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L'église abandonnée

Featured Replies

Posté(e)

Un sentier déserté blâme un piton rocheux,

Aux ronces endeuillées verrouillant les vestiges

D’une église sans nom pour les mornes faucheux

A l’abri d’un vieux temps recouvert de voliges.

 

Le toit qui a souffert, clocher au trou béant,

Son œil inquisiteur dont on perçoit l’outrage,

Epouvantable à voir, peuplé de mauvais vents,

La nuit des hérésies sévit sous les orages.

 

Des fantômes chenus feuilletant leur missel,

Des travées calcinées s’affairent en prière ;

A l’aube ont-ils orné ce qui fut un autel

Qui arbore des fleurs à son manteau de lierre ?

 

L’austère crucifix rogné par les hivers

Gît parmi les gravats garnis de tuiles roses ;

Soudain, un rayon vif ranime l’ombre et l’air,

Le chœur marmoréen resplendit portes closes.

 

La chapelle éventrée, cloaque aux mousquets noirs,

S’effondre en exhumant les plaies d’une bataille ;

Odeur de lazaret ! ô lugubre encensoir !

Quel secret cœur coulant saigne encor vos murailles ?

 

L’abside est habitée par l’intrigue et l’orant.

Mais qui bourdonne ainsi de frêles messes basses ?

Va-t-on se confesser dans l’antre des tourments ?

Non, ce n’est qu’une abeille à l’heure où l’ange passe.

 

En pénétrant ces lieux lézardés de frissons,

J’ai vu tous ces tombeaux, cette assemblée immense,

Villageois endormis dans l’espoir d’un pardon

Autour des corbeaux noirs quêtant pour le silence.

 

Quand arrive l’été par quadriges de foin,

La colline festoie d’une euphonie divine,

Renaît la sacristie parfumant avec soin

Pour quelques hirondeaux les laudes opalines.

 

Un jour, j’irai prier entre ortie et chardon

Sous la vierge de bois pourrissant plus charnelle ;

Ô noble moisissure ! oblats et charançons

Chanteront à nouveau vêtus d’aube irréelle !

 

Puis je me coucherai agape du mois d’août

Près d’un jeune figuier venu chercher l’ascèse,

Son unique fruit mûr aura le jus, le goût,

De tes baisers mourants sur l’horizon de braise.

 

Modifié par Eathanor
Mise en page

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un périple émouvant dans une église proche mais lointaine.

Un jour, c'est certain, nous serons tous là, dans le temple du Monde, à méditer sur nos amours passées...

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une église délabrée sur un piton rocheux, qui dit aussi l’abandon des villages, un endroit idéal de retraite et d’ascèse.

Modifié par Jeep

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Grandiose, cette évocation de ruines mystiques au fond des bois. Une plume parfaitement maîtrisée les fait rayonner d'un charme morbide que, finalement, tu surmontes avec élégance, liant vestiges et mémoire du cœur. Sans oublier le corps, que l'ascèse rend modeste mais ne nie pas. 💫

Modifié par Thy Jeanin

Posté(e)
Il y a 11 heures, Frédéric Cogno a écrit :

Un sentier déserté blâme un piton rocheux,

Aux ronces endeuillées verrouillant les vestiges

D’une église sans nom pour les mornes faucheux

A l’abri d’un vieux temps recouvert de voliges.

 

Le toit qui a souffert, clocher au trou béant,

Son œil inquisiteur dont on perçoit l’outrage,

Epouvantable à voir, peuplé de mauvais vents,

La nuit des hérésies sévit sous les orages.

 

Des fantômes chenus feuilletant leur missel,

Des travées calcinées s’affairent en prière ;

A l’aube ont-ils orné ce qui fut un autel

Qui arbore des fleurs à son manteau de lierre ?

 

L’austère crucifix rogné par les hivers

Gît parmi les gravats garnis de tuiles roses ;

Soudain, un rayon vif ranime l’ombre et l’air,

Le chœur marmoréen resplendit portes closes.

 

La chapelle éventrée, cloaque aux mousquets noirs,

S’effondre en exhumant les plaies d’une bataille ;

Odeur de lazaret ! ô lugubre encensoir !

