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Le bouffon de cendres

Featured Replies

Posté(e)
  • Administrateur

Sans prévenir, elle s'installe, parasite ricanant dans la poitrine.

Ne cessant de la chasser, elle revient, suçant la moelle des heures.

Elle ne console pas ; elle mâche des souvenirs et les recrache froid.

Certains l’appellent silence, ce triste chien galeux attaché à l’âme.

 

Elle grimace dans les miroirs quand on se croit encore entier.

Chaque sourire s’effondre, avalé par sa gueule de fer rouillé.

Elle dort dans les draps, respire à notre place, bâille au matin.

Même l’amour n’est qu’une plaisanterie qu’elle étrangle à mi-voix.

 

La solitude intérieure éclate en postillons sur le carrelage,

Répugnante bête famélique couchée sur le lit des pensées.

Elle grogne quand on rit, mord quand on croit aimer.

Sa fidélité n’a pas d’égal, car elle n’abandonne jamais.

 

On fuit, on boit, on baise, mais hélas, rien ne la fatigue jamais.

Elle revient plus lourde, vêtue de tabac froid et de renoncements.

Même l’art devient sa farce préférée ; elle crache dans l’encrier

Et elle a le rire gras d’un bouffon, tout de cendres maquillé.

 

Elle glousse d’un ricanement d’ivrogne quand on lui crache dessus.

La supplier de partir la fait ronronner comme une amante.

Elle porte le visage flétri de tous ceux qui s’éloignent.

Elle traîne la voix usée des absents qu’on n’entend jamais.

 

Lorsque nos rêves seront déjà en cendres, elle restera debout ;

Riant des tombeaux comme d’un mauvais spectacle de rue,

Buvant notre silence avec l’avidité d’un mendiant repu.

Notre toute dernière compagne quand tout le reste aura fui.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une mégère acariâtre et venimeuse, celle-là ! À fuir donc, puisque apparemment, on ne peut la détruire. Peut-être en n'y prêtant pas attention ? La tactique du mépris est peut-être efficace, qui sait ?

Quand on a le cœur empli d'un(e) autre, il n'y a plus de place pour quiconque et surtout pas pour une vilaine mégère qui, c'est certain, sent mauvais !

Posté(e)

L'indifférence, la peur, leurs compagnes, une suite d'accouchements malodorants, des images découpées avec une lame qui sent la rouille, la moindre griffure fait pourrir la chair.

Un poème qui attend quelque chose.

Posté(e)

Bon. Triste comme un verre sans compagnon.

Mais que vous êtes doué pour le marasme l'affliction, les enfers, la tristitude, la solide solitude. Bref. Je vous lis. Et votre truc m'englobe. J'en transpire, poisseux, seul attablé sur un écran à la diagonale si petite qu'il ferait rire tous les pauvres des pays pauvres.

Je regarde ma tablée. Vide. À part moi. Qui suis plein de morts et d'absents. D'absence.

Je prépare le repas pour moi, seul, compagnon de moi-même et vos mots me hantent. Non, pas de sourire dans la cuisine. Aucun bruit de pas à l'étage. Le lit sera froid. Votre poésie en emplifiera la noirceur nocturne. Et le cerveau baillera solitaire, seul, solitude, en une ronde pourrie et torturée. La chouette dehors répondra à ses congénères. Et moi, qui m'appelle ?

La tombe. Le seul timbre qui m'est adressé est fiscal.

Le soir est gris. Je ne souris plus. Vos mots me hantent. J'en ai éteint la musique qui m'accompagne. Je regarde le champs vide. Même pas une vache à qui parler.

Champs de solitude. Chants de solitude.

Je soliloque.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le titre est déjà percutant. Et, les mots sont profonds.

La personnification de la solitude étreint le lecteur.

Elle est aussi créatrice de beaux vers. Le dernier vers est très émouvant.

Je songe à Coelho qui dit de la solitude qu'elle n' est pas l'absence mais le moment où notre âme converse avec nous.

