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L'éther dans la gorge

Featured Replies

Posté(e)

Sans doute très inspiré par "élevation" de Charles Baudelaire (Les fleurs du mal), voici mon écriture du soir ...


Plus loin que les miroirs où se noient les vallées,
plus haut que les nuits folles aux gorges de goudron,
par-delà les soleils morts et leurs yeux ardents,
là où les comètes boivent l’ombre à même

mon souffle, tu dévores l’éther comme un fauve.


Toi, l’éclair sans ciel, la bave d’or brûlante,
creusant dans le vide un sillon d'amarantes,
avec au cœur un rire de métal froid.

Arrache-toi ! Fuis ces chairs de brouillard gris,
ce miel épais de l’heure qui colle aux tempes ;
plonge ! Que ta chute soit ascension franche,
et bois, ô gorge ouverte ! le lait noir des espaces.

Sous les lunes de plomb, les siècles étouffants,
heureux l’affamé dont les dents sont des ailes,
qui mord l’infini jusqu’aux moelles,
et s’enivre d’azur comme on crache du sang !

Celui dont le vertige est un chant sans parole,
qui comprend les planètes et les ressent
et fait l’amour au silence, ô presque fureur !
Avant de renaître en poussière d’étoile.

Heureux qui peut franchir d’un saut de géant
les cercles concentriques des mondes parallèles,
et goûter, les lèvres collées au goulot de l’espace,
l’alcool pur des étoiles filantes dans le ciel !

Celui dont le cœur bat au rythme des pulsars,
qui comprend le ballet muet des trous noirs dansants,
et dont le silence intérieur est si vaste
qu’il entend pousser l’herbe sur les planètes mortes.

(joailes -) 2 août 2025 - 22h 07


Modifié par Joailes

Posté(e)

Un Baudelaire revisité mais la même veine quand même qui ne me laisse pas indifférente.

Bravo @Joailes

Posté(e)
  • Semeur d’échos

La modernité des vers libres n’interdit pas de retrouver brillamment l’esprit de libération cosmique qui anime le poème de Baudelaire.

Posté(e)

Mieux qu'un pastiche, une rage de l'expression, un plaidoyer pour l'exaltation la plus folle, le surpassement et la transcendance à féconder d'autres antipodes dans la réflexion, dans ce qui fut, ce qui est et ce qui sera, et regagner au plus vite cette immense émulsion céleste en lui faisant l'amour pour des milliards d'années. C'est peut-être la mort et sa libération. Beau projet.

Fantastique Joailes.

Posté(e)
  • Administrateur

Je suis 😍 de ce poème, riche d’images puissantes. L’influence de Baudelaire est évidente, mais elle est ici revisitée par une énergie plus brute, presque hallucinée. Ta plume a été plus qu'inspirée pour nous pondre cela.

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Il y a 3 heures, Joailes a écrit :

Celui dont le vertige est un chant sans parole,
qui comprend les planètes et les ressent
et fait l’amour au silence, ô presque fureur !
Avant de renaître en poussière d’étoile.

Rien que pour ce quatrain de toute beauté 💥chère @Joailes

Posté(e)

Un beau texte avec de belles images.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un exemple d'"innutrition" poétique réussie, pour reprendre le terme d'Émile Faguet !

Une jolie et touchante lecture !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Très beau titre et quelle intensité dans ces vers, @Joailes

et dont le silence intérieur est si vaste
qu’il entend pousser l’herbe sur les planètes mortes.

Magnifique final...

Posté(e)
Le 02/08/2025 à 22:07, Joailes a écrit :

Sans doute très inspiré par "élevation" de Charles Baudelaire (Les fleurs du mal), voici mon écriture du soir ...


Plus loin que les miroirs où se noient les vallées,
plus haut que les nuits folles aux gorges de goudron,
par-delà les soleils morts et leurs yeux ardents,
là où les comètes boivent l’ombre à même

mon souffle, tu dévores l’éther comme un fauve.


Toi, l’éclair sans ciel, la bave d’or brûlante,
creusant dans le vide un sillon d'amarantes,
avec au cœur un rire de métal froid.

Arrache-toi ! Fuis ces chairs de brouillard gris,
ce miel épais de l’heure qui colle aux tempes ;
plonge ! Que ta chute soit ascension franche,
et bois, ô gorge ouverte ! le lait noir des espaces.

Sous les lunes de plomb, les siècles étouffants,
heureux l’affamé dont les dents sont des ailes,
qui mord l’infini jusqu’aux moelles,
et s’enivre d’azur comme on crache du sang !

Celui dont le vertige est un chant sans parole,
qui comprend les planètes et les ressent
et fait l’amour au silence, ô presque fureur !
Avant de renaître en poussière d’étoile.

Heureux qui peut franchir d’un saut de géant
les cercles concentriques des mondes parallèles,
et goûter, les lèvres collées au goulot de l’espace,
l’alcool pur des étoiles filantes dans le ciel !

Celui dont le cœur bat au rythme des pulsars,
qui comprend le ballet muet des trous noirs dansants,
et dont le silence intérieur est si vaste
qu’il entend pousser l’herbe sur les planètes mortes.

(joailes -) 2 août 2025 - 22h 07


Wouhou Joailes 🙌💫 j’aime imaginer être ce bienheureux 😉 tant tes mots m’emportent dans une spirale de joie 🙃 et « élévation » est l’un de mes poèmes préférés 🙏

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Echo magnifique de l'inspiration baudelairienne, un poème de haut vol qui atteint des sommets.

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