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Accents poétiques

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La messe du perroquet

Featured Replies

Posté(e)
  • Administrateur

Avant de sonner l'Angélus, un clocher veille à décliner son genre.

Là-haut, le soleil distribue avec soin des badges de lumière inclusive.

Les grenouilles apeurées boycottent les mares jugées oppressives,

Condamnant l’écorce au tribunal vert pour hébergement d’insectes.

 

Que la syntaxe soit sommée de se repentir pour son élitisme latent !

Chaque mot doit être stérilisé dans la sainte autoclave citoyenne.

Que les idées s’excusent d’avoir osé songer sans consentement !

Chaque berceau est scanné pour infraction potentielle au vivre-ensemble.

 

Au nom du vertige collectif, les funambules sont interdits d'équilibre.

Les silences s’habillent de gris pour ne pas heurter l’arc-en-ciel.

Les boussoles s'accusent de ne plus vouloir pointer vers le Nord

Et le temps recule prudemment afin de ne pas offenser l’avenir.

 

Pendant que les statues de sucre fondent dans les rues indignées,

Des doigts gantés distribuent des baisers éthiques sous scellés.

Le ciel, pudique, pixelise les nuages aux paréidolies trop suggestives

Sous lesquelles les pigeons tiennent un colloque sur l'éthique de la fiente.

 

C'est là qu'un homme, cambré sous le poids de tant de certitudes,

S'injecte sa dose quotidienne d’accord tacite en monodose recyclable.

Il rêve de hurlements mais sa gorge n'est plus qu'une boîte à lettres

Où ses paroles, non délivrées, reviennent avec l’estampille de la haine.

 

Il tente bien un sourire mais le sarcasme s'étrangle dans ses dents.

Alors, de dépit, il mâche des aphorismes jusqu’à l’extinction du sens,

Les virgules font la queue pour demander l’autorisation d’exister,

Ne laissant que le mutisme comme ultime blasphème autorisé.

 

Il ose alors parler à sa plante ; elle le dénonce au conseil de quartier.

Effrayé, il éternue un nuage de germes qui devient preuve de fascisme.

Il pense, erreur fatale, et cette unique pensée l’attaque en justice.

Alors il cesse d’être pour ne pas heurter l’être.

 

Et l’homme, ce vieux fou, est abattu par un panneau de signalisation.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le goulag est partout et les yeux sont multiples !

Un poème engagé convaincant et bien écrit !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Vive la liberté de penser !

J'ai aimé ce beau plaidoyer pour la liberté, @Eathanor

Moi qui faisais encore confiance à mes plantes... , je vais devoir me méfier.😁

Modifié par Sophie

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Quel verbe cinglant qui se nie sans rien perdre de son efficience! Les temps sont à la réaction civique et en même temps au dégoût. Seuls les héros résistent!

Posté(e)

Toujours beaucoup de noirceur, mais avec un petit changement de registre perceptible.

Ce poème est une messe noire de l'époque, une liturgie satirique où le langage lui-même est sommé de se repentir.

L’humour y est acide comme un fruit défendu, et l’absurde devient l’unique langage encore capable de décrire un monde où penser est déjà un crime de lèse-collectif.

L’homme qui ose parler à sa plante et se fait abattre par un panneau de signalisation est une allégorie sublime : la société liquéfie l’individu jusqu’à ce que même le silence devienne un blasphème.

C’est une fable cruelle, écrite non pas avec de l’encre, mais avec des cendres ; c'est saisissant !


Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un tableau aux images fortes d’un monde qui ne sait où il va…

Posté(e)
Il y a 18 heures, Eathanor a écrit :

Au nom du vertige collectif, les funambules sont interdits d'équilibre.

Les silences s’habillent de gris pour ne pas heurter l’arc-en-ciel.

Les boussoles s'accusent de ne plus vouloir pointer vers le Nord

Et le temps recule prudemment afin de ne pas offenser l’avenir.

 

Un poème écrit en écho rageux et désabusé aux temps orageux, incertains et anxyogènes que nos traversons cahin caha.

Une plume trempée dans l'acide satirique.

Posté(e)

Un pamphlet poétique jouissif autant qu'époustouflant qui devient une arme de dénonciation de la censure .

Une performance magistrale et incisive 👋

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Dans un monde alternatif tout est possible, même l’absurdité la plus cruelle ou simplement absurde. Ces vers donnent le vertige qui fait craindre la folie ou l’oppression finale :

Le 10/09/2025 à 16:53, Eathanor a écrit :

Et l’homme, ce vieux fou, est abattu par un panneau de signalisation

Posté(e)

Une vision noire d'un monde oppressant où toute liberté d'être et de penser, hors des limites étroites d'une pensée formatée, est étouffée. C'est délicieusement raconté et prête même à sourire, malgré le pessimisme radical qui s'en dégage. Et le titre ne manque pas d'humour non plus !😅

Modifié par Estérina

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