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Avant que nous reviennent, les mots tambour

Featured Replies

Posté(e)

Avant que nous reviennent, les mots tambour

Si un jour

avant que tournent

la Terre tout à trac

mûles ferrées d’importance

et qu’elle s’aille dissoudre

dans l’empyrée des tourbes noires

paroles à robes légères

à nos orbites en silences

Avant que racornissent

la tignasse des vieux oliviers

sur leurs vaisseaux de sel

la transhumance des étoiles

leurs amants

et qu’à leurs corps blanchis

aux nervures

d’une claire révolte

se décollent les yeux

des gravures anciennes

baignés d’océans de soleils

Quand il ne resterait de nous

que passement

d’ombres ourdies

à la résilience des écueils

et nos chants de parade

s’essayant à l’envol

s’essayant à l’enfance frivole

enfoncés jusqu’au ventre

comme des siamois

aux portes des grandes marées

Guettant de si longtemps

Bato fou déchirant l’horizon

qu’un poème consume

sur les eaux rouges de nos yeux

une vague où se ruent

le ciel le soleil et la mer

d’un si bel été

contre les murs ensanglantés

des libertés aux fers

L’orage mugit sur les bastilles

où je t’écris violé affamé

d’encre de sables bleus

glissant côte à côte

de neiges et de pierres gravées

et le sexe abondant

le flux des dunes

cette rivière de lumière

oscillant mon ossure

ô mon désert ma folie

tant je puisse demeurer

la barque de ton nom

Ainsi mappemonde

sans Nord et sans aiguille

que la panure des foules heureuses

sur les poutres calcinées du Temps

qui nous tenait debout

comme l’oiseau sa branche

combien d’enfants

aurons-nous à chérir

à la fin du banquet

combien d’hommes revenant

et de femmes en pluie

Si un jour

sur l’au-delà des montagnes

les nouvelles vallées

au pied des vieux volcans

peuplées de verbes inconnus

quand la mer se retire...

Homme de Kyiv ou de Gaza

d’Haïti de Soudan…

où qu’emporte ma chair

de lacs et de collines

Femme battue par les vents

portant de la main à la main

les sédiments de la conscience

à la fontaine trop humaine de sa joie

la lisière silencieuse des mots

merveilleux

et le ciel ébahi

mon amie

je mourrais…

Je m’étendrais sur la natte de tille

les ailes grand ouvertes

j’attendrais

que viennes t’y poser

Modifié par O Salto

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Belle interrogation très métaphorique sur la place de l'homme au sein d'un monde en déliquescence, restent l'amour, la femme et l'espérance...

Posté(e)
  • Administrateur

Votre poème m’a bouleversé. Il y a une grande émotion dans cette “natte de tille” et dans ces “ailes grandes ouvertes” à la toute fin. L'encre de ces vers semble être celle du sang du monde.

Posté(e)
Il y a 6 heures, O Salto a écrit :

Avant que nous reviennent, les mots tambour

Si un jour

avant que tournent

la Terre tout à trac

mûles ferrées d’importance

et qu’elle s’aille dissoudre

dans l’empyrée des tourbes noires

paroles à robes légères

à nos orbites en silences

Avant que racornissent

la tignasse des vieux oliviers

sur leurs vaisseaux de sel

la transhumance des étoiles

leurs amants

et qu’à leurs corps blanchis

aux nervures

d’une claire révolte

se décollent les yeux

des gravures anciennes

baignés d’océans de soleils

Quand il ne resterait de nous

que passement

d’ombres ourdies

à la résilience des écueils

et nos chants de parade

s’essayant à l’envol

s’essayant à l’enfance frivole

enfoncés jusqu’au ventre

comme des siamois

aux portes des grandes marées

Guettant de si longtemps

Bato fou déchirant l’horizon

qu’un poème consume

sur les eaux rouges de nos yeux

une vague où se ruent

le ciel le soleil et la mer

d’un si bel été

contre les murs ensanglantés

des libertés aux fers

L’orage mugit sur les bastilles

où je t’écris violé affamé

d’encre de sables bleus

glissant côte à côte

de neiges et de pierres gravées

et le sexe abondant

le flux des dunes

cette rivière de lumière

oscillant mon ossure

ô mon désert ma folie

tant je puisse demeurer

la barque de ton nom

Ainsi mappemonde

sans Nord et sans aiguille

que la panure des foules heureuses

sur les poutres calcinées du Temps

qui nous tenait debout

comme l’oiseau sa branche

combien d’enfants

aurons-nous à chérir

à la fin du banquet

combien d’hommes revenant

et de femmes en pluie

Si un jour

sur l’au-delà des montagnes

les nouvelles vallées

au pied des vieux volcans

peuplées de verbes inconnus

quand la mer se retire...

