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J'ai offert du tabac aux invisibles

Featured Replies

Posté(e)

Je pensais que tu étais une ancre dans la dérive du monde ;

mais non : il n’y a d’ancre nulle part.

Il n’y a pas d’ancre dans la dérive du monde. Oh non.

Je pensais que vous étiez. Oh non. La dérive du monde.

William Bronk, " Le monde "

J'ai offert du tabac aux invisibles

Les yeux de la nuit allument

Le bivouac des fauves

Qui battent tambour

Dans la poitrine des étoiles

Je suis amant de la dune brûlée

J'inonde le silence miroir des sables

Pour qu'il murmure le poème

Ce vent fou qui caresse ma joue

Et l'ombre fait ses griffes sur la voilure

Sa gorge cambre de plaintes velours

Les flambes dansent autour des loups

Portant les langues étrangères

Je couvre sa tente de tuiles couleurs

Devant la porte il vente l'antan

La lune pose une main sur mon bras

Et brame le clair de la terre, nous irons

Je sens le feu tendre une soif sacrée

La nuit s’est couchée sur mon souffle

Son ciel nu me défie

Le corps hachuré de fusain

J’entaille une fleur étouffée de sang

Oubliant qui de l’un de l’autre mêlé

Feuille à mitan les entrailles

Sur la paille dorée des mots défaits

Je sais des poètes introuvables

Leurs troupeaux sont brasiers sur la toile

Et leurs yeux le vase solaire des rêves

Ils reviennent jadis planter leur terre

Une pierre dans son nid

Feuille de vent dans le verseau

Le ballast après minuit d'automne

Les fades reversée dans le sommeil

Juste trempé de bleu les yeux

Espaces tant improbables

Les encres bleues

Sur chaque branche un oiseau dort

L’alarme grinçante des geais

Au réveil sonnera l’hallali

Je la vois qui se lève en riant

En écartant les bois

Elle brume d'aube ensorcelante

Lumière éparse chevelure

Débordant ses mamelles

Se jette une rivière 


Modifié par O Salto

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un poème difficile à commenter tant les mots incantatoires semblent traduire une vision hallucinée de la nuit où nature, langage et désir se mêlent, transformant le paysage en miroir poétique de la fusion des êtres, mais ce n’est qu’une interprétation.

Il y a 1 heure, O Salto a écrit :

Je sens le feu tendre une soif sacrée

La nuit s’est couchée sur mon souffle

Son ciel nu me défie

Le corps hachuré de fusain

C’est très beau !

Posté(e)

Un poème à l'image des grands espaces naturels où chaque vers semble planter sa tente, magnifique !

Posté(e)

Votre poème m'a touchée par son étrangeté, mais aussi par son atmosphère et sa beauté en images et sa sensualité.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une danse exaltée d'images somptueuses qui nous parlent du monde, des êtres, de l'existence. J'ai particulièrement vibré:

Il y a 5 heures, O Salto a écrit :

Et l'ombre fait ses griffes sur la voilure

Splendeur de l'écriture poétique!

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un poème tout éclaté d'images qui me fait penser à la peinture d'un Jackson Pollock. Intensité, paroxysme, vibrations.

Posté(e)

La dérive du monde, une ancre accrochée à la brume, celle du matin je crois, celle que je fumais en buvant un café.

Ils reviennent jadis planter leur terre

Sur chaque branche un oiseau dort

L’alarme grinçante des geais

Je la vois qui se lève en riant

En écartant les bois

Un monde en dérive, une brume flottante, celle du matin c'est vrai, celle qui boit mon café en fumant.

Merci O Salto

Posté(e)

Ce n’est pas un poème que je lis, mais que je respire : un souffle brûlant et bleu entre les dents. Tu sais combien j'aime ton univers, @O Salto ! Tu construis là une géographie intime où la poésie est un brasier sur la toile et les poètes, des bergers d'incendie.

Posté(e)
  • Administrateur

Comme quoi, un simple feu de camp peut vite tourner à la cérémonie chamanique. Mais tant mieux. On s’y perd avec plaisir, comme dans un rêve enfumé où même les étoiles battent la mesure.

Posté(e)
Le 14/10/2025 à 13:02, O Salto a écrit :

Je pensais que tu étais une ancre dans la dérive du monde ;

mais non : il n’y a d’ancre nulle part.

Il n’y a pas d’ancre dans la dérive du monde. Oh non.

Je pensais que vous étiez. Oh non. La dérive du monde.

William Bronk, " Le monde "

J'ai offert du tabac aux invisibles

Les yeux de la nuit allument

Le bivouac des fauves

Qui battent tambour

Dans la poitrine des étoiles

Je suis amant de la dune brûlée

J'inonde le silence miroir des sables

Pour qu'il murmure le poème

Ce vent fou qui caresse ma joue

Et l'ombre fait ses griffes sur la voilure

Sa gorge cambre de plaintes velours

Les flambes dansent autour des loups

Portant les langues étrangères

Je couvre sa tente de tuiles couleurs

Devant la porte il vente l'antan

La lune pose une main sur mon bras

Et brame le clair de la terre, nous irons

Je sens le feu tendre une soif sacrée

La nuit s’est couchée sur mon souffle

Son ciel nu me défie

Le corps hachuré de fusain

J’entaille une fleur étouffée de sang

Oubliant qui de l’un de l’autre mêlé

Feuille à mitan les entrailles

Sur la paille dorée des mots défaits

Je sais des poètes introuvables

Leurs troupeaux sont brasiers sur la toile

Et leurs yeux le vase solaire des rêves

Ils reviennent jadis planter leur terre

Une pierre dans son nid

Feuille de vent dans le verseau

Le ballast après minuit d'automne

Les fades reversée dans le sommeil

Juste trempé de bleu les yeux

Espaces tant improbables

Les encres bleues

Sur chaque branche un oiseau dort

L’alarme grinçante des geais

Au réveil sonnera l’hallali

Je la vois qui se lève en riant

En écartant les bois

Elle brume d'aube ensorcelante

Lumière éparse chevelure

Débordant ses mamelles

Se jette une rivière 


C’est un jugement de valeur O Salto mais voici :

c’est une très belle et poignante offrande aux invisibles… et je me sens invisible là en cet instant de lecture remplie de transparence pure d’un souffle que je respire et … toujours cette vibration des tambours, cet amour des poètes… je suis assise et je contemple vos mots…les vagues me bercent leurs forces ne sont pas ancrées, libres de douceur… encore un poème que je relis en secret 😌💫 merci

Posté(e)
Le 14/10/2025 à 13:02, O Salto a écrit :

il vente l'antan

très beau

et le reste aussi !

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