Modifié par Sophie

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Cet être abject qui nous suit à la trace, n’est-ce pas le côté sombre de nous-mêmes, le ça sans foi ni loi ?

Ces vers sont saisissants dans leur parti-pris d’atrocité et de dérision.

Modifié par Jeep

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Elle se dresse partout et laisse déconcerté ; elle peut aussi être aimable si on la choisit…

Modifié par Tarentaise

Posté(e)

Je reconnais là un style que j'apprécie particulièrement : une écriture puissante et imagée, empreinte de noirceur, une allégorie cruelle et obsédante de la solitude., une richesse métaphorique (parasite, chien galeux...). Un ton désespéré et corrosif qui creuse l'âme.

Vraiment très beau!!!

Posté(e)

Un portrait saisissant de la mélancolie comme compagnonne parasite et dévorante.

La violence des images, habituelle chez toi, du "chien galeux" au "rire gras" , donne à cette solitude une présence presque charnelle, terriblement fidèle. Une descente lucide et sans concession aux enfers de l'intime.


Posté(e)

Quel plaisir de retrouver la puissance de vos vers Eathanor ! Quelle cruauté que cette vie intérieure ! Mais quelle richesse aussi pour créer ces vers qui font résonance.

Posté(e)

Une autopsie à vif de cette solitude carnassière, mais qui peut aussi être un rempart contre la cruauté.

Impossible de ressortir indemne d'une telle lecture. La solitude est responsable d'un décès toutes 36 secondes 🥺

Posté(e)
Le 27/09/2025 à 17:21, Eathanor a écrit :

Sans prévenir, elle s'installe, parasite ricanant dans la poitrine.

Ne cessant de la chasser, elle revient, suçant la moelle des heures.

Elle ne console pas ; elle mâche des souvenirs et les recrache froid.

Certains l’appellent silence, ce triste chien galeux attaché à l’âme.

 

Elle grimace dans les miroirs quand on se croit encore entier.

Chaque sourire s’effondre, avalé par sa gueule de fer rouillé.

Elle dort dans les draps, respire à notre place, bâille au matin.

Même l’amour n’est qu’une plaisanterie qu’elle étrangle à mi-voix.

 

La solitude intérieure éclate en postillons sur le carrelage,

Répugnante bête famélique couchée sur le lit des pensées.

Elle grogne quand on rit, mord quand on croit aimer.

Sa fidélité n’a pas d’égal, car elle n’abandonne jamais.

 

On fuit, on boit, on baise, mais hélas, rien ne la fatigue jamais.

Elle revient plus lourde, vêtue de tabac froid et de renoncements.

Même l’art devient sa farce préférée ; elle crache dans l’encrier

Et elle a le rire gras d’un bouffon, tout de cendres maquillé.

 

Elle glousse d’un ricanement d’ivrogne quand on lui crache dessus.

La supplier de partir la fait ronronner comme une amante.

Elle porte le visage flétri de tous ceux qui s’éloignent.

Elle traîne la voix usée des absents qu’on n’entend jamais.

 

Lorsque nos rêves seront déjà en cendres, elle restera debout ;

Riant des tombeaux comme d’un mauvais spectacle de rue,

Buvant notre silence avec l’avidité d’un mendiant repu.

Notre toute dernière compagne quand tout le reste aura fui.

Ce poème déchirant me fait penser à Mr Brel : « aux goulots où l’on crève » ! Quelle férocité se dissimule derrière cette solitude et ce silence… vos images sont poignantes Eathanor et ce « bouffon de cendres » a réussi à m’en recouvrir 😉 très réussi et le mérite ne revient qu’à vous 💫

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Noir d'encre et néanmoins véridique. Car ce parasite aura le dernier mot. Et cependant, Guillaume, vous la mouchez, cette solitude, à coups de plume incisifs et hauts en images. Ce qui permet de rire... du bouffon! Rien de plus que les cendres de notre vanité.

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