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Le chant de conscience

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le chant de conscience

 

Ce fut un rêve étrange, - mais peut-on parler de rêve ? Un long tapis de sable déroulait ses beautés devant mes yeux lointains. Et cela se mouvait, ondulante nature à l’innombrable enfer. Le silence régnait, étrange défilé, royaume des muets. Était-ce avant, était-ce après l’Apocalypse ? Il fallait s’approcher.

À la surface de ces sables étranges, un tympanon léger semblait vibrer comme un tissu chatoyant aux ondes vibratiles. Les reflets d’un soleil dansant, invisible à l’œil nu, jouaient à cache-cache. Quelle était cette danse ? Une valse sans doute, épanouie d’abondance. Car cela rutilait, s’étouffait de bonheur, éructait dans la joie et bavait de plaisir.

Seigneur, mais quelle horreur ! De loin, tout semblait admirable. De près, la bête monstrueuse évoquait un immense estomac, vibrant de mille béatitudes. La famine ne le guettait pas. Mais de quoi se nourrissait donc cet organe d’absorption ?  De l’air du temps, sans doute. Je restai sans réponse.

Un lieu à fuir, alors. Mais comment y arriver ? Sans visage, dans l’ombre, vibrant comme un regard qui n’aurait pas d’ailleurs... La troisième dimension avait perdu ses ailes. Et tout restait figé, dans ce grand Tout muet que l’on ne voyait pas. Mais est-il vraiment nécessaire de voir pour croire ?

L’hiver semblait revenu. Il se faisait tard et mes yeux intérieurs voulaient trouver un monde qui leur plaise davantage. L’océan sablonneux resterait sans spectateur. Il s’en moquait, naturellement. Certains sont à eux-mêmes un merveilleux théâtre. Heureusement, une diversion se fit. Une mouette perdue, voletant dans le noir, apparut sans façon. Les ténèbres gouttaient sur sa robe emperlée.

Véritable prodige que cet oiseau sans frein, joli reflet du rien au sein du vide immense… La pénombre régnait, comme une vieille reine, écœurée d’exister, sur son trône un peu sale. Le volatile lui-même, dans son vol erratique, naviguait au radar. L’on eut dit une souris parfaitement chauve, allant à droite et puis à gauche, en fonction des courants, sans doute absents.

Toutefois, cet engin volant, un peu primitif, n’était pas dénué de toute utilité. Il guidait, à coup sûr, vers une porte béante. Tel un papillon stupide, son instinct indistinct l’emmenait vers une autre lumière. Une brume infinie emplit l’espace sans âme. Quel bonheur ! Ce fut enfin la fin.

C’était bien le moment de s’apaiser un peu, ou de rêver plus loin, dans cet ourlet sensible qui rapproche les temps. Je resserrais mes anneaux autour de moi, tels mille colliers de soie au fourreau de velours. Leur léger crissement reptilien emplit mon âme de joie. Et je soupirai d’aise. Bonne nuit des possibles à tous les désirants, qui poussent des clameurs dans la nuit rutilante !

 

FIN

Modifié par Alba

Posté(e)
  • Semeur d’échos

C'est très beau, Alba. Le titre est lui-même fabuleux.

Un voyage d'une belle densité, aux métaphores superbes, Alba.

À la surface de ces sables étranges, un tympanon léger semblait vibrer comme un tissu chatoyant aux ondes vibratiles. Les reflets d’un soleil dansant, invisible à l’œil nu, jouaient à cache-cache. Quelle était cette danse ? Une valse sans doute, épanouie d’abondance. Car cela rutilait, s’étouffait de bonheur, éructait dans la joie et bavait de plaisir.

Un monde merveilleux...mais hélas, les apparences sont trompeuses.

Il se faisait tard et mes yeux intérieurs voulaient trouver un monde qui leur plaise davantage.

Les yeux intérieurs, ne sont-ils pas ceux de l'âme ?

C’était bien le moment de s’apaiser un peu, ou de rêver plus loin, dans cet ourlet sensible qui rapproche les temps. Je resserrais mes anneaux autour de moi, tels mille colliers de soie au fourreau de velours. Leur léger crissement reptilien emplit mon âme de joie. Et je soupirai d’aise. Bonne nuit des possibles à tous les désirants, qui poussent des clameurs dans la nuit rutilante !

Mais, oui... La réponse est là. C'est magnifique !

Posté(e)

Ce texte, riche en contrastes, évoque une quête métaphysique dans un désert à la fois fascinant et répulsif.

L’apparition de la mouette, symbole de fragilité et d’espoir, introduit une échappée vers l’inconnu.

L’écriture, poétique et énigmatique, interroge la perception et la croyance, tout en jouant sur une atmosphère de fin du monde ou de renaissance.

Une prose hypnotique, entre cauchemar et émerveillement.

"C’était bien le moment de s’apaiser un peu, ou de rêver plus loin, dans cet ourlet sensible qui rapproche les temps."

