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Le noble dormeur

Featured Replies

Posté(e)

Dans la crypte d'orgueil de marbre et de dorure,

De piliers colossaux porteurs d'arcs triomphaux,

Au milieu un cercueil aux latines gravures,

Autour des vitraux noirs aux images de faux.


A la tombée des nuits, un dormeur à l'air noble,

Tout habillé de soie d'un peignoir évasé,

Aux yeux carmin cernés sur son visage ignoble,

Se dresse seul d'un coup, droit et les bras croisés.


Il se meut mais sans pas, lévite comme l'ombre,

Son servant apporte ses atours luxueux,

L'habille en vêtement, plus noir que la pénombre,

Avisant l'agenda de ses soirs fastueux.


Flanelle de velours, des jabots et des chausses,

Anneaux et ornements, des rubis, des saphirs,

Et pour sembler vivant du fard aux joues des fosses,

un voile de parfum, la bise du zéphyr.


Pour le petit diner, le meilleur millésime

Est tiré des celliers de cave à vin de sang,

Hormones, minéraux, nutriments et enzymes,

Raffinés des sarments des humains innocents.


Ensuite, il attend, en faisant chanter l'orgue

Un triste requiem en hommage à la mort.

Il attend au manoir, en toisant fier et morgue,

Le miroir interdit moquant sa malemort.


Seul ou non, il attend, avec ses camarades,

Dans de très longs banquets où les plats frétillants

Supplient d'être épargnés, taire la mascarade

Des corps endimanchés, macchabés sémillants.


Et surtout, il attend, riche au-delà des songes,

Que son temps infini consume en vanité,

L'outrance de sa vie autant que se prolonge, 

La joie de quelques-uns contre l'humanité.


À l'aube de l'aube, sur le toit du palace,

Il forme un sourire aux canines acérées,

En voyant s'éveiller la vile populace,

Dans un cauchemar sourd, dehors incarcéré.


« Pourtant, ce sont les gueux, qui possèdent la terre,

Mais d'habiles charmes savent bien les tromper,

Où sont torches, fourches ? Ils vont sans caractère,

Et pour leur lâcheté, méritent de ramper ! »

Modifié par Ozymandias

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le luxe effréné de ces princes d'outremonde est inspiré par le mépris et la parfaite inhumanité, vous l'énoncez finement..

Un poème (miroir et satire de notre temps ? Ce pourrait être le cas) aux détails frappants, à la vive intensité.

Tout, ce triste tout, peut être résumé par ce beau vers antithétique : "La joie de quelques-uns contre l'humanité".

Modifié par Alba

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un noble vampire qui, après avoir dîné avec ses semblables, montre bien ses tendances de droite aristocratique en rendant les gueux responsables de leur état, puisqu’  « Ils vont sans caractère,

Et pour leur lâcheté, méritent de ramper ! ».

Petite remarque : l’antépénultième vers comporte treize syllabes.

Posté(e)

Une allégorie puissante, entre Baudelaire, pour l’atmosphère morbide, sensuelle, et Orwell pour le fond : dénonciation du pouvoir qui vampirise les masses.

 Poème à lire la nuit, avec un verre de ... sang, évidemment.

** Je crois que le verbe "mérite" mériterait bien un pluriel !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Seul ou non, il attend, avec ses camarades,

Dans de très longs banquets où les plats frétillants

Supplient d'être épargnés, taire la mascarade

Des corps endimanchés, macchabés sémillants.

Quelle abomination ! Un réalisme effrayant.

Et quelle médisance ! Les derniers vers sont cinglants.

Delà la mascarade, des vers à méditer.

Posté(e)
  • Administrateur

Votre plume prend visiblement plaisir à ciseler chaque vers comme une scène de cinéma baroque : couleurs, matières, odeurs, tout y est. Le “noble dormeur” est campé avec un mélange d’élégance et d’horreur assez fascinant. Les transitions vers la critique sociale en fin de poème ajoutent une profondeur inattendue : ce vampire n’est pas seulement une créature de fiction mais une métaphore du pouvoir cynique.

Posté(e)

Le pouvoir sait, il a fait les études, remerciez-moi plutôt de vous ôter la vie.

Un personnage aux dents aiguisées qui perd sa cape et son maquillage en fin de partie.

Modifié par Eobb
aiguisées avec un e

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Noble poème qui justifie l'horreur: les vivants n'ont que la monnaie de leur pièce. Beau rythme, belle façon.

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