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Un gros coup de cœur

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Posté(e)

Je lis beaucoup.

Beaucoup trop, diront certains.

Mais comme tout ce que je fais, c'est toujours dans le trop.

Les livres s’empilent sur mes tables de chevet, se succèdent sur ma bibliothèque, peuplent mes journées d’une multitude de vies et de mondes empruntés.

La plupart me divertissent, m’instruisent, m’emportent le temps de quelques centaines de pages.

Puis ils s’estompent, rejoignant dans ma mémoire un doux paysage littéraire aux contours un peu flous.

Et puis, il y a ceux qui font autre chose.

Ceux qui, au lieu de simplement passer, s’impriment.

Ceux qui laissent une marque indélébile, une forme d’empreinte dans l’argile fraîche de l’esprit.

 "Les Yeux de Mona" de Thomas Schlesser fait résolument partie de ces derniers.

C’est moins un roman qu’une expérience sensorielle, une empreinte lumineuse et mélancolique qui persiste une fois le livre refermé.

Cette empreinte, elle commence par le regard, celui du titre, bien sûr.

Le prodige de Schlesser est d’avoir réussi à faire de ce regard, celui de Mona, une présence tangible, un personnage à part entière.

Ce n’est pas décrit de façon hyperbolique ; c’est suggéré, diffusé dans chaque scène, chaque silence entre les personnages.

On le sent.

On partage la fascination, puis l’obsession du narrateur pour cette énigme vivante.

L’empreinte est d’abord celle de ce mystère, doux et lancinant.

Mais l’empreinte la plus profonde est peut-être celle de l’atmosphère.

Schlesser sculpte une ambiance d’une rare densité, où le temps semble s’être ralenti, alourdi par le poids des non-dits et l’acuité des perceptions.

L’écriture, précise et pourtant fluide comme une rêverie, enveloppe le lecteur.

On y entre comme on pénètre dans une pièce au parfum tenace : on s’y imprègne, et l’odeur vous suit bien après en être sorti.

C’est une mélancolie active, une beauté qui fait mal, une lumière rasante qui allonge les ombres des sentiments.

En refermant "Les Yeux de Mona", je n’avais pas simplement terminé une histoire.

J’avais l’impression de quitter un lieu, un état d’être.

L’empreinte était là : un silence particulier, une manière différente de porter mon propre regard sur ce qui m’entoure, le souvenir d’une émotion à la fois précise et indéfinissable.

Voilà le pouvoir des grands romans : ils ne se contentent pas de nous raconter.

 Ils nous transforment, par la marque discrète et durable qu’ils laissent en nous. 

Les Yeux de Mona est de ceux-là.

Une empreinte élégante et profonde, dont je ne souhaite pas me défaire avant un certain temps tant il va me parler encore sous ma lampe orange.

Je le recommande vivement à tous les amoureux de peinture et de littérature.

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