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La forêt d’Aokigahara*

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

292-La forêt d’AokigaharaJPG.JPG

La forêt d’Aokigahara*

青木ヶ原 (樹海 Jukai, mer d’arbres)

Lorsque s’en vient novembre et que le vent du nord

Déchire sans détour la forêt assoupie,

En attendant la neige, une branche accroupie

Se balance et gémit lorsque le froid la mord.

La ramille s’endort ; sait-elle qu’à son bord

Agrippée à sa feuille, une âme se tapie

Et toute solitaire espère une œuvre pie

De ceux qu’elle aime encor quand eux s’aiment d’abord ?

Cette âme rencontrée, en chemin trépassait,

Alourdi d’une larme, un flocon qui passait

L’emporte sur son aile et descend au village.

Et la larme a fondu sans qu’elle y prenne garde ;

Du Japon de toujours a retrouvé l’adage :

Loin du foyer, l’esprit, à jamais ne s’égare.

Tarentaise, le 2 novembre 2025

Aokigahara 青木ヶ原 (樹海 Jukai, mer d’arbres)

La forêt d’Aokigahara s’étend au pied du mont Fuji, sur les terres volcaniques d’une ancienne coulée de lave. D’une densité végétale presque irréelle, elle absorbe les sons et la lumière, créant un silence que les Japonais décrivent volontiers comme « vivant ».

Lieu de contemplation autant que de légendes, elle est associée depuis des siècles à la présence d’esprits (yūrei), âmes errantes ou protectrices selon les croyances locales.

Aokigahara a aussi, dans la conscience moderne, une réputation plus sombre : celle d’un lieu où des vies se sont volontairement achevées. Mais cette image, souvent amplifiée par les médias étrangers, ne rend pas justice à la dimension spirituelle du site.

Pour de nombreux Japonais, cette forêt demeure avant tout un espace sacré, un lieu de retour à la nature et d’union avec les ancêtres.

C’est dans cette double lumière — celle du mystère et du recueillement — que s’inscrit le présent poème, où la forêt devient symbole de passage, non pas vers la disparition, mais vers la continuité de l’âme.

  • Illustration Wikipédia libre de droits

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Très belle poésie qui nous introduit au cœur de l'âme japonaise et nous transmet une sagesse immémoriale !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le poème et la note qui l’éclaire nous transporte au cœur de l’esprit du Japon et c’est toujours un plaisir de vous lire, @Tarentaise .

Posté(e)

Un sonnet qui apaise, parfaitement entouré par la photo (magnifique) et la note (fort explicative).

Posté(e)

Merci pour la note explicative et la photo, je ne connaissais pas cette forêt du Japon. 🙂

Un poème tout en subtilité. l'adage final évoque une croyance selon l'esprit ne se perd jamais, même loin du foyer ( recherche Web, j'avoue!) mais j'adhère entièrement à cette idée!

Posté(e)

Beau comme une estampe japonaise.

Posté(e)

Poésie pastorale en mode estampe.

Joli partage. Joli découverte. Je me suis perdu sur votre blog 😅😉

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Il y a tant de beauté, une beauté infinie dans ces vers, cher @Tarentaise 🩵

Ce silence vivant doit être fabuleux.

Posté(e)
  • Administrateur

Vous avez su ici parler de mort sans morbidité, en la reliant au cycle naturel : la neige, la larme, la forêt. Tout s’intègre dans un même mouvement. Il y a quelque chose d'apaisant dans cette idée que l’esprit ne s’égare pas et qu’il retrouve toujours la voie du foyer.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une vision pénétrante, en photo et en mots, de ces lieux chargés de spiritualité dont les Japonais ont le sacré secret. Avec une pointe de satire, l'image développée par votre plume anime vos vers à la manière d'un conte fantastique dont la chute est très émouvante.

Modifié par Thy Jeanin

Posté(e)

Un haïlon élégiaque d'une grande finesse, où la mélancolie occidentale rencontre la sobriété japonaise.

 C'est une image pour dire que votre poème est comme une petite aile dans le style d'un haïku, portant une mélancolie élégiaque.

Plus précisément, cela suggère que votre texte possède la brièveté et la densité d'un haïku : il condense une scène naturelle en quelques vers précis.

Il crée un lien profond entre un élément de la nature la branche, le flocon et une émotion humaine la solitude, l'âme errante.

La petite aile : il n'a pas l'envergure d'un long poème épique, mais la légèreté et la grâce d'une aile qui s'envole, portant avec elle le lecteur vers une émotion subtile.

En résumé, c'est un compliment très fin : votre poème est un court objet poétique, ailé et mélancolique, qui emprunte à l'esthétique du haïku pour évoquer le deuil et la rédemption.

C'est une tentative de créer un mot pour nommer une forme poétique qui n'en avait pas et que j'ai adorée.

Merci cher @Tarentaise

Posté(e)

Très beau sonnet, animé de spiritualité.

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