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Dans la cité, une école a fermé

Featured Replies

Posté(e)


L’automne en sa cour pâle effeuille les enfances
les rires en suspens roulent sur les pavés
Ô cité aux bras nus, ô cité de silence
tes murs portent les nids de souvenirs sacrés.

Les préaux se sont tus et la pluie s'y infiltre

effaçant les marelles de nos jeunes années

les recettes perdues des baumes et des philtres

les rondes sont finies et les mains séparées.

Le vent tisse un linceul de brume et d’espérance
dans le creux de tes mains germe un soleil fané
chaque toit est un phare où veille la souffrance,
chaque fenêtre pleure derrière des volets fermés.

Sur le métier du temps, nos vies ont perdu le fil d'or
qui nous reliait en rang dans les couloirs
il reste au fond des cours des éclats de phosphore
des astres mort-nés sur tableaux noirs.

Alors tout n'est plus qu'un songe qui bascule
tout ce qui fut écrit à la craie
dans le fourreau bleu du crépuscule

s'est effacé ...

L'école est un vaisseau dont l'ancre a rouillé
ses cahiers sont ouverts sur des pages de brume
on y lit des adieux que le vent a éparpillés

il fait froid dans l'âtre que personne ne rallume.
Ô ville, ton chagrin a la douceur des branches
qui se penchent sur l’eau où nul reflet ne dort ;
tu es le miroir même où mes ombres se penchent,
et l’automne est le deuil de tout ce qui est mort.

L'heure a sonné le glas des douces insouciances
les bancs de pierre ont froid dans la grisaille épaisse
il ne reste plus rien des anciennes enfances
rien que l'écho lointain d'une chanson qui cesse.

Les portes sont fermées à double tour
sur les rires d'hier au goût de noisette
il ne reste rien des premières amours
où s'en vont à jamais nos jeunes silhouettes

Je te donne en offrande ultime
ces mots tissés de deuil et de mélancolie
toi qui fus le témoin de nos printemps sublimes
et qui gardes en toi notre âme ensevelie.

Dans les gravats de plâtre et de craie

je suis venue jeter mon vieux cartable

comme si c'était les vacances d'été

il n'y aura plus de rentrée,

plus de soleil sur nos châteaux de sable ...


(joailes -) 28 octobre 2025 - 21h



Posté(e)

"L'école est un vaisseau dont l'ancre a rouillé" : j'ai rarement lu une métaphore qui traduisait aussi bien le mal-être qui ne fait que grandir au sein de l’Éducation Nationale ! Bravo à vous, @Joailes, et merci pour ce poème à la mélancolie élégiaque.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Des mots tissés de deuil et de mélancolie comme une offrande ultime, c'est beau et émouvant, @Joailes

Les souvenirs sont attachés aux lieux. Ils sont palpables.

Les voir disparaître, c'est un deuil (presque )définitif.

La métaphore du vaisseau à l'ancre rouillée est très belle. Cela évoque les racines profondes.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un poème qui touche et qui vibre douloureusement, une pensée mélancolique ô combien signifiante dans nos coeurs !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Magnifique épitaphe, chaque image laisse entrevoir des souvenirs qui n’ont plus d’écho sur les murs écroulés.

Le cartable jeté est le dernier cri… Merci chère @Joailes

Posté(e)

À vous lire, mes souvenirs de classe d'autrefois ont refait surface! Quelle belle époque, vos vers la transpire si bien que c'en est très émouvant, presque douloureux! Merci beaucoup!!

Posté(e)
  • Administrateur

Si la nostalgie était une matière première, ce poème ferait exploser les cours de la Bourse ( ͡~ ͜ʖ ͡° )

On imagine la vieille école transformée en musée des émotions perdues. Les craies pleurent, les bancs ont froid et ce cartable déposé à la fin... c’est presque un enterrement solennel de nos goûters au Nutella. Merci pour cette touchante lecture @Joailes .

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le poème est remarquable de nostalgie et de poésie en évoquant l’école de l’enfance et les souvenirs qui lui sont liés.

Posté(e)
Il y a 18 heures, Joailes a écrit :

dans le creux de tes mains germe un soleil fané

Il y a 18 heures, Joailes a écrit :

L'heure a sonné le glas des douces insouciances
les bancs de pierre ont froid dans la grisaille épaisse

Il y a 18 heures, Joailes a écrit :

toi qui fus le témoin de nos printemps sublimes
et qui gardes en toi notre âme ensevelie.

Beaucoup de perles étincellent dans ce très beau poème.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Voilà qui serre le cœur! L'Ecole, lieu sacré, pierre de touche de notre enfance, fermée! Une belle et forte élégie, animée d'images magnifiques:

Sur le métier du temps, nos vies ont perdu le fil d'or
qui nous reliait en rang dans les couloirs

par exemple.

dont celle du vaisseau me touche particulièrement.

L'Ecole, c'est je, c'est nous. Si elle ferme, c'est la République qui coule. Tristes temps!

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