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Les Secrets d’Aztlán [Première Partie]

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Les Secrets d’Aztlán

Première partie 

Paul Willow descendit la pente à vive allure, entouré d’une végétation luxuriante. Il avait établi son campement scientifique à cet endroit précis de la vallée, sur ces anciennes terres aztèques. Savant de renommée mondiale, il avait voulu, cette année-là, explorer encore une fois cette région célèbre dans l’Histoire mais pourtant méconnue et isolée à notre époque. Dans le désert vert d’Aztlán, faune et flore s’épanouissaient librement, loin de toute présence humaine.

D’un naturel curieux et d’une intelligence hors pair, il avait déjà, en dépit de sa jeunesse, dévoilé bien des secrets des anciennes civilisations qui peuplaient jadis cette zone maintenant bien tranquille. Il espérait toujours découvrir quelque chose de nouveau, admirant, lorsqu’ils se dévoilaient, les vestiges des peuples disparus. Temples anciens recouverts de feuillage, pierres circulaires de sacrifices humains, que de merveilles fascinantes à découvrir !

Paul s’éloignait maintenant du camp de base, guidé par sa boussole et par sa confiance en sa bonne étoile, en direction d’un espace vierge encore de toute visite humaine, semblait-il. Tomberait-il sur quelque chose de nouveau, cette fois-ci ? Il l’espérait toujours. Après deux heures de marche parmi les cris stridents des oiseaux et les vols compacts des papillons, il fut heureux de constater que l’espoir qu’il nourrissait serait ce jour-là pleinement satisfait.

En effet, devant ses yeux admiratifs, se profilait un grand village aztèque qui ne semblait pas avoir pris une ride en dépit des siècles écoulés. Des lieux de culte se succédaient le long de voies animées, de nombreuses habitations à la mode d’antan s’étageaient sur plusieurs niveaux, des temples caractéristiques enfin se dressaient devant lui dans toute leur majesté impressionnante. Et, par-dessus tout, une population vive et bruyante se pressait sous le chaud soleil d’Aztlán.

Quelle stupéfaction ! C’était une sorte de retour vers le passé qu’il vivait à cet instant. Et pourtant, ce passé était bien présent, sa montre lui indiquait le jour et l’heure avec précision. Tout à sa surprise et à son ébahissement, le scientifique ne se rendit pas compte qu’une troupe de guerriers s’était approchée en catimini et l’encerclait complètement maintenant. Il se retrouva en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire sous la menace de lances acérées.

Une vingtaine de guerriers silencieux, robustes, aux mines farouches et portant des pagnes aux couleurs vives l’observaient attentivement. Leurs visages étaient couverts de motifs symboliques et impressionnants. Sur un signal de leur chef, tout en piquant le jeune savant du bout de leurs lances, ils lui intimèrent l’ordre d’avancer. L’infortuné explorateur, plus mort que vif, s’empressa de leur obéir, il n’avait pas le choix. On l’emmena, contraint et forcé, dans un grand bâtiment du village aztèque.

Là, dans une pièce ronde et enfumée au centre de laquelle se consumait un bois précieux sur quelques pierres incandescentes, le savant fut mis à genoux et entouré de gardes armés et menaçants. Dans cette position inconfortable, il attendit de longues heures avant que l’on ne statue peut-être sur son sort. Des chefs aux coiffes sophistiquées rentraient et sortaient, s’adressant la parole et discutant longuement dans une langue qu’il ne reconnut pas, un très ancien idiome aztèque, sans doute. 

Finalement, des gardiens peu commodes le poussèrent dans une cellule sombre et sale qu’il partagea avec quelques rats. Il pouvait à peine tenir debout dans ce réduit. Une ouverture vers l’extérieur, étroite et fissurée, lui permit de jeter un œil sur la place du village, très animée à cette heure. Des charrettes passaient dans des nuages de poussière, des enfants criaient joyeusement et se poursuivaient en courant, des femmes aztèques cheminaient, chargées de paniers de légumes et de fagots volumineux.