Quel secret cœur coulant saigne encor vos murailles ?

 

L’abside est habitée par l’intrigue et l’orant.

Mais qui bourdonne ainsi de frêles messes basses ?

Va-t-on se confesser dans l’antre des tourments ?

Non, ce n’est qu’une abeille à l’heure où l’ange passe.

 

En pénétrant ces lieux lézardés de frissons,

J’ai vu tous ces tombeaux, cette assemblée immense,

Villageois endormis dans l’espoir d’un pardon

Autour des corbeaux noirs quêtant pour le silence.

 

Quand arrive l’été par quadriges de foin,

La colline festoie d’une euphonie divine,

Renaît la sacristie parfumant avec soin

Pour quelques hirondeaux les laudes opalines.

 

Un jour, j’irai prier entre ortie et chardon

Sous la vierge de bois pourrissant plus charnelle ;

Ô noble moisissure ! oblats et charançons

Chanteront à nouveau vêtus d’aube irréelle !

 

Puis je me coucherai agape du mois d’août

Près d’un jeune figuier venu chercher l’ascèse,

Son unique fruit mûr aura le jus, le goût,

De tes baisers mourants sur l’horizon de braise.

 

Excellent ! Du raffinement poétique à l’humour, l’esprit et son œil avisé autant que sa verve sont là et font renaître de ses cendres cette vieille église « ressuscitée »

Bravo vraiment 💫

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Il y a 20 heures, Frédéric Cogno a écrit :

Des fantômes chenus feuilletant leur missel,

Des travées calcinées s’affairent en prière ;

A l’aube ont-ils orné ce qui fut un autel

Qui arbore des fleurs à son manteau de lierre ?

Il y a 20 heures, Frédéric Cogno a écrit :

Quand arrive l’été par quadriges de foin,

La colline festoie d’une euphonie divine,

Renaît la sacristie parfumant avec soin

Pour quelques hirondeaux les laudes opalines.

Magnifique poème dont ces deux quatrains sont de purs joyaux @Frédéric Cogno

Posté(e)

Ton poème est une élégie baroque et sensuelle qui explore la ruine non comme une fin, mais comme le lieu d'une renaissance spirituelle paradoxale.

La chapelle effondrée devient le cadre où le divin, chassé par les hommes et le temps, se réfugie dans les éléments naturels, créant une religion parallèle, mélancolique et profondément touchante.

Et toujours ces mots d'une élégance rare qui sont un bonheur à savourer !




Posté(e)

Très belle évocation aux parfums de mélancolie :

"Le toit qui a souffert, clocher au trou béant

Son œil inquisiteur dont on perçoit l’outrage,

Epouvantable à voir, peuplé de mauvais vents,

La nuit des hérésies sévit sous les orages".

Posté(e)
  • Administrateur

Magnifique poème au souffle lyrique où nous pouvons sentir ton amour du mot juste pour nous peindre une fresque avec une palette sombre et mystique voir même gothique. Au final, un voyage réussi dans une église délabrée où chaque pierre est mémoire et prière.

Posté(e)

Une atmosphère mystique et gothique qui rend ces lieux envoûtants .

Superbement imagé et magistralement poétique !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Les pierres cèlent tant de secrets. Cette église abandonnée a su éveiller l'imaginaire du poète et son âme vit...

Le final est superbe, @Frédéric Cogno

Posté(e)

Un texte très réussi puisqu'il nous plonge au coeur même d'une église dévastée car abandonnée qui symbolise bien la déchéance de notre religion. Sa description est intense. Mais l'espoir naît en fin du poème comme si malgré tout la foi était toujours en l'Homme.

Modifié par Jean Luc

  • 4 mois plus tard...
Posté(e)

Que tu écrives sur une église ou un cimetière, ton inspiration est toujours présente pour notre plus grand bonheur. @Frédéric Cogno tu es un vrai poète, c'est indéniable. Ton écriture est détaillée, si bien que lorsqu'on lit ce texte on a l'impression d'y être, merci pour ces voyages...

Bravo 👍

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