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Corrosion du réel

Featured Replies

Posté(e)
  • Administrateur

Sans nom, tu avances dans l’épaisseur des choses que l’on n’habite plus,

Tes doigts ouverts cherchant un reste de chaleur dans l’usure des contours.

Tu croyais encore qu’un éclat de beauté, peut-être, survivrait dans les ruines,

Mais seule l'intensité râpeuse du réel est venue griffer l’intérieur de l'âme.

Tu vois la pâleur silencieuse des mannequins d'usine derrière les vitrines,

Leurs orbites rongées par la lumière d’un néon cancéreux à bout de souffle.

Des traînées visqueuses glissent lentement sur le verre narcotisé du décor,

Et depuis ton intérieur déserté, l’écriture d'anciens univers parait s'effacer.

Comme tu le sens, ce réel geindre derrière les jointures mal scellées du visible,

Laisser poindre des échardes de mirages dans les fissures du mur de l’instant.

Les teintes du monde cloquent sous le soleil fauve de tes attentes muettes,

Et les surfaces transpirent la matière flétrie de ton passé qui s’épuise à rester.

Tes fondations s’érodent sous l’oubli poreux d'un architecte démissionnaire.

Plus la poussière accumule le souvenir des gestes et le déni de l’intention,

Plus chaque brique semble avoir mastiqué un vestige rance de vérité ternie,

Et ta demeure se maintient, cimentée par la force passive de la lassitude.

Le monde ne te parle plus guère si ce n'est quelques débris ternis de fracas.

Même en tendant l'oreille, il n’émet qu’un vague ressac de pensées fanées,

Tes entailles bleuies suintent des maux frissonnants qui hésitent à se dire,

Et le moment s’enlise dans l’amnésie pâteuse d’une mémoire sans peau.

Et toi, regard suspendu au bord de ce monde effondré dans sa propre rouille,

Espérant retrouver un éclat de beauté fossilisé dans le pli de l’érosion,

Tu promènes ta paume ouverte sur les échines arides des formes brisées.

Mais seule l’arête nue d’un paysage sans épaisseur est venue résonner.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un paysage aride pour un être sans espoir qui s'acharne à vivre par la force du temps et la pesanteur des choses.

En ces lieux, la beauté n'est plus qu'un rêve mais elle-même a perdu ses contours...

Un écrit de l'après pour une âme que le flux de la vie a déserté.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un réel en si profonde souffrance qu'on pourrait presque le croire sauvé de l'illusion, si ce n'est qu'en chute, l'espoir refait surface, pour mieux se nier. Je retrouve le style par lequel j'ai découvert sur ce site, votre poésie, Guillaume: vers longs qui flirtent avec le poème en prose. Les images que vous créez sont sans pareil par leur inventivité subtile et audacieuse.

Posté(e)

Une méditation sobre et magnifique sur la fin des illusions. Ce n'est pas un poème bénin, qu'on peut lire rapidement en contemplant un jardin plein de fleurs, le cœur léger. Pourtant, dans cette austérité même, il y a une forme de grâce. Comme si, au-delà de l’effondrement, persistait l’obstination du regard, suspendu, toujours, cherchant malgré tout un éclat perdu. Peut-être est-ce là l’ultime beauté : non pas dans ce qui brille, mais dans ce qui résiste à la rouille du temps.

Posté(e)
Il y a 3 heures, Eathanor a écrit :

Tes fondations s’érodent sous l’oubli poreux d'un architecte démissionnaire.

Plus la poussière accumule le souvenir des gestes et le déni de l’intention,

Plus chaque brique semble avoir mastiqué un vestige rance de vérité ternie,

Et ta demeure se maintient, cimentée par la force passive de la lassitude.

La rouille et la poussière jamais ne dorment. Vos vers superbes mais si désenchantés sont tout imprégnés de leur impitoyable travail de sape.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Les allers-retours entre un monde objectif dans un délabrement extrême et les sensations subjectives d’un être humain à la dérive donnent à ce poème la dimension vertigineuse d’un chaos final désespérant. C’est à la fois d’une beauté ténébreuse et d’un nihilisme parfait.

Posté(e)

Le silence des Hommes, sans se retourner au risque de voir un fil téléphonique, un pan de mur, une route, un avion coupeur de nuages. Les noms n'ont plus lieu d'être, les connaissances s'éteignent pour arrêter d'analyser, seuls les éléments (tant de fois modifiés pourtant mais qu'importe).

Un poème qui prend la forme d'une balle de tennis et que je frappe loin pour qu'entre son point d'arrivée et moi, un arc-en-ciel voit le jour.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Mais seule l’arête nue d’un paysage sans épaisseur est venue résonner.

Ce vers est magistral. Il ne manque pas d'épaisseur, @Eathanor

Poème d'une grande densité.

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Le 25/07/2025 à 00:37, Eathanor a écrit :

Leurs orbites rongées par la lumière d’un néon cancéreux à bout de souffle

Magnifique image que ce néon cancéreux qui clignote dans un dernier souffle…

Posté(e)

Encore un autre étonnant poème sans grand espoir sur l'avenir de tous les Hommes peut-être. Les images originales s'enchaînenent glauques mais belles à la fois. Mais la poésie est salvatrice est fait vivre le poète que vous êtes. Heureux de vous lire encore...

Modifié par Jean Luc

Posté(e)
Le 24/07/2025 à 17:37, Eathanor a écrit :

Comme tu le sens, ce réel geindre derrière les jointures mal scellées du visible,

Laisser poindre des échardes de mirages dans les fissures du mur de l’instant.

Les teintes du monde cloquent sous le soleil fauve de tes attentes muettes,

Et les surfaces transpirent la matière flétrie de ton passé qui s’épuise à rester.

La noirceur tient le monde dans ses liens serrés. Métaphore de la chute et de l'ultime course au tombeau. Ici se creusent des sillons poétiques ombrageux dans une remarquable esthétique de la déliquescence et du chaos .

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