Il passa de nombreux jours dans sa prison étroite, attendant quelque chose qui ne venait jamais. Sa solitude était presque totale. On le nourrissait de galettes de maïs et d’un peu d’eau le matin et le soir. Au bout de huit jours environ, amaigri, fatigué et au bord du désespoir, il reçut la visite d’un vieil homme, blanc comme lui. Ce dernier avait les jambes entravées par une lanière de cuir et de métal hermétiquement clôturée. Il était condamné à faire des petits pas limités et sa démarche était forcément prudente.

À la grande surprise de Paul, l’homme âgé s’adressa à lui en anglais moderne. C’était un compatriote, semblait-il. Il se nommait John Steal et avait été capturé par le peuple aztèque lorsque son petit avion de tourisme avait dû se poser en urgence pour avarie. Ancien guide touristique, il avait été fait prisonnier et depuis vingt-huit ans, servait d’intermédiaire entre les rares captifs et les membres du village. Il acceptait son sort, heureux d’être toujours vivant. Se révolter aurait été une folie, compte tenu de la cruauté de ses « maîtres ».

John apprit au savant qu’effectivement, ce village aztèque isolé dans la forêt constituait une bizarrerie de l’Histoire, une survivance du passé tout à fait inimaginable au XXIème siècle. Ces guerriers, ces prêtres, ces cueilleurs et chasseurs, ainsi que leurs familles, vivaient exactement comme jadis, aux origines. Depuis sa capture, John Steal servait de truchement avec les étrangers qui s’égaraient dans les parages. Sa captivité lui semblait en définitive relativement douce, son esclavage continuel et son entrave étant le prix à payer pour sa survie.

En effet, la coutume voulait que tous les étrangers soient rituellement sacrifiés à la pleine Lune pour l’harmonie du cosmos et vidés de leur sang. Cette dernière information, murmurée doucement par John, fit frissonner Paul. Ce dernier posa la question qui lui brûlait les lèvres : était-il concerné, lui, Paul, par ce sacrifice ? Malheureusement pour le jeune savant, c’était bien le cas. Il mourrait dans vingt-quatre jours exactement, égorgé sur la Grande Table Circulaire du Sacrifice. Les prêtres se nourriraient ensuite de son sang et de son cœur.

John voulut le consoler un peu : avant son sacrifice ultime, Paul pourrait sortir de sa prison et se mêler aux habitants du village, il vivrait chez l’un d’eux en bonne intelligence. Mais il aurait toutefois les jambes solidement entravées pour éviter qu’il ne s’échappe. Les dieux avaient soif de sa vie, il fallait le comprendre et l’accepter. Le savant fut bouleversé par ces informations. Avait-il le choix ? Non, répondit John, c’était son lot, tous les captifs des Aztèques avaient subi le même sort. Pour la plupart, ils s’étaient résignés avant leur mort. Il était dans l’intérêt de Paul d’en faire autant.

(À suivre…)

Posté(e)

Hummm !

J'attends la suite 😉

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci Errances pour cette appréciation si évocatrice !

La suite de ce récit d'aventures n'est pas loin : Il suffit de lever les yeux de quelques centimètres pour la repérer...

Bonne lecture !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Métier dangereux que l'archéologie! Les Aztèques ont droit d'avoir constitué leur civilisation, mais il faut reconnaître que plus on en sait, plus on s'indigne. Les holocaustes d'enfants, notamment, étaient coutumiers.

J'en tremble pour Paul mais pressens un espace événementiel éventuellement favorable à sa rédemption ou à sa fuite...

Posté(e)

Oups ... voici un récit captivant et qui tient en haleine ... La position de ce pauvre Paul semble, pour l'instant, sans issue ...

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci beaucoup de votre intérêt pour les aventures exotiques et périlleuses de ce chercheur téméraire !

Des observations fines et sensibles, en miroir de vos plumes !

( ͡^ ͜ʖ ͡^ )

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