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Les Secrets d’Aztlán [Deuxième Partie]

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Les Secrets d’Aztlán

Deuxième partie

Sur ce dernier conseil, John toqua à la porte de la cellule, la conversation était terminée. Il sortit sans dire un mot.  Des gardes vigoureux entrèrent aussitôt et se chargèrent d’entraver solidement les jambes de Paul, qui n’en menait pas large. Ils le poussèrent ensuite dehors sans ménagement. Le scientifique, projeté violemment dans la poussière, roula sur lui-même de longs mètres avant de s’immobiliser, pantelant. Les rires bruyants des villageois retentirent lorsqu’il tenta maladroitement de se redresser.

John le Truchement avait disparu. Un groupe d’Aztèques, hommes, femmes et enfants, regardaient Paul vautré dans la poussière. Après s’être bien amusés, ils lui tournèrent le dos et vaquèrent à nouveau à leurs occupations. L’un d’eux pourtant resta, un guerrier solide à la mine autoritaire. Il s’approcha du savant et lui fit signe sans s’épancher de le suivre. C’était le guerrier qui serait son hôte, ou son gardien, pendant sa courte période de survie. Paul se mit sur ses pieds et le suivit péniblement, à petits pas traînants.

Les deux hommes rejoignirent en silence la cabane du geôlier de Paul. Celui-ci fit connaissance avec la famille de son hôte, une épouse belle encore et quatre petits enfants vigoureux. Puis ce fut très vite l’heure du dîner. Assis par terre autour d’une petite table tressée de palmes, tous avalèrent rapidement, Paul compris, les mets simples cuisinés par la maîtresse de maison, principalement des légumes. Le chef de famille poussa ensuite sans ménagement le savant dans une petite pièce un peu à l’écart, attacha solidement le malheureux explorateur et rejoignit les siens.

Pieds et poings liés, Paul resta seul sur sa couche de feuillage. Il tenta d’apaiser son cœur qui battait furieusement depuis le début de sa journée, sans vraiment y arriver. Il essaya ensuite de faire le point sur sa situation et si possible, d’élaborer une stratégie pour tenter d’échapper à l’affreux destin qui l’attendait bientôt et qui l’épouvantait. Le sommeil toutefois fut le plus fort. Épuisé par sa journée et toutes ses émotions, le scientifique sombra très vite dans un sommeil pesant et peuplé de cauchemars.

Le chant des oiseaux de la forêt réveilla le jeune savant qui, pendant un instant, se demanda où il était. Mais la lucidité, et avec elle la peur, revinrent très vite. Paul n’eut pas à attendre longtemps. Son geôlier vint le chercher pour lui faire absorber une bouillie de céréales qui lui servirait de petit-déjeuner. Puis il le jeta dehors en lui demandant par signes de ne pas s’éloigner. Son gardien n’avait naturellement pas oublié d’entraver les jambes du captif qui devait désormais toujours se déplacer à petits pas hésitants.

La curiosité du scientifique se réveilla au contact des villageois aztèques qui se livraient à leurs occupations sans lui prêter la moindre attention. Seuls quelques enfants moqueurs firent mine de le taquiner. Paul accepta volontiers les mottes de terre balancés joyeusement par les petits Aztèques. Il fut le premier à en rire, ce qui attira leur sympathie. Mû par un intérêt réel, le scientifique observa avec passion les travaux et les réalisations de ce peuple vivant comme jadis. Il était fasciné autant par les objets que par les pratiques. Chasse, pêche, culte, cueillette, mœurs, quelle civilisation inouïe, vierge encore de toute influence extérieure !

Ses observations dans le village aztèque donnèrent une idée au jeune savant. Puisqu’il était livré à lui-même et sans surveillance particulière, seulement confronté à cette foule d’étrangers qui, le jour fatidique arrivé, applaudirait à son sacrifice, il allait essayer de leur plaire pour, au moins, les faire douter du bien-fondé de celui-ci. Il joignit ainsi l’utile à l’agréable en accompagnant ses explorations quotidiennes dans le village de menus services rendus à la population. Il put, de cette façon, faire apprécier son éternelle bonne humeur. On l’accueillait désormais avec un grand sourire lorsqu’il apparaissant sur le seuil des cabanes.