Homme de Kyiv ou de Gaza

d’Haïti de Soudan…

où qu’emporte ma chair

de lacs et de collines

Femme battue par les vents

portant de la main à la main

les sédiments de la conscience

à la fontaine trop humaine de sa joie

la lisière silencieuse des mots

merveilleux

et le ciel ébahi

mon amie

je mourrais…

Je m’étendrais sur la natte de tille

les ailes grand ouvertes

j’attendrais

que viennes t’y poser

Je ne sais quoi dire tant d’émotions me submergent, essayer l’écriture c’est venir toucher « de main à main ..les sédiments de la conscience » , tenter un rapprochement avec la vérité voilà ce que m’inspire votre poème O Salto… quelque chose d’indicible au regard du monde et de ce que l’humanité se fait subir… oui « s’étendre et attendre » que faire d’autres ? 😌💫 merci pour ce partage

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Je m’étendrais sur la natte de tille

les ailes grand ouvertes

j’attendrais

que viennes t’y poser

J'adore ces vers, @O Salto . Ces ailes présentes dans tous vos poèmes... l'envergure du poète.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Amour, Terre, nos attaches sont les seuls dérivatifs au naufrage, les seules clefs pour quitter notre propre goulag. Clandestin soyons, pour survivre. Superbe lecture.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Poème-monde où frappent les mots-tambours « contre les murs ensanglantés des libertés aux fers », en hommage à l’ « Homme de Kyiv ou de Gaza

d’Haïti de Soudan » et à la « Femme battue par les vents portant de la main à la main les sédiments de la conscience ». C’est beau et fort.

Posté(e)

Un texte habité, puissant. Les images sont d'une beauté rude et lumineuse.

Posté(e)

Un poème hypnotique au rythme et aux images fascinants qui semble nous emporter loin, jusqu'au bout de nos forces et de l'espoir.

Posté(e)

La barque de ton nom. Des liens demeurent quoique tu fasses, bandit, voyou, ennemi du mal, nous irons tous au paradis, essuie ton couteau, écoute les mots-tambour s'il te plaît. Je m'évapore.

Posté(e)
  • Auteur
Le 18/07/2025 à 11:31, Alba a écrit :

Belle interrogation très métaphorique sur la place de l'homme au sein d'un monde en déliquescence, restent l'amour, la femme et l'espérance...

Le dernier chant des dynosaures ! Et une petite place en 1ère , entre l’amour et la femme ! Merci @Alba

Le 18/07/2025 à 11:44, Eathanor a écrit :

Votre poème m’a bouleversé. Il y a une grande émotion dans cette “natte de tille” et dans ces “ailes grandes ouvertes” à la toute fin. L'encre de ces vers semble être celle du sang du monde.

Et le cri des oiseaux dans le ciel absurde ! Merci @Eathanor

Le 18/07/2025 à 17:43, Nâau a écrit :

Je ne sais quoi dire tant d’émotions me submergent, essayer l’écriture c’est venir toucher « de main à main ..les sédiments de la conscience » , tenter un rapprochement avec la vérité voilà ce que m’inspire votre poème O Salto… quelque chose d’indicible au regard du monde et de ce que l’humanité se fait subir… oui « s’étendre et attendre » que faire d’autres ? 😌💫 merci pour ce partage

J’aime dans tes mots la palpitation du silence ! Il y a tant à faire… et tu sais si bien le dire ! Merci @Nâau

Le 18/07/2025 à 19:13, Sophie a écrit :

J'adore ces vers, O Salto . Ces ailes présentes dans tous vos poèmes... l'envergure du poète.

Sous les ailes, peut-être, une plume ? Ou un pinceau ?… Ou... Un papillon fragile, que sais-je ? Merci @Sophie

Le 19/07/2025 à 19:44, Thy Jeanin a écrit :

Amour, Terre, nos attaches sont les seuls dérivatifs au naufrage, les seules clefs pour quitter notre propre goulag. Clandestin soyons, pour survivre. Superbe lecture.

Les côtes s’éloignent ; il faut faire de la place sur le radeau où le soleil s'installe ! Merci @Thy Jeanin

Le 19/07/2025 à 20:48, Jeep a écrit :

Poème-monde où frappent les mots-tambours « contre les murs ensanglantés des libertés aux fers », en hommage à l’ « Homme de Kyiv ou de Gaza d’Haïti de Soudan » et à la « Femme battue par les vents portant de la main à la main les sédiments de la conscience ». C’est beau et fort.

Jusque là les tambours ont couvert les pipeaux… mais à tel concert les places sont chères ! Merci @Jeep

Le 19/07/2025 à 22:08, Florian a écrit :

Un texte habité, puissant. Les images sont d'une beauté rude et lumineuse.

La liberté vient en la nommant ; au moins j’espère encore... Merci @Florian

Le 21/07/2025 à 22:53, Estérina a écrit :

Un poème hypnotique au rythme et aux images fascinants qui semble nous emporter loin, jusqu'au bout de nos forces et de l'espoir.

Jusqu’à perte de vue ! Au bout des images germera la nouvelle moisson ! Merci @Estérina

Le 23/07/2025 à 22:52, Eobb a écrit :

La barque de ton nom. Des liens demeurent quoique tu fasses, bandit, voyou, ennemi du mal, nous irons tous au paradis, essuie ton couteau, écoute les mots-tambour s'il te plaît. Je m'évapore.

Tu es la mer, je suis ton paludier… Au paradis je vais, j’ai les mots dans les poche, les oiseaux dans la tête, et personne me croit ! Merci @Eobb

Et merci à toi, @Christian Bello

Modifié par O Salto

  • 6 mois plus tard...
Posté(e)
Le 18/07/2025 à 11:26, O Salto a écrit :

Quand il ne resterait de nous

que passement

d’ombres ourdies

à la résilience des écueils

et nos chants de parade

s’essayant à l’envol

s’essayant à l’enfance frivole

enfoncés jusqu’au ventre

comme des siamois

aux portes des grandes marées

Une longue hypothèse dans cette strophe où se côtoient des échéances multiples et dont la poésie affleure avant cette lointaine fin qui montre une humanité immense. Le texte ici proposé donne l'impression d'un testament du monde dont l'auteur serait la plume. Bravo.

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