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Accents poétiques

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Qu'un dieu vous serve (III, 4 & 5)

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Posté(e)

Scène 4 – Volubile, Caius

 

Volubile prend des notes tandis que Caius s’est arrêté pour parler seul.

 

Caius : Arès est donc parti ! Je me demande bien ce que ces deux-là ont pu se raconter car je n’accorde aucune confiance à Volubile ! Une narration à deux, c’est le coup fourré assuré ! Et pour ma part, plutôt que faire le perroquet comme j’en ai l’habitude, je préférerais le rêver… L’indiscrétion, c’est mon arme favorite, voyez-vous ! Déjà délégué de ma classe, je voulais en savoir plus sur mes camarades, histoire de me jouer d’eux quand c’était à mon avantage… Mais l’avantage, quand l’ai-je eu ? Quand j’y songe, le moindre débat m’effraye ; il faut dire aussi que l’on n’arrête pas de me donner des coups sur la tête et j’ai horreur de cela ! Un vrai déplumé à force, je vous le dis ! D’ailleurs, ma femme s’en moquait : « A te voir et à t’entendre, j’ai l’impression de vivre au milieu d’aras ! » Cela m’a toujours intrigué car je croyais qu’elle aimait les chevaux, c’est peut-être pour cela que nous avons divorcé… Et me voilà seul désormais, au sein de cette cité que je déteste et que je veux toutefois représenter… Car cet Arès, c’est ma chance ! Voler, enfin, de mes propres ailes ! Alors je pourrai prendre de la hauteur, alors je pourrai mépriser ce ciel de béton ! Et encore : même vus du ciel, ces immeubles doivent ressembler à des fèces ; quand je vous le disais, que j’étais décidément lié aux perroquets ! Que tous changent leur couleur et votent pour moi, c’est tout ce que je demande… et je me moque bien de leurs maladies ! Moi d’abord, les autres… jamais. Le diagnostic, je l’ai établi depuis longtemps : diarrhées chroniques, voilà ! Et ne comptez pas sur moi pour jouer les médecins ! N’ai-je pas entendu Arès réclamer une simple eau croupie comme temple ? Si un dieu peut bien s’en contenter pour ses ablutions, un mortel tel que moi a bien le droit de prétendre au moins à un bassin en bonne et due forme ! Et si l’eau croupie vous donne des brûlures d’estomac, je connais le médicament : un bel ornement, voilà qui fait tout resplendir ! Et tiens : je prendrai des perroquets de pierre pour figurer tout cela, ce sera du meilleur effet ! Et une bien belle revanche pour celui dont a toujours dit qu’il faisait le perroquet ! Mais voilà un plus braillard que moi qui me rejoint, alors silence…

 

Volubile : Mon bon Caius, j’ai d’excellentes nouvelles ! Arès accepte nos conditions, ce fut d’ailleurs plus facile que je ne le pensais…

 

Caius : Il n’y aura point de représailles ?

 

Volubile : Nullement, il m’a même plusieurs fois repris, c’est vous dire ! Mais je vois arriver Matamore, mettons-nous donc à l’écart pour discuter un peu.

Scène 5 – Volubile, Caius, Matamore

 

Caius et Volubile s’entretiennent à distance tandis que Matamore reste pour parler seul.

 

