Aller au contenu
View in the app

A better way to browse. Learn more.

Accents poétiques

A full-screen app on your home screen with push notifications, badges and more.

To install this app on iOS and iPadOS
  1. Tap the Share icon in Safari
  2. Scroll the menu and tap Add to Home Screen.
  3. Tap Add in the top-right corner.
To install this app on Android
  1. Tap the 3-dot menu (⋮) in the top-right corner of the browser.
  2. Tap Add to Home screen or Install app.
  3. Confirm by tapping Install.

Sur la frontière

Featured Replies

Posté(e)
  • Administrateur

Savons-nous que nous marchons sur une ligne que nul ne trace ?

Entre deux respirations, notre ombre dérape dans la lumière.

Nous regardons l’aube, blessure béante qui hésite à se refermer.

Pensant avancer, chaque pas nous enfonce dans le ventre du monde.

Ce que nous savons,

Ce sont ces matins qui dévorent ceux qui osent les croire bleus.

Voyons-nous ces pierres, gardiennes des visages effacés de nos aïeux ?

À trop ouvrir les yeux, le vent risquerait bien de venir s’y installer.

Ici, le silence pèse plus lourd que les promesses avortées des prières.

Inutile de chercher une clef qui se brise dès qu’une main la touche.

Ce que nous voyons,

Ce sont ces sentiers qui ne mènent nulle part où revenir sans cesse.

Entendons-nous ces oiseaux chanter des chemins qui n’existent pas?

En vérité, ils ne chantent pas ; ils grattent l’horizon d'une patte fébrile.

Certains nous connaissent, leur bec picorant les saisons dans nos thorax.

Mais derrière, rien. Sauf peut-être un enfant assis dans notre mémoire.

Ce que nous entendons,

Ce sont ces soupirs omis nés dans le revers des paupières.

Regardons-nous la mer, cette menteuse qui jamais n'a su consoler?

Ses vagues caressent les exilés pour mieux les renvoyer au sel.

Une voix nous parle mais s'efface dans le sable des questions lentes.

Elle trace nos territoires sans connaître ce qu’il s'y trouve derrière.

Ce que nous regardons,

Ce sont ces miroirs à retourner pour recracher nos illusions.

Toujours, la frontière restera cette main posée sur notre épaule,

Celle qui ne retient pas mais désigne ce que l’on refuse de voir.

Un jour, peut-être, nous saurons nous arrêter, mais jamais ici.

Car ici, tout recommence sans cesse. Et nous recommençons avec.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un monde aux illusions sans cesse recommencées...

Mais nous feignons d'y croire, c'est la seule solution pour nous éviter de marcher au plafond.

Posté(e)

Marcher sur la ligne si mince qui sépare le réel de l'imaginaire.

Très beau poème.

Posté(e)

Je suis très impressionnée par l'évolution de ton écriture ; elle reste dans le noir, surtout dans la perception trompeuse d'images, cependant,  il n'y a pas de colère, mais une lucidité grave et presque mélancolique.

La "frontière" n'est pas une barrière extérieure, mais "cette main posée sur notre épaule" qui nous force à voir ce que nous fuyons. 

Chaque sens est convoqué (savoir, voir, entendre, regarder) et chaque fois, il est trahi.

Le monde n'est pas ce qu'il semble être (la mer est une "menteuse", les oiseaux "ne chantent pas", les matins "dévorent"). Le poème explore l'écart entre notre perception et une réalité plus crue, plus vide, mais peut-être plus authentique.

"Là où d’autres écrivent pour danser, j’écris pour creuser."

A mesure que je te lis, que j'entre plus profondément dans ton univers, j'ai le sentiment de mieux te comprendre, tu dévoiles davantage de choses ... peut-être je lis mieux ..?




Posté(e)
  • Semeur d’échos

Car ici, tout recommence sans cesse. Et nous recommençons avec.

Je songe à tous les grands mythes , celui de Prométhée et celui de Sisyphe.

