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Accents poétiques

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Dans le silence de Thèbes

Featured Replies

Posté(e)

Je suis reine, dit-on, mais amère est l’épouse.
Car que suis-je vraiment, sinon l’ombre jalouse
D’un destin qui s’amuse à broyer les vivants ?
Les dieux sont-ils railleurs, sourds ou indifférents ?

Je l’ai vu, ce garçon, aux yeux pleins d’innocence,
Venir chercher le Sphinx, trouver sa récompense.
Je l’ai pris dans mes bras, sans crainte, sans soupçon,
Et l’amour a fleuri… Quelle en est la leçon ?

Il était jeune et beau, si juste, si sincère,
Son regard me troublait, révélant son mystère.
Hélas ! Pauvre de moi, j’ai cru qu’il était roi !
Sans voir qu’il était fils, qu’il était né de moi !

J’ai quatre enfants de lui ! Deux garçons et deux filles !

C’était tout mon bonheur, cette ignoble famille !

Quand la vérité tombe, elle fait peu de bruit.
Elle fait une plaie et lentement détruit.

Je sens soudain en moi que tout orgueil s’effondre.

L’honneur et la vertu, qui pourra leur répondre ?
Et l’on vit, et l’on meurt, dans ce gouffre sans fond,
Où l’horreur dans l’amour tout doucement se fond ?

Et son père ! Grands dieux ! Dans ma chair exécrable,

Tout s’est joint pour former un être épouvantable !

Je n’ai plus de couronne, plus de lit, plus de nom.
Je suis celle qui sait, souillée et sans renom.

J’implore la clémence ou le courroux céleste !

Je suis l’horreur, le crime et l’odieux inceste !
Mais nul pardon ne vient et nul dieu ne m’abat.
Si le ciel est muet, c’est assez d’ici-bas…

Posté(e)

Su-per-be!! : Revisiter le mythe d'Œdipe en poème....Vos vers transmettent une douleur viscérale, presque insoutenable . Votre texte interroge: peut-on être coupable d'un crime que l'on ignorait?... Grande question! Merci pour votre texte!

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un texte dramatique superbe, aux accents raciniens, une grandeur qui s'exprime avec naturel, une souffrance que rien ne peut apaiser !

Bravo pour ce moment de poésie pure et altière !

Posté(e)

Cette clairvoyance, cette introspection même, de Jocaste me rappelle la tragédie de Voltaire (sa première, je crois) dans laquelle il avait une approche plus rationnelle du mythe d'Œdipe ; je trouve que vous faites pareil, @Sertorius, et vos deux derniers vers n'auraient pas été reniés par le philosophe...

Posté(e)

Ce monologue déchirant incarne la tragédie de Jocaste, reine de Thèbes.

En quelques vers brûlants, se déploient l'horreur de la révélation, l'effondrement d'une vie et le vertige métaphysique face à un destin cruel.

La force du texte réside dans son passage du statut royal à l'anéantissement existentiel : de "je suis reine" à " Je suis l'horreur, le crime ".

L'oxymore "cette ignoble famille" résume l'abîme où son bonheur s'est inversé en malédiction.

Vous avez été absent longtemps, @Sertorius et je retrouve avec plaisir votre univers.


Posté(e)
  • Semeur d’échos

Très belle lecture, @Sertorius .Un destin implacable fomenté par les Dieux, eux-mêmes.

L'anéantissement total d'une femme, d'une reine .dépeint avec des mots puissants.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un retour qui nous vaut la lecture d’une superbe poésie comme vous nous en aviez déjà offerte… Alors en attendant le plaisir de vous lire encore @Sertorius

Posté(e)
  • Administrateur

Magnifique d’une intensité tragique rare où vous réinventez la voix de Jocaste avec une profondeur quasi shakespearienne. La langue est d’un classicisme assumé, mais animée d’une émotion brute. C’est une descente dans la conscience, plus qu’un récit. Hâte de vous relire plus fréquemment @Sertorius .

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Dans ce monologue superbe l’élégance de la syntaxe évoque Racine et certaines formules une modernité proche de Claudel ou d’Anouilh.

Posté(e)

J'aime bien le thème et l'originalité de changer le point de vue d'une histoire si connue

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Jocaste en son malheur brille par la hauteur de son verbe, digne de notre XVIIe!

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