Matamore : Je m’en doutais ! Arès parti, voilà donc mes deux prétendus alliés déjà en train de comploter dans mon dos ! Je l’ai toujours dit : la seule alliance qui vaille, c’est avec soi-même ! Mais ils ont oublié un élément de taille car si ce sont les plus malins, c’est moi le plus fort ! Et qui interviendra si jamais Arès ne joue pas le jeu ? Qui donc, je vous le demande ? Moi, bien sûr ! C’est que j’ai l’habitude, je puis vous l’assurer ! Car j’aime la pêche, l’eau est presque mon élément naturel pourrait-on dire... Tenez, que je vous raconte ! Un jour, ma barque ayant été un peu trop emportée par le ressac, je me suis retrouvé en pleine mer mais, n’ayez crainte, je savais comment m’y prendre : ça tanguait beaucoup, c’est vrai, mais il y avait ce petit clocher, au sommet de cette petite église, qui me servait de point de repère. Donc, aucun souci ! Et là je le vois : un aileron, effilé comme une lame de couteau, brillant au soleil du matin ! Il se découpait au travers des vagues, traçant son sillon plus droit qu’un agriculteur un jour de printemps ! C’était à trembler ! Mais je suis bien resté campé sur mes deux jambes et le poisson est parti de lui-même parce qu’il savait à qui il avait affaire ! D’ailleurs, c’était une môle : vous voyez bien qu’il n’y avait rien à craindre ! Une autre fois, je me baladais à bord d’un canot, sur le lac, celui qui n’est pas très loin de cette cité engloutie… Là encore j’étais à deux doigts de chavirer mais, rassurez-vous, je m’y connais ! Et qu’est-ce que j’attrape dans mes filets ? Un diodon figurez-vous ! Et avec toutes ses épines qui plus est, gonflé comme un ballon de foot ! Heureusement qu’il avait été naturalisé et, pour une raison que j’ignore, jeté dans ces eaux infectes… Mais c’est que je m’y connaissais, je le savais dès le début, pensez-vous ! Car il faut vous dire, je sèche souvent mais le camouflage, c’est mon truc ! Voilà pourquoi j’aime autant la pêche : l’on peut sans cesse apprendre de nouvelles techniques ! Et je ne vous parle pas de la chasse ! Le Big five africain ne m’a jamais effrayé, je l’ai plus d’une fois affronté dans les livres d’images que j’ai chez moi ! Mais qu’à cela ne tienne, j’ai tous les instincts du chasseur : je charge, ma corne bien dressée, sans jamais me tromper, la peau bien tachée comme il faut pour me dissimuler dans les arbres dont je peux rugir à loisir mes victoires ! Alors ce n’est pas le dieu de la guerre qui va m’impressionner, surtout s’il est déchu… Vous rendez-vous compte, un peu ? Un dieu dégradé, quelle honte ! Il perd ses galons et se retrouve à balayer un parc immonde pour les beaux yeux d’un placide colérique alors que nous, pardon : que je pourrais tant en profiter ! Avec sa force, c’est la gloire assurée ! Et les plus hauts sommets de la hiérarchie militaire que l’on m’a toujours refusés ! Mais je n’ai pas la langue de Volubile ni les stratégies de Caius, je dois bien le reconnaître… C’est pourquoi, parfois, je me dis que l’alliance réclame bien une ou deux présences supplémentaires ! J’apporte ma force, c’est déjà cela, et nos trois qualités réunies nous feront gravir tous les échelons ! Après tout, ce n’est qu’une fois arrivé sur la dernière marche qu’il faut se préoccuper de dégager ses alliés ! En attendant, je vais faire silence car les voilà qui me rejoignent avec leur sourire enjôleur qui ne me surprend pas.

 

Caius : Vous voilà donc, Matamore !

 

Volubile : Le triumvirat est à nouveau formé ! En attendant de nous partager le monde, je vous propose de préparer notre petite mise en scène pour Arès. Car Caius n’a pas cafardé, Matamore, et c’est tout à son honneur : il faut en effet que je vous dise qu’Arès est doux comme un chaton qui vient de naître. Il n’oppose aucune résistance et se montre même très flatté…

 

Matamore : Ah bon ? Alors pouvez-vous m’expliquer pourquoi il vient vers nous avec cet air martial et tout cet attirail ?

 

Caius, Volubile et Matamore regardent dans la direction indiquée. Tour à tour, ils se placent l’un derrière les autres jusqu’à reculer tous les trois au fond de la scène.

A suivre.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une scène de comédie amusante, les masques tombent et chacun complote contre tout le monde...

Mais la suite est alléchante, vite !

( ͡~ ͜ʖ ͡° )

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Truculent et très vivant. On continue à se demander ce qui peut se nouer de probable entre ces personnages et l'on a aucun mal à y croire.

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