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Lagarde et Michard

Featured Replies

Posté(e)

J’aimerais retrouver mon « Lagarde et Michard »…
Je ne l’invente pas cela paraît trop beau :
Jadis, fus collégien à Pierre de Ronsard
Quand j’habitais, alors, la rue Arthur Rimbaud…

 

Je craignais la dictée, la science, la leçon
Apathique, parfois, dans mes humeurs paisibles,
Les maths, langage abscond, en moi, contrefaçon,
Ficelaient mon cerveau de nœuds incoercibles.

 

Si lourds, en mon cartable emplit de théorèmes,
Thalès et Pythagore, Euclide ou Archimède,
Harassaient mon esprit d’impossibles problèmes,
Autant que la grammaire infâme des sieurs Bled.

 

À la récréation j’errais en solitaire,
Je n’aimais pas le foot et l’on m’en cherchait noise,
Maladroit, rondouillard en la classe grégaire,
Inquiet, le plus souvent, dans sa torpeur sournoise.

 

Ce qui me consolait dans ces tiédeurs malignes
Où l’enfance subit, résignée, tant de maux,
C’était cette musique en chaque bout de lignes,
Rimes appareillées enluminant les mots.

 

Ce n’était pas le goût de la littérature,
Non plus qu’amour du livre, ou l’art, ou l’émotion…
J’y contemplais le beau, ainsi qu’en la nature,
Comme une aube tracée, calme, sur l’horizon.

 

Je me souviens encor du « lai du chèvrefeuille »
Et Charles d’Orléans, Villon et ses pendus,
« Oh, rage, Oh désespoir », « le temps qu’arbre défeuille »
Tant d’échos retrouvés, dès lors jamais perdus…

 

Que furent Lagarde et Michard ? Doctes, chenus ?
Concierges de ce temple, aimables pantouflards ?
Maître savants, vieux et ridés, chauves, barbus,
Piliers d’Académie confits par les beaux-arts ?

 

Quoi qu’il en soit, messieurs, ce livre est mon doux spectre,
Triste, je feuilletais souvent votre manuel
J’y découvrais ma joie, vous l’aviez su transmettre
En ces pages le monde semblait moins cruel.

 

juillet 2010

Posté(e)

Excellent !

"En ces pages le monde semblait moins cruel." 

je suis bien d'accord.

 

Posté(e)
  • Administrateur

Voilà un bien bel hommage à ce manuel qui fut, comme pour bien d'autres, le fidèle compagnon de mon ennui. Je me souviens de ces moments perdus, bien souvent lors des cours de mathématique, où je feuilletais l'air de rien mon Lagarde et Michard  pour mieux oublier la folle sarabande des chiffres.

 

Petite madeleine de Proust visuelle 🙂 

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Posté(e)

Je n'étais donc pas le seul à fuir l'ennui des cours de maths en comptant les syllabes par douze... vive l'arithmétique des mots ! Cela fait des poètes une sympathique confrérie de fugueurs d'enfance.

Posté(e)
  • Correcteur

Comme je me reconnais moi aussi dans ce poème...

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