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci pour avoir accompagné ma plume dans ce voyage intérieur, @Sophie et @Joailes ! La conscience humaine présente bien des mystères et ce texte à résonance surréaliste permet un peu de le mesurer.

Quand la plume rêve, les songes s'envolent...

Et nul besoin de cette I.A. qui fait hi-han !

( ͡^ ͜ʖ ͡^ )

Modifié par Alba

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Ton rêve t'a emportée vers le monde de Dune! Il faut du cran pour s'imaginer cet estomac béant, mais au fond, n'est-il pas le monde même? Bravo pour la chute! Inattendue. Mais au fait: fantastique, vous avez dit fantastique? Ou réalité métaphorisée?

Modifié par Thy Jeanin

Posté(e)
Le 10/08/2025 à 21:30, Alba a écrit :

Le chant de conscience

 

Ce fut un rêve étrange, - mais peut-on parler de rêve ? Un long tapis de sable déroulait ses beautés devant mes yeux lointains. Et cela se mouvait, ondulante nature à l’innombrable enfer. Le silence régnait, étrange défilé, royaume des muets. Était-ce avant, était-ce après l’Apocalypse ? Il fallait s’approcher.

À la surface de ces sables étranges, un tympanon léger semblait vibrer comme un tissu chatoyant aux ondes vibratiles. Les reflets d’un soleil dansant, invisible à l’œil nu, jouaient à cache-cache. Quelle était cette danse ? Une valse sans doute, épanouie d’abondance. Car cela rutilait, s’étouffait de bonheur, éructait dans la joie et bavait de plaisir.

Seigneur, mais quelle horreur ! De loin, tout semblait admirable. De près, la bête monstrueuse évoquait un immense estomac, vibrant de mille béatitudes. La famine ne le guettait pas. Mais de quoi se nourrissait donc cet organe d’absorption ?  De l’air du temps, sans doute. Je restai sans réponse.

Un lieu à fuir, alors. Mais comment y arriver ? Sans visage, dans l’ombre, vibrant comme un regard qui n’aurait pas d’ailleurs... La troisième dimension avait perdu ses ailes. Et tout restait figé, dans ce grand Tout muet que l’on ne voyait pas. Mais est-il vraiment nécessaire de voir pour croire ?

L’hiver semblait revenu. Il se faisait tard et mes yeux intérieurs voulaient trouver un monde qui leur plaise davantage. L’océan sablonneux resterait sans spectateur. Il s’en moquait, naturellement. Certains sont à eux-mêmes un merveilleux théâtre. Heureusement, une diversion se fit. Une mouette perdue, voletant dans le noir, apparut sans façon. Les ténèbres gouttaient sur sa robe emperlée.

Véritable prodige que cet oiseau sans frein, joli reflet du rien au sein du vide immense… La pénombre régnait, comme une vieille reine, écœurée d’exister, sur son trône un peu sale. Le volatile lui-même, dans son vol erratique, naviguait au radar. L’on eut dit une souris parfaitement chauve, allant à droite et puis à gauche, en fonction des courants, sans doute absents.

Toutefois, cet engin volant, un peu primitif, n’était pas dénué de toute utilité. Il guidait, à coup sûr, vers une porte béante. Tel un papillon stupide, son instinct indistinct l’emmenait vers une autre lumière. Une brume infinie emplit l’espace sans âme. Quel bonheur ! Ce fut enfin la fin.

C’était bien le moment de s’apaiser un peu, ou de rêver plus loin, dans cet ourlet sensible qui rapproche les temps. Je resserrais mes anneaux autour de moi, tels mille colliers de soie au fourreau de velours. Leur léger crissement reptilien emplit mon âme de joie. Et je soupirai d’aise. Bonne nuit des possibles à tous les désirants, qui poussent des clameurs dans la nuit rutilante !

 

FIN

« La pénombre régnait, comme une vieille reine, écœurée d’exister, sur son trône un peu sale. Le volatile lui-même, dans son vol erratique, naviguait au radar. L’on eut dit une souris parfaitement chauve, allant à droite et puis à gauche, en fonction des courants, sans doute absents. » cette nuit qui a une utilité révèle par sa nature inconsciente la fonction du rêve 😉 qui survole nos vies comme les « souris chauves » … j’ai tout aimé Alba : le fond , la forme, les mots, l’humour, le sens dans l’incohérence apparente du rêve, bravo et merci 💫

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci à vous pour vos lectures si élogieuses, @Thy Jeanin et @Nâau !

Une petite fantaisie au cœur d'un temps nonchalant...

Rêveries estivales d'une plume tendre et volatile.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le texte onirique et surréaliste, énigmatique à souhait, décrit un océan de sable vivant, fascinant puis monstrueux. La mouette fait diversion, mais inquiète. Elle conduit à une brume finale qui scelle la vision du narrateur et lui permet un repli dans une ultime étreinte de ses anneaux reptiliens, faisant douter de la nature humaine de ce dernier.

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