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Ce qu'il reste des jours

Featured Replies

Posté(e)
  • Administrateur

Chaque matin s’avance comme un mendiant vers la porte.

Au creux d'une paume ridée, juste une minuscule lumière.

Sur les lèvres, cette odeur de fer rouillé des nuits sanguines.

Le jour entre à peine mais déjà, un peu de moi recule.

 

Comme depuis ma naissance, les poussières me suivent.

Elle connaît mes gestes avant même qu’ils ne naissent.

Je bois, je respire, je survis, je recommence à mourir.

Dans la tasse, le café a ce goût des sols après la pluie.

 

Un premier pas dehors parmi les ombres contemporaines.

La ville endormie claque des dents sous le vent automnal.

Sur les vitres, les traces de ceux qui sont passés avant moi.

Fermer les yeux et voir le monde transpirer son absence.

 

Les ombres des passants dévorent ma silhouette éthérée.

Car vivre, ce n'est jamais qu'user son propre effacement.

Et pourtant, sous ce manteau de froid minéral, je souris

Comme le métal finira aussi par sourire avant la limaille.

 

Dans la rue, un chien fouille les papiers froissés du passé.

Je lui tends une caresse ourlée de brumes hésitantes.

Seul résonne le reflet d’un adieu que je n’ai pas su dire.

Rien ne s’échange dans le souffle des jours qui se retirent.

 

Un bruit de fonte neuve traverse la gorge du paysage.

Le ciel a cette teinte encrée des paupières avant les rêves,

Ce moment où chaque heure gratte la peau du monde.

Sous les écailles, le sang sacré des choses coule encore.
 

Et pourtant, sous la peau de l’obscur,

une braise tient tête à l’absence.

quelque part, dans la nuit,

Peut-être est-ce cela,

mourir un peu,

vivre encore.

Encore.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une lumière, une chaleur, une présence au cœur de la nuit demeure... La vie elle-même sans doute.

Mais l'être humain doit supporter jusqu'au bout le poids de sa lucidité.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un très bel écrit qui émeut profondément car il questionne sur le sens même de la vie @Eathanor

Qu'est-ce que vivre ? Qu'est-ce que mourir ?

Le ciel a cette teinte encrée des paupières avant les rêves,

Ce vers est d'une grande beauté...

Et pourtant, sous la peau de l’obscur,

une braise tient tête à l’absence.

quelque part, dans la nuit,

Peut-être est-ce cela,

mourir un peu,

vivre encore.

Encore.

Des mots profonds,.., . @Eathanor

Posté(e)

Un remarquable poème, votre dernière strophe est bluffante par sa construction.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Remarquable, je suis d'accord. Il semble aborder le noir de la vie sans complaisance, avec pudeur et compassion. Les métaphores sont complexes, approfondies, originales, saisissantes. L'association du café et du sol mouillé par la pluie, par exemple, fait tilt. Et la chute nous comble. Je te prends au mot, Guillaume: c'est bien cela, vivre - entre autres. J'aime beaucoup ce texte. 💫

Posté(e)

Un poème qui questionne sur l'existence même.

Une philosophie de la vie qui me touche .

Posté(e)

si ce n'est pas éternel, ça frôle l'intemporelle prose actualisée 🙏

Merci pour ce moment d'ethers niqués.

Posté(e)

Avant que de te lire j'ai allumé toutes les lumières, c'est donc de Versailles que je t'écris ce commentaire.

Parée de ma combinaison anti-stress dernier cri, j'ai pu te lire jusqu'au bout.

Enfin jusqu'à "Sous les écailles, le sang sacré des choses coule encore."

Là j'ai tout éteint. C'est bien plus joli de regarder la braise, aucun breton ne dira le contraire 😉

"Et pourtant, sous la peau de l’obscur,

une braise tient tête à l’absence.

quelque part, dans la nuit,

Peut-être est-ce cela,

mourir un peu,

vivre encore.

Encore."

Mourir un peu et vivre encore, encore ! Oui, malgré ...

Tu as vraiment une gueule d'atmosphère, tu sais !

Posté(e)

Un poème troublant, fascinant, qui nous met face au caractère dérisoire et à l'inexorable délitement de la vie, nous laissant cependant cette vague et fragile étincelle pour nourrir un espoir infime et improbable...

Modifié par Estérina

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Magnifique poème cher @Eathanor ! Cette poussière qui nous suit, que beaucoup ne voient pas, sera notre condition finale, à moins que…

Il y a 4 heures, Joailes a écrit :

Et pourtant, sous la peau de l’obscur,

une braise tient tête à l’absence.

quelque part, dans la nuit,

Peut-être est-ce cela,

mourir un peu,

vivre encore.

Encore."

Posté(e)

mourir un peu,

vivre encore.

Encore.":

Puissant!

Éathanor, vous avez écrit un poème d'une maturité rare, où chaque image pèse d'humanité. Des vers très maîtrisés et parlants.💙

Posté(e)
  • Semeur d’échos

L’âpreté du texte ne surprend pas, ni l’angoisse existentielle. Elles ne font pas oublier la beauté des vers.

Posté(e)

Magique !

Ce noir profond qui se balade avec sa poussière, son éther, ses brumes hésitantes. Parfait. Parfait fantôme. Qui ne semble pouvoir interagir avec le monde.

C'est une lecture enrichissante d'images inexplorées pour moi. Un sombre noir beau. Un sombre héros qui s'ignore ?

Posté(e)
Le 22/10/2025 à 17:08, Eathanor a écrit :

Sous les écailles, le sang sacré des choses coule encore.

La conclusion est belle, affirmant la vie tandis que le vers s'exténue.

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