Après vingt jours de promenades dans le village et de diverses amabilités envers ses habitants, Paul se rendit compte avec terreur que l’échéance fatale approchait dangereusement. Mais que pouvait-il faire ? Rien. Sinon, espérer encore et toujours un miracle. Le matin suivant apporta du nouveau. Il se réveilla brutalement avec une sensation d’étouffement. On tentait de l’étrangler ! Le jeune savant se débattit comme un beau diable et parvint à terrasser son adversaire, en dépit de ses liens étroitement serrés. Il maintint fermement son prisonnier sur le sol de son logis en s’asseyant sur lui.

Quelle surprise ! C’était John Steal l’intermédiaire, celui qu’il croyait son ami ! Le vieil homme avait tenté de l’étrangler dans son sommeil avec une cordelette. Sans doute avait-il pénétré discrètement chez son gardien. Le scientifique exigea des explications, et vite. John, bien déconfit, lui apprit que le comportement de Paul avait convaincu le Grand Prêtre de sa sociabilité et de son utilité pour la population. Ce dernier avait décidé de l’épargner. L’ancien scientifique remplacerait dorénavant John qui commençait à se faire vieux. John serait sacrifié à la place de Paul à la nouvelle Lune.

L’intermédiaire avait donc naturellement décidé de se débarrasser de son rival Paul mais sa tentative d’assassinat avait échoué. Les choses étaient parfaitement claires à présent. La donne avait changé, et grandement. Le jeune savant cria bien fort pour appeler son geôlier et, celui-ci accouru, lui remit son captif fort marri. Chacun luttait pour sa survie et Paul en était conscient. Le chef de famille ne manqua pas d’alerter aussitôt le Grand Prêtre et les guerriers responsables du village aztèque.

Guidé aussitôt sur leur lieu de réunion, le scientifique fut intronisé sans tarder dans ses nouvelles fonctions. Des guerriers jetèrent John en prison, en attendant son sacrifice sur la Pierre Circulaire de Toute Mort. Une nouvelle vie commençait pour Paul, celle d’un truchement, mi-esclave, mi-membre de la tribu. Il resterait tout le restant de son existence étroitement entravé pour le dissuader de s’échapper mais jouirait d’une relative liberté. Il aurait sa propre case et pourrait se marier si une femme aztèque voulait de lui.

Comme John auparavant, l’ancien savant servirait désormais d’intermédiaire avec les captifs venus de l’étrange monde extérieur. Paul accepta cette destinée bizarre sans trop la regretter. D’ailleurs, avait-il vraiment le choix ? Son emprisonnement et sa proximité avec la mort l’avaient rendu peu capricieux. Vivre parmi ce peuple du passé si fascinant était après tout une chance, n’est-ce pas ? Il s’adapta et survécut de longues années parmi ses nouveaux amis. L’histoire ne dit rien de plus sur son sort, si ce n’est qu’il eut de nombreux enfants.

 

FIN

Modifié par Alba

Posté(e)

Fin ? J'ai lu FIN ?

Non ?!? Je ferme les yeux, je les rouvre.

Chiasse !

J'ai bien lu fin. Fini les aztèques. Leur monde hors du monde, leur rêve toujours vivant dans le notre qui n'en a plus.

Trop court. Mais bonne et agréable lecture.

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci Errances pour votre lecture !

Voilà un émoi bien compréhensible : c'est si bon de rêver.

Mais, malheureusement, ma plume trouve les longs récits un peu trop... longs !

Au plaisir de vous lire !

( ͡^ ͜ʖ ͡^ )

Modifié par Alba

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Bien joué de la part de l'archéologue. C'est l'épreuve de la sociabilité - et de la ruse - qui aura sauvé Paul. Très agréable récit.

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

C'est tout à fait exact, Thy jeanin, merci beaucoup pour ces remarques, toujours d'une grande finesse !

Paul le Résilient ou de l'art de l'adaptation à un nouveau milieu...

( ͡~ ͜ʖ ͡° )

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le mythe de la cité perdue est agréablement revisité dans cette histoire où l’on voit un archéologue revivre dans le passé, comme d’autres chercheurs qui, dans la réalité, ont partagé la vie de tribus dites primitives.

Posté(e)

John Steal mauvais perdant et Paul suffisamment intelligent pour s'adapter à son sort ce qui, sans doute, lui aura sauvé la vie. Tout ceci sur fond mythique de la cité d'Aztlan ! Un récit qui emmène loin !!

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci à vous pour vos lectures sagaces et vos observations pertinentes !

Un récit d'aventures qui se termine de façon sanglante mais heureuse pour le protagoniste, nouveau Robinson des mondes arrêtés !

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