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Accents poétiques

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Rêverie d'un pèlerin solitaire

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

 

          Et maintenant qu’ils sont désœuvrés sous la gueule gigantesque de l’azur, les peupliers disposent. Et déposent leur courage aux quatre pieds de l’horizon. La ronde familière, l’étrave aux clins si vifs, les faisceaux crépusculaires et la danse éolienne, tout, ils lâchent tout dans la crue solaire de l’été venant. Ils contemplent. Jusqu’à devenir poussière. Mes peupliers ne bougent guère.

 

          L’escargot rentré dormir en sa spirale domestique se prend pour l’ermite Bernard. Il rêve qu’il fait ménage et déménage, rompt l’engluage pour les cent lieues qui le séparent de la mer. Tout le monde veut redevenir écume – ô retour bienheureux au point de naissance !

 

          Pour l’oiseau, un jeu d’enfant, dans le bec la parcelle d’aétite que caressera le vent stellaire.

 

          La profonde ornière de la solitude, enfin la quitter pour se diluer dans le grand bouillon de Protée, où tout le monde est tout le monde avant de se singulariser. Comme le rivage doit être riche des frémissantes textures, musc des vitalités qui précèdent l’absolue sérénité. Je n’ai pas fait autre chose que me plier à mes peupliers. Le temps m’a, comme à tous, donné congé. J’ai pris alors une canne de leur bois et je l’ai suivie, ô béquille fée ! que ne meure pas trop vite ta sève. Et tu m’as mené le long des routes où mes enfances se préparaient. J’ai rencontré – saveur suprême – toutes les amours possibles en chemin. En place de l’astre, les yeux m’ont pris de celle qu’éternellement j’aime, quelque variée en soit la couleur, selon les saisons, même quand, derrière l’horizon, je ne les voyais plus. Mais voici qu’ils renaissent avec l’estive dernière. Et je sens les effluves de la moisson fluviale où se croisent les sources de haute antiquité sous la violence des bourrasques.

 

          Il ne restera rien – coquille vide, bois mort, rémige et nues de cendres. Mais nous serons délivrés, consumés, par la vacuité de l’été au point le plus chaud, après la route de vie.

 

          Petit Poucet me l’a dit, un soir qu’il ne dormait plus, sous la tutelle candide de Dame nuit, à la chandelle blanche.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un très bel écrit, véritable poème en prose d'une grande douceur et d'une fine harmonie, à la mélancolie discrète et sensorielle !

Posté(e)
il y a une heure, Thy Jeanin a écrit :

En place de l’astre, les yeux m’ont pris de celle qu’éternellement j’aime, quelque variée en soit la couleur, selon les saisons, même quand, derrière l’horizon, je ne les voyais plus.

cette phrase est un peu confuse, à mon humble avis. Seul bémol dans cette prose superbe et sereine comme une promenade solitaire.

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

J'ai eu un peu de mal à dire que celui qui s'exprime est amoureux de la même femme, mais pas sous la même forme, pas la même, ou la même, mais déclinée en personnes différentes, en me servant de la métonymie des yeux aux couleurs différentes selon l'individu. 😉 Et même quand personne précisément n'est concerné (derrière l'horizon).

PS. J'ignore pourquoi la police a changé.

Modifié par Thy Jeanin

Posté(e)
  • Semeur d’échos

La prose est parfaitement poétique, marquée par les peupliers totémiques, l’escargot qui se voudrait bernard-l’ermite, les amours possibles en chemin et les yeux de l’aimée, la vacuité l’été et l’insomnie du Petit Poucet. L’ai-je bien résumée ?

il y a 6 minutes, Thy Jeanin a écrit :

J'ignore pourquoi la police a changé.

C’est pour mieux vous coller une amende, mon enfant !

Posté(e)
Il y a 9 heures, Thy Jeanin a écrit :

J'ai eu un peu de mal à dire que celui qui s'exprime est amoureux de la même femme, mais pas sous la même forme, pas la même, ou la même, mais déclinée en personnes différentes, en me servant de la métonymie des yeux aux couleurs différentes selon l'individu. 😉 Et même quand personne précisément n'est concerné (derrière l'horizon).

ok alors pour la police, je ne sais pas que fait-elle. Pour la phrase un peu bancale, voici ce que j'ai compris : Les yeux ont remplacé l’astre : ceux de l’Unique, bien que changeants, iris d’été ou d’hiver, prunelles d’autres noms, ou même absentes, noyés derrière le monde. Je l’aime en toutes ses couleurs. 

Posté(e)

J'en reviens toujours à cette phrase de ce cher Saint Ex:

" on est de son enfance comme on est d un pays "

Et cest bien vrai.

Ps) pour la phrase confuse, je dirais que tu aimes LA femme quoi....

Posté(e)

Je ne connaissais pas l'aétite ou pierre d'hirondelle. On apprend de nouveaux mots tous les jours.

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