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Entre Mars et Vénus

Featured Replies

Posté(e)
  • Administrateur

En provenance d’un matin dont nul ne se rappelait,

De ces landes où les songes pourrissent lentement,

Avec le silence des premières terres tatoué sur sa peau,

Elle surgit. Nul ne savait qu’elle portait le requiem des siècles.

Elle marchait nue dans les failles d’un sépulcre martyrisé,

Des drapeaux sans vent collant à ses cuisses d’ombre.

Dans ses entrailles incandescentes tournoyait un œuf noir.

Se souvenait-elle encore du nom de sa propre chair ?

Des chiens de verre hurlaient à la cadence de ses pas,

Et des couteaux de fièvre dansaient dans son souffle.

Chaque battement de paupière façonnait des tumultes,

Et ses cils enflammaient la nuit d’un d’éclat, de fracas.

Dans le creux de son ventre gisaient des villes sans nom ;

Des incendies dormaient dans ses règles de cendre.

Elle tressait des épines autour de berceaux vides

Tout en nourrissant les aubes avec du sang coagulé.

Puis un homme la découvrit et crut voir un sanctuaire.

Il s’y agenouilla et l'embrassa tel devant une amante,

Or ses lèvres gercées devinrent un champ de bataille,

Puis ses mains tavelées furent brûlées par un sein en ruine.

Clouée aux reins du monde, elle ne donnait pas la vie.

Juste des pleurs sans corps fuyant entre ses jambes,

Dans ses hanches se brisaient des saisons de bombes,

Et l’amour s’échouait dans la pulpe meurtrie de sa matrice.

Car au fond de son utérus vibrait une forge obscure,

Là où elle portait le chaos comme d’autres, un enfant ;

Car il existe des femmes taillées au feu nu de la guerre,

Celles dont le sexe se ferme comme un piège à étoiles.

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Il y a 2 heures, Eathanor a écrit :

Nul ne savait qu’elle portait le requiem des siècles

Ce requiem des siècles est une expression qui résume magnifiquement ce poème…

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Des images d'une grande force pour un portrait déclinant toutes les nuances du noir.

Posté(e)

Une sémantique qui donne froid dans le dos. Une poésie qui dans un étau de chair transpire une sorte de maïeutique du désespoir.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une déesse-mère épouvantable qui donne naissance à un monde de terreur et un poète pour accoucher d’un texte puissant, délicieusement horrible ! De la grande poésie teintée d’un érotisme non déguisé.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

On dirait une déesse, celle de l'amour et de la guerre régentant le monde ou accouchant ce dernier.

Des métaphores sculptées dans la chair de la déesse d'une grande intensité, @Eathanor

Posté(e)

Ce poème déploie une imagerie violente et sombre, marquée par des métaphores saisissantes et un lyrisme brutal.

Me voilà bien dans l'univers Eathanoresque !

Les contrastes entre la nudité, la destruction et la maternité impossible créent une atmosphère à la fois mythique et désespérée. Le rythme heurté et les évocations de chaos (guerre, ruine, forge obscure) renforcent l'impression d'une souffrance incarnée, presque archétypale.

La langue, riche en symboles (l'œuf noir, les chiens de verre, les berceaux vides), suggère une allégorie de la violence et de la stérilité, sans jamais céder à la complaisance.

Une écriture puissante, à la limite du visionnaire ?

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Je rebondis et plussoie sur ce mot que vient d'employer Joailes: visionnaire. C'est tout à fait cela. Bravo. Ce personnage à la fois sublime et grotesque me fait penser à l'allégorie de la Liberté. Mais on pourrait penser aussi aux figures guerrières, ces déités grecques, Nikè la Victoire, ou pourquoi pas Athena elle-même. L'Utopie personnifiée, pour laquelle (quelle qu'elle soit) des hommes se battent? Toujours est-il que cette évocation a l'ampleur d'une fresque peu commune!

Posté(e)

Poème énigmatiquement beau.

Posté(e)

Tu nous plonges dans un univers fantasmagorique et traumatisant, cette chose mi-monstre mi-déesse suscite le plus grand effroi.

Transposé en peinture, cela serait redoutablement impressionnant 😉

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