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Peur ancestrale (nouvelle fantastique - partie 3)

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Posté(e)

D’un moment à l’autre, nous semblait-il, la Chose pouvait surgir de sa cachette et se précipiter sur l’automobile, avec l’intention cruelle de nous dévorer subitement. Il m’est impossible de préciser la durée de notre attente car j’avais perdu la notion du temps. Mais, comme il ne se passa rien en fin de compte, nos nerfs purent se détendre.

« On ferait mieux de se recoucher », fis-je. « Ne nous laissons pas effrayer par les animaux qui hurlent, la nuit venue. »

Je me doutais bien que ce cri n’avait pas pu être proféré par un animal, mais, dans l’état de tension insoutenable où nous nous trouvions, cette explication valait mieux que toutes les hypothèses abominables que nous étions à même d’envisager.

« Si les copains nous voyaient, intimidés par une bête ! », lança Frederick, un sourire contraint sur les lèvres. « Mangeons un morceau ! J’ai faim ! »

Cette proposition effaça momentanément toute frayeur de nos pensées.

Voilà qui est typique de l’homme ! Il préfère préserver sa tranquillité d’esprit plutôt que de courir un quelconque risque pour essayer de découvrir la vérité, aussi terrifiante soit-elle.

Nous avions oublié ce qui nous avait glacés d’effroi quelques instants auparavant. Nous riions, et mangions de bon appétit. Nos nerfs avaient tant besoin de repos, et, quoi qu’il en fût, à l’exemple de la plupart des hommes d’aujourd’hui, matérialistes et terre-à-terre, nous avions trouvé une réponse qui nous satisfaisait, même si elle ne correspondait pas à la réalité.

L’être humain déteste regarder l’Inconnu en face. Même si toutes les preuves sont réunies pour lui démontrer l’omniprésence des phénomènes obscurs, il ne les acceptera pas, à moins que, de même que moi, il n’en devienne la victime ou l’impuissant témoin. Ce n’est qu’à partir de ce moment-là que sa vie s’en trouvera bouleversée.

Après nous être restaurés, nous nous recouchâmes.

L’indifférence avait repris de l’empire sur moi. Il me semblait toujours entendre le cri, mais je me forçais à le prendre pour l’appel dune bête quelconque de la forêt. Ma tentative d’autosuggestion porta ses fruits puisque je réussis à m’endormir au bout d’une dizaine de minutes.

Le monde de rêves où je m’étais enfoncé peu à peu s’effondra instantanément tel un château de cartes lorsque s’éleva la même plainte effroyable.

Cette fois-ci, je parvins à la localiser : elle provenait de la droite du véhicule.

Nous nous redressâmes tous les trois et portâmes nos regards dans ladite direction. Les ténèbres épaisses ne nous permettaient d’apercevoir que les arbres les plus proches.

Toute tranquillité et toute assurance s’étaient évanouies instantanément. Nous nous remîmes à frémir, et nos yeux traduisaient parfaitement notre angoisse.

Mais le besoin de savoir prit le dessus. L’incertitude est un état qui libère l’imagination et lui permet de voguer dans les sphères les plus sombres pour en rapporter des visions d’épouvante…

Comme un seul homme, nous saisîmes les torches électriques que nous avions emportées pour le voyage et nous quittâmes la voiture.

Frederick marchant en tête, et Bred fermant la marche, nous nous dirigeâmes vers l’endroit d’où semblait être venu le cri inhumain.

Notre progression était rendue difficile par la luxuriance de la végétation. Les plantes avaient un aspect étrange et paraissaient issues d’un autre âge, mais cela ne nous préoccupa outre mesure parce que nous voulions avant tout tirer au clair l’affaire de l’appel mystérieux.

Depuis notre départ de la voiture, plus aucun bruit n’avait retenti. Nous ralentîmes la marche car, ayant dû suivre des détours à cause des halliers environnants, nous ne parvenions plus à nous orienter et, qui plus est, nous ne nous souvenions même plus de l’emplacement de l’automobile.

Nous hésitions sur le chemin à prendre. Nos lampes ne nous étaient pas d’un grand secours ; elles nous évitaient tout au plus de ne pas trébucher sur quelque obstacle ou de ne pas nous prendre les pieds dans des racines. L’obscurité surnaturelle nous empêchait d’avoir une vision plus nette de ce qui nous entourait. Être égarés à pied est pire que de l’être en voiture ; en effet, celle-ci aurait du moins pu nous servir d’abri pour la nuit.

La terreur m’habitait toujours ; je m’imaginais des dizaines de créatures menaçantes qui nous épiaient de toutes parts, prêtes à nous agresser.

Ce fut alors que l’absurdité manifeste de notre situation se fit jour en mon esprit. Trois jeunes gens perdus, en plein vingtième siècle, dans une forêt insolite, à la recherche de quelque chose d’inconnu, qui émettait des clameurs impossibles à identifier ! Il y avait de quoi amuser la galerie !

« Essayons de marcher dans une direction précise, toujours droit devant nous et espérons sortir de cette forêt afin de retrouver un signe de vie humaine », proposai-je alors.

« Vite ! Dépêchons-nous ! », murmura Bred. « Je sens un danger peser sur nos têtes... »

« Que veux-tu dire ? », lui demandai-je.

« Ne sentez-vous pas cette odeur de… cadavres, qui plane autour de nous ? », continua Bred.

(à suivre)







Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le drame se noue, une odeur suspecte se répand...

On attend la suite avec impatience !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le danger pris par les cornes, il ne se précise pourtant pas. Le suspense croît donc et l'élément fantastique, indéterminé, s'accrédite. Habile!

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Tous les ingrédients sont réunis pour nous tenir en haleine et nous faire craindre le pire.

Posté(e)
  • Auteur

Le pire est à venir...

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