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Peur ancestrale (nouvelle fantastique - partie 4)

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Posté(e)

« Oui, tu as raison, Bred. Maintenant, je la sens également », fis-je, ayant pris conscience d’un fort relent méphitique. « Courons ! »

Et nous courûmes éperdument.

Nos torches ne nous étaient plus d’une grande utilité car nous allions tellement vite que nous ne prenions même plus garde où nous posions les pieds. Nous fonçâmes tout droit, sautant par-dessus les buissons.

Les ronces déchiraient nos pantalons, mais c’était là le moindre de nos soucis, tellement la peur nous tiraillait.

Et toujours ce silence anormal alentour ! Comme nous regrettions le chant du vent dans les branches, celui des oiseaux, et, par-dessus tout, les rayons du soleil !

La sueur trempait tout mon corps. Mon souffle se fit plus saccadé.

En me retournant, je vis que Bred ralentissait. Aussi proposai-je de nous arrêter. J’étais à présent persuadé que notre course folle ne servait à rien. Autour de nous, tout n’était que profondes ténèbres, et rien ne semblait vouloir indiquer qu’un changement pût survenir, même si nous courions encore longtemps de la sorte.

« C’est peine perdue ! », fis-je, une fois assis sur un tronc d’arbre couché sur le sol moussu.

Hors d’haleine, j’espérais retrouver mon souffle en me reposant un peu. Les écorchures de mes jambes saignaient douloureusement.

« Qu’allons-nous faire ? », questionna Frederick anxieusement. « Nous ne pouvons pas rester là toute la nuit. Jamais nous n’aurions dû abandonner la voiture. »

« Nous devrions rechercher ce qui criait », dis-je avec une pointe d’irritation.

« Mais ces cris, les avons-nous effectivement entendus ? », répliqua Frederick. « Je suis plutôt d’avis que nous avons été l’objet d’une hallucination auditive. Nous sommes à bout de forces, nos nerfs sont à vif, et sans voiture ni matériel, nous courons un grave danger. »

« Je ne sais pas où nous nous trouvons, mais nous finirons bien par tomber tomber sur des êtres vivants tôt ou tard », dit Bred, installé près de moi. « J’ai sommeil, les amis ! Si tout cela n’est qu’un film, alors je le trouve bigrement mauvais ! »

« Si seulement c’en était un ! », soupirai-je. « Ce que nous vivons n’est malheureusement que trop réel, et nous ne pouvons donc pas rester ici. »

« Attendons plutôt que le soleil se lève pour y voir plus clair », conseilla Bred.

« Allons ! Levez-vous, et marchons ! », nous exhorta Frederick. « On tombera peut-être sur une cabane ou un abri quelconque, où nous pourrons passer la nuit. »

Frederick nous précéda. Au plus profond de moi-même, je me mis à réciter une prière car cela me semblait notre ultime chance de salut.

J’avais l’habitude de marcher en forêt, mais je n’avais jamais éprouvé cette impression de tourner en rond qui pénétra mon esprit à cet instant-là. Voilà pourquoi nous ne parvenions pas à sortir de cette sylve malsaine !

À l’insu de mes amis, j’accrochai mon mouchoir à une branche basse pour être en mesure de vérifier le bien-fondé de ma pensée. Par la suite, je pus certes retrouver ladite branche, mais aucune trace de mon repère d’étoffe !

Quelle forêt terrifiante que celle où tous les lieux se ressemblent ! Ce phénomène était contraire à toute logique.

Le silence, même pesant, est parfois plus facile à supporter que certains sons émis par la gorge humaine. Nous nous étions arrêtés. Le snag se figeait dans nos veines. Des hurlements de damnés s’élevaient droit devant nous !

Je dus retenir Bred pour qu’il ne prît pas la fuite. Non pas que je fusse plus courageux que lui, mais il eût été insensé de se séparer en un moment pareil.

Les clameurs continuaient de plus belle. Nous nous entre-regardions, les yeux exorbités, et les visages blêmes de frayeur.

Aucune des paroles que nous eussions pu échanger à ce moment-là n’eût été à même de traduire parfaitement le sentiment qui nous habitait. De toute évidence, ces cris devaient être proférés par des damnés que grillait le feu de l’Enfer !

Nous étions comme paralysés et incapables de faire un pas en avant, d’autant plus que c’était de cette direction que provenaient les hurlements. Une force invisible nous clouait au sol. Pourtant, nous avions besoin de savoir, même s’il fallait pour ce faire mourir de terreur.

Ce n’est qu’au bout de quelques minutes que nous retrouvâmes l’usage de nos jambes.

Sans nous être passé le mot, nous nous portâmes d’un même pas en avant, vers l’endroit d’où semblait provenir l’exécrable et inhumaine cacophonie. Elle était toujours audible, bien que plus éloignée. Nous nous remîmes à courir, et plus nous progressions, plus les hurlements diminuaient.

Notre course effrénée fut interrompue par une vision fort inattendue. Devant nous, entre deux rangées d’arbres, nous avisâmes un sentier dont le tracé parfaitement rectiligne attestait qu’il n’était point dû au passage de quelque bête sauvage ni à quelque hasard de la nature. Nous nous trouvions bel et bien face à une oeuvre accomplie par la main de l’homme.

Une témérité toute nouvelle nous envahit, et des lueurs d’espoir miroitaient dans nos yeux. Cette sente nous mènerait certainement à des êtres humains.

 

2

« Je vous l’avais bien dit ! », triompha Frederick. « Nous nous sommes effrayés pour rien. »

Nous étions soulagés et nous nous mîmes à rire nerveusement.

Pour la première fois depuis le début de ce cauchemar, je me surpris à jeter un coup d’oeil à ma montre. Elle marquait 23 heures précises. Or j’aurais juré qu’il devait être près de heures du matin, tellement notre course à travers bois m’avait paru longue.

Le sentier paraissait soigneusement entretenu, ce qui constituait un contraste stupéfiant car l’abondante végétation était comme collée contre les rangées d’arbres bordant la sente. Les espaces qui séparaient les arbres, distants de trois mètres chacun, étaient recouverts d’herbe rase et drue. Nous devions nous trouver dans une riche propriété privée, bien que nous n’eussions distingué aucun panneau la signalant.

Lorsque nous atteignîmes le bout du sentier, notre stupéfaction s’accrut encore davantage. Sous nos yeux, s’étendait une magnifique pelouse au centre de laquelle trônait un somptueux manoir.

 

(À suivre)

 

 

 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Les choses se précisent après une course éperdue...

À suivre.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Alors, alors … ?

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Suspense marathonien qui débouche sur l'inattendu.

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