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Accents poétiques

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Les chairs moites

Featured Replies

Posté(e)
  • Administrateur

Sous la plaie mal fermée du désir, nos lambeaux d'étreintes suintent ;

Les draps s’imprègnent de gémissements tachés d’aigreurs anciennes.

Et nos souffles haletants courent telles des bêtes fendues par la touffeur ;

Ils lapent les ruines collantes de gestes mal alignés sur les nerfs cutanés.

Alors que nos coudes se collent dans la détresse humide du frottement,

Que l’amour devient cette fièvre ondulante qui poisse les tympans,

Que l’extase n'est plus qu'un mot raturé sous les aisselles ruisselantes.

Chacun de nos soupirs se meurt en crachat tiède entre les omoplates.

Voyant ta poitrine frémissante s’affaisser dans sa propre vapeur aigre,

De fines bulles d’épiderme la recouvrir avant de s'échouer sur tes pores,

Ma langue navigue à contre-goût sur les vives-eaux de l’écœurement

Tandis que nos corps s’émiettent dans cette moiteur en débord.

Entends-tu comme moi battre le vacarme poisseux de nos dermes ?

Que reste-t-il entre nos omoplates dénudées si ce n'est un goût de fer ?

Ta main n'est plus une caresse, juste un vague bruissement amnésique.

Des odeurs sans pudeur s'accrochent aux reins, consacrant l’abandon.

Les bras tressés d’épuisement pèsent comme des carcasses chaudes.

Quelque part, un lit grince d’un râle éreinté, saturé de peaux défaites.

Une bouche voudrait parler, mais rien ne sort, ni plainte ni passion,

Juste ce bruit gras, ce clapotement obscène des entrailles déchirées.

Sous nos ventres, rien n’a fleuri que des traînées de germes stériles,

Sur tes cuisses, juste un reste de lichen pâle, vibrant de moisissure.

Le plaisir s’est pendu aux draps, la langue bleue, figée dans le rictus.

Et nos sueurs s’égouttent encore, comme si le cadavre pouvait jouir.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

L'intimité charnelle évoquée sous l'angle terrible et accablant de la mort, de l'inutilité et du dérisoire.

Un poème sans concession, une condamnation sans appel, toute flamme s'est éteinte.

cf. "La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres".

S. Mallarmé.

Modifié par Alba

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le temps d’après l’amour qui ramène à la triste condition humaine et à sa vanité, dépression qui suit l'extase, angoisse de finitude, est décrit dans ce poème sous un jour particulièrement explicite dont on aime la complaisance.

Posté(e)

Ainsi beaux draps ! Chevaux emmêlés dans les filets en pièces : l’odeur accroche ses sabots à la richesse scripturale d’une vivante autopsie ! et les cheveux défaits des hommes à la mer je prends la place du père aux faîtes enneigées des solitudes ! Une sorte de désirante vomissure, un dégoût somptueux... qui ouvre sur l’envie d’être mort à la belle.

Quel travail !

Posté(e)

Poème dense qui magnifie le corps dans sa déliquescence.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Démolition en règle de l'acte d'amour. Les mots, les images sont de véritables instruments de désabusion (comme disait Nino Ferrer). J'admire l'art avec lequel se construit... la décomposition de la jouissance devenue déliquescence (même si je la conçois radicalement autre). Ce point de vue est pourtant justifié, a posteriori, ex vitae.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Serait-ce le triomphe de la mort, je ne le crois pas…

Posté(e)

Hummm !!!

Ça donne envie !

Oups ! Pardon, non, ça ne donne pas du tout envie ! Désolé, je me suis trompé de poésie !

Le récit très détaillé d'un vieux couple qui copule mais qui s'aperçoit que le désir n'y est plus. Ne survit qu'un reste de coït habituel et malsain sans amour.

Cela dit c'est remarquablement décrit. Impressionnant ce triomphe de l'acte en désamour.

Bravo ! Enfin. Ne recommencez pas trop rapidement ce genre de plat littéraire parce que j'en ai pris pour un bon mois. Merci. Bref. Voilà. Je change de crêmerie. À bientôt.

Modifié par Errances

Posté(e)
  • Auteur
  • Administrateur
Il y a 1 heure, Errances a écrit :

Voilà. Je change de crêmerie.

L'abus de sucre et de douceur pouvant nuire à la santé, méfiez-vous des autres crèmeries 😉

Posté(e)
il y a 1 minute, Eathanor a écrit :

L'abus de sucre et de douceur pouvant nuire à la santé, méfiez-vous des autres crèmeries 😉

J'ai choisi une crèmerie crémeuse. L'honneur est sauf 😅

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Ce poème me fait penser à une peinture au réalisme saisissant, @Eathanor

En littérature, le réalisme est un courant qui cherche à décrire le monde et les hommes tels qu'ils sont, de manière objective et sans illusion, et non tels que l'imagination peut les idéaliser, les styliser, les épurer.

Il y a toujours une analyse approfondie du vivant et du monde.

Posté(e)
  • Auteur
  • Administrateur
il y a 5 minutes, Sophie a écrit :

En littérature, le réalisme est un courant qui cherche à décrire le monde et les hommes tels qu'ils sont, de manière objective et sans illusion, et non tels que l'imagination peut les idéaliser, les styliser, les épurer.

C'est bien cela. Une page dédiée au réalisme existe d'ailleurs sur le site, regroupant les poèmes et les peintures célèbres soumises sur AP et relevant de ce mouvement : https://accents-poetiques.com/tags/realisme/

Posté(e)

Un poème brutal, charnel jusqu’à la nausée, où l’érotisme se délite en pourriture. Les corps ne s’aiment plus, ils suintent, se décomposent dans l’étreinte. Chaque image est une plaie : désir mal fermé, souffles bestiaux, extase raturée. La sensualité devient clapotement obscène, le plaisir, un cadavre bleui.

Cynique et viscéral. L’amour n’est plus qu’un champ de bataille humide, une odeur de fer et de germes stériles. Baudelaire en plus gluant.

Effet réussi : on en sort essoré, dégoûté… et fasciné.

Il ne reste, après lecture, que deux remèdes : boire trois litres de tilleul ou se jeter du haut d'un pont ... J'ai finalement choisi le tilleul ; te connaissant, j'ai opté pour prévenir plutôt que guérir. Sinon, dans le genre, c'est parfait.


Posté(e)

Poésie qui sous un climat d'équateur s'apparente à la Charogne de Baudelaire, mais ici, on reste comme souvent au sein de vos écrits, dans une sorte d'orgasme du désespoir. Vous avez su recouvrir de miasmes et de bile tout un champs lexical propice aux ébats pestilentiels. C'est très bien joué.

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