Des vers si profonds, intenses sur l'existence, son sens...

Entendons-nous ces oiseaux chanter des chemins qui n’existent pas?

En vérité, ils ne chantent pas ; ils grattent l’horizon d'une patte fébrile.

Certains nous connaissent, leur bec picorant les saisons dans nos thorax.

Mais derrière, rien. Sauf peut-être un enfant assis dans notre mémoire.

Ces métaphores sur les oiseaux m'ont touchée, @Eathanor

Il y a tant de désillusion dans ces vers.

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Il y a 6 heures, Eathanor a écrit :

Toujours, la frontière restera cette main posée sur notre épaule,

Un vers qui incite à découvrir l’au delà de cette frontière qui n’a peut-être pas de serrure …

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le poème se tient sur la frontière des illusions perdues et ses désenchantements multiples paradoxalement nous enchantent, tant leurs images expriment magnifiquement un pessimisme délibéré, mais royal.

Modifié par Jeep

Posté(e)

Tout comme @Joailes , je note cette évolution dans ton écriture . Une vision plus philosophique du monde et de la vie, avec un petit début de résilience peut-être, une condition essentielle pour se désencombrer de ce qui pèse. Certes les chemins restent semés d'embûches et de leurres, les mécanismes mentaux qui déforment et noircissent la réalité sont toujours présents, et l'état actuel du monde, des sociétés proches d'un effondrement prévisible mais jamais anticipé ne nous aide en rien dans un processus de construction pour les uns et de reconstruction pour les autres.

La symbolique de la frontière est forte. La frontière mentale et la frontière physique. Toutes deux lieux de tension, espaces de discontinuité mais aussi de protection, de médiation, de négociation et d'introspection par le processus de confrontation à soi-même, aux autres et plus largement au monde.

Et il y a cet enfant, image qui me touche tout particulièrement, dans sa fragilité et son innocence, qui interroge sur notre difficulté à faire le deuil d'une certaine pureté d'âme. C'est l'enfant intérieur qui demande à avancer, à mûrir mais voilà, il est assis, il n'est pas en mouvement, la vitalité propre à la jeunesse est ici absente, c'est un enfant dans l'attente ou dans la crainte peut-être.

Ton texte est d'une grande et belle profondeur, j'aurais encore beaucoup à dire !

Merci @Eathanor pour cette lecture touchante et dense 😊

Posté(e)

Les frontières tuent, ce sont des armes de destruction massive, votre belle méditation nous renvoient à nos limites qui trop souvent nous empêche d'aller vers celui qui est hors frontière...

Posté(e)

Laissons-nous guider par ces images sans tenter de les décrypter. Restons dans le mystère de l'ineffable

Posté(e)

Curieusement, je vais être sincère avec vous et sans vous offenser, sans passer la frontière ou même en la franchissant, je me sens complètement étranger devant votre texte. En revanche votre quête est salutaire.

Je me réjouis cependant qu'elle puisse parler à certains.

Posté(e)

Une vision noire et lucide de notre monde sur la manière dont on le voit. Un texte profond qui préfigure j'en suis certain un renouveau dans votre oeuvre. Au plaisir de vous lire encore.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Recherche intéressante sur une forme qui pourrait être celle d'un sermon, avec ses effets rhétoriques. Le sujet est abordé dans sa dimension politique mais la dépasse pour conduire à la philosophie. Pris dans cet argumentaire, on a envie de poser en conclusion la question: où? Où briser le cercle vicieux, si ce n'est pas ici. dans cette actualité dystopique? Poème engagé au verbe percutant, nourri d'images somptueuse (j'aime particulièrement celle de la clef qui se brise dès qu'on la touche).

Account

Navigation

Configure browser push notifications

Chrome (Android)
  1. Tap the lock icon next to the address bar.
  2. Tap Permissions → Notifications.
  3. Adjust your preference.
Chrome (Desktop)
  1. Click the padlock icon in the address bar.
  2. Select Site settings.
  3. Find Notifications and adjust your preference.