surprends toujours avec ton écriture si fine!

Posté(e)
Il y a 18 heures, Joailes a écrit :

Il a fui sans courir le long des rues mornes,

des boulevards factices aux pâleurs de néon,

des immeubles comme des crachats de béton

le peuple façonné d'aigreur et de haine

les couteaux qui n'en finissaient pas de pleuvoir

et toute cette violence ô mon Dieu il pleurait

serrant dans sa poche des craies de couleur.


Enfin, il atteignit le mur blanc comme neige

où nul n'avait prié encore,

dans le désert des marchands de sable

où il pourrait enfin dormir.

Il dessina une fresque immense,

comme un dessin d'enfant,

naïf et bavard,

avec des pommes rouges et un cheval bai

un ciel azur et vide

et une plaie d'horizon grande ouverte.

Il a jeté ses chaussures, est entré dans la fresque,

est monté sur le cheval,

est parti au grand galop

dans un nuage de poussière bleue.

Le mur s'est écroulé

il n'est resté qu'un grand verger

avec des pommes rouges

et quelques morceaux de craie.

Alors, ce fut le déluge ...


(joailes -) 15 février 2026 - 23h 32

C’est tellement beau, tellement sensible… 😌🌟

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une âme pure crée sur un mur avec des craies de couleur un rêve de paradis pour s’évader de la grisaille désespérante du monde réel, mais le rêve s’écroule dans un déluge ( celui des idées noires au réveil ?). C’est à la fois beau, mélancolique et mystérieux.

Posté(e)

Un poème onirique, à l'atmosphère d'abord inquiétante puis poétique et mystérieuse : le créateur de la fresque fusionne avec celle-ci, l'auteur finirait donc par entrer dans le monde qu'il crée lui-même ? Belle idée !

Posté(e)

Certes, on peut lire le poème comme une page sombre et pessimiste...

Ce n'est pas mon cas !

Je vois l'artiste sauvé par son art, ouvrant une porte pour lui-même vers l'infini et la franchissant avant qu'il ne soit trop tard. Ayant même la délicatesse et la subtilité de l'ouvrir éphémère (car les créations à la craies sont choses des plus intangibles et passagères).

Confidence, @Joailes : l'art aura été pour moi, dès les prémices, ce moyen d'échapper à un monde et une existence des plus incompréhensibles à une âme éprise de beauté, de liberté (le mot est tant et tant été rabâché par des gens qui en ont une définition si terre à terre !) et d'amour (ce mot là également est bien dévoyé ou faussement employé !).

Merci pour cet hommage aux créateurs et à la (réelle) beauté du monde, celle qui se trouve par-delà les murs (physiques et psychologiques).

Posté(e)

Une poésie très imagée, j'ai aimé l'atmosphère de ce texte et mon ressenti à la lecture...

Merci pour ce très beau partage @Joailes

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Oui, ces craies de couleur semblent être comme l’arc-en-ciel qui suggère que la fin du déluge peut subvenir… Un texte à méditer, merci cher @Joailes .

Posté(e)
  • Auteur

Le 16/02/2026 à 14:05, Vol Au Vent a écrit :

"Alors ce fut le déluge" ... : le vieux monde doit être lavé pour que le nouveau existe ? Pour moi, ton dernier vers est énigmatique: si tu veux bien m'éclairer?

Tu as mis le doigt sur ce que j'ai voulu exprimer : "le vieux monde" aurait bien besoin d'être lavé ! Bien sûr, c'est une parabole, mais il y a une idée de purification dans le déluge.

Il y a 16 heures, Bruant a écrit :

l'art aura été pour moi, dès les prémices, ce moyen d'échapper à un monde et une existence des plus incompréhensibles à une âme éprise de beauté, de liberté (le mot est tant et tant été rabâché par des gens qui en ont une définition si terre à terre !) et d'amour (ce mot là également est bien dévoyé ou faussement employé !).

Je pense que la sensibilité souvent exacerbée des artistes (poètes, peintres, musiciens ...) trouve dans la création ce fabuleux espace où tout reste possible dans l'imaginaire et c'est heureux !

Il y a 17 heures, Nils Exo a écrit :

: le créateur de la fresque fusionne avec celle-ci, l'auteur finirait donc par entrer dans le monde qu'il crée lui-même ?

C'est tout à fait cela ! J'aime cette idée de façonner son propre jardin secret où l'on peut aller et venir à sa guise, alors que la réalité est si douloureuse dans un monde de violence et d'horreurs.

Merci beaucoup à vous tous pour l'accueil chaleureux que vous avez offert à ma prose, j'en suis très touchée. @Errances , @Alba , @Sophie , @Vol Au Vent , @Nâau , @Jeep , @Nils Exo , @Bruant , @Epicene et @Tarentaise ❣️

Posté(e)
Le 16/02/2026 à 14:05, Vol Au Vent a écrit :

"Alors ce fut le déluge" ... : le vieux monde doit être lavé pour que le nouveau existe ? Pour moi, ton dernier vers est énigmatique: si tu veux bien m'éclairer?

Tu as mis le doigt sur ce que j'ai voulu exprimer : "le vieux monde" aurait bien besoin d'être lavé ! Bien sûr, c'est une parabole, mais il y a une idée de purification dans le déluge.

Un grand merci @Joailes pour tout!💙

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Allez savoir pourquoi, je ne peux m'empêcher de songer à un superbe film récent sur la Palestine. Quoi qu'il en soit, ce poème est d'une beauté à couper le souffle. Tout particulièrement, l'image de la plaie d'horizon m'a ébloui, tant elle dit tout en jouant. Merci Joailes! 💫

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