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Là eussent-dû être des roses *

Featured Replies

Posté(e)

Là eussent-dû être des roses *

C’était poussière d’astre

entre les pages de l’Altaï

où les mots délivraient

leur chemin d’ombres

ou peut-être la pluie blottie

dans les nuages blancs

je voyageais dans la main

allongé sur le sable

et mon rêve glissait de ton bras

quand au vent du Levant

fleurissait Canaan de mon sang

j’imprimais dans la soie de la dune

le galbe de mon sein

une pierre dans le dos

tandis que sur là-bas tombait la neige

el último aliento

Son suaire couvrait le ciel

le train du monde filait l’ubac

sur la face cachée de l’ivresse

les pèlerins remontaient

les exuvies de leur puits

j’étais le pourpre déchiré de la fleur

dans la faille crépusculaire du basalte

je voyais rentrer les cristaux de ma tête

et devenais plain-chant des liturgies de la lune

le corps penché sur les eaux

j’ouvrai la porte des chevreuils boisés de bleu

sur le sommeil des cygnes

et les draps de l’exil

les tessons de ma voix poursuivaient sur le piano

des gonfanons de tourments

J’étais les fragments recomposés du vitrail

j’étais l’amour pour toi

et le château des cartes délirantes

je revenais des combats perdus de la nuit

où personne ne fut ennobli

j’étais la chrysalide frémissante de l’aube

j’étais la rosée répandue sur ta peau

l’agneau qui lampe le rai du matin

et le loup qui le lèche à sa faim

et me voilà le chant des vignes

plantées dans le cœur glacé de l’avenir

les dieux ne souffrent plus d’être aimés


Entre pierres et panicauts

sur la steppe feutrée de galops diaphanes

dans la touffeur et le souffle doré des redons

entre esprits et matières

j’ai creusé dans la lumière pour Prâna

ma sœur chérie et morte lointaine fontaine

une sépulture où logera ma mémoire

et gravé dans ma chair le carrare de ce ciel


Je suis le creux tari de ma main

je suis un chemin barbare dans la colonne du monde

je suis la ligne usée des départs

la blessure de l’orage

le tonnerre sur sa proie


Sur les cartes que j’ai tant brouillées

Je suis ton nom

je suis ta bouche des liqueurs anciennes

je vais le vain désir de la treille solaire

l’agrume pressé de douleur

je suis le phénix de tes hôtes

tatoué au flanc radieux des transhumances

le maestro des flamboyantes solitudes

les tables renversées des argonautes

je suis l’étincelle divine de la joie

J’aime toi

je les aime

je suis…

je suis le sel sur l’océan


* titre emprunté à Jens Peter Jacobsen

Modifié par O Salto

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un voyage imaginaire lors duquel le poète s’identifie à beaucoup de choses disparates. Ainsi va la poésie.

Posté(e)
  • Administrateur

Une sorte de poème-monde de toute beauté dans lequel chaque image ouvre sur une autre comme un vitrail changeant sous la lumière. Les registres se mêlent – la mémoire, le deuil, la sensualité, le sacré – dans une langue à la fois intense et fragile. Un très joli travail O Salto.

Posté(e)

Ce poème est une traversée des émotions humaines, un chant à la fois désespéré et lumineux.

Il parle de ce qui aurait dû être les roses absentes, de ce qui a été les combats, l’exil, et de ce qui demeure malgré tout : l’Amour, la mémoire, et cette « étincelle divine de la joie » qui persiste dans les ruines.

En un mot : un vertige baroque où la douleur et la beauté se répondent, comme un vitrail brisé qui recompose la lumière. C'est sublime.


Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un très beau poème en vers libre, constellation vibrante d'images et d'émotions intenses !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un si bel univers, si différent et où les lisières se dissolvent... @O Salto

Tout est vécu si intensément, au coeur de l'essence des choses.

Posté(e)

Un poème magnifique et troublant qui distille tout un éventail d'images subtiles et envoûtantes, empreint d'une mélancolie nostalgique et de sentiments et sensations riches et contrastées, une très belle et mystérieuse errance que vous nous offrez là, vraiment.

Posté(e)
Le 15/08/2025 à 12:55, O Salto a écrit :

le train du monde filait l’ubac

Pour ne citer que celui-là.... L'impression d'une âme multi séculaire vitrifiée et pulvérisée dont chaque tesson est un reflet de ton univers. Toujours la Grâce cher ami.

Bravo.

Modifié par Frédéric Cogno

Posté(e)

L'Errance !

Magnifiquement erratique !

Posté(e)

Chaque mot est une montagne, un corps étranger et pourtant si familier; le dos bossu, les vieilles peaux sur la poutre des yeux, une musique du lointain toujours dans la tête et sur les touches, une bataille sans carte, ivre de vignes.

Un poème vivant.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Légèreté et multiplicité de l'être, tel un Protée existentiel dans un monde riche d'images sublimes!

Posté(e)
  • Auteur

Pendant ce temps là


Ici voiles blanches, et spi tendre vert,

eaux et ciel bleu, collines vertes, granite ;

carte postale ancienne, polychrome !

des moteurs, et remous au rivage ;

mais de qui cette image banale ?


Prairie abandonnée, savane oxygénée,

le son des sarbacanes solaires,

et les arbres couchés dans la frayère ;

les amants rouge et bleu cheminent

en se tenant la main.


Les sapins blancs ombrent les petits,

l’acier encadre de vieux cairns,

une toile claque sur tribord et vire ;

des promeneurs trouvent ça moche ! Je note !

un hors-bord soulève des femmes de vent !


Sur un canapé bleu deux gars pagayent

pour une fille au chapeau blanc !

hommes, femmes halent ballants,

ne regardent pas, ni bonjour ni bonsoir,

des chiens, deux, trois… ma gueule de métèque !


Un rocher au bord de l’eau, une sirène…

Copenhague, les fjords de l’arctique…

que c’est loin ces 20 ans !

l’écheveau des cirrus ; un galet, je ramasse,

ici un jour un cheval buvait, pour toi…


Une pause au château, mais quoi ?

les familles s’étendent sous les parasols

j’aurais volontiers dormi sous le tilleul !

j’ai perdu mon... ma… je vais rentrer !

je viens d’apprendre pour Marc Hiver…


Vous êtes passés, et je n’étais plus là ;

Je vous embrasse…


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