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Ce tremblement entre deux battements

Featured Replies

Posté(e)
  • Administrateur

À travers une fenêtre à demi close passe un souffle sans âge.

Il traîne dans les rideaux la fatigue des jours immobiles.

Le plafond s'écroule dans ma tasse ou est-ce mon regard ?

Chaque geste hésite comme un funambule ivre d’inertie.

Les draps ont cette raideur étrange du temps arthrosique.

Les matins flânent, flous, au seuil des ampoules éteintes.

Sur le carrelage, une légère trace humide invente un territoire.

Mon miroir s’ouvre sur un visage que le monde n’attend pas.

La lourde hélice des angoisses déchire mes idées mises à nu.

Chaque marche s’efface sous le poids d’une pensée sourde.

Dans ma cage thoracique, un oiseau cogne sans rythme.

Les clés sur la table tremblent d’un départ qui n’arrive pas.

La ville fait ce bruit de semelles qu’on entend dans les halls de gare.

Les reflets n’ont pas d’odeur, mais celui-ci sent l’eau croupie.

Un bus éructe. Je crois comprendre qu’il parle de mon enfance.

La station suivante n’existe plus. L’écran la digère pixel par pixel.

Les rues tirent la couverture à elles, longues telles des soirs sans fin.

Les trottoirs parlent parfois , mais juste aux chaussures anciennes.

Les feux ne clignotent pour personne si ce n'est pour l’absence.

Et les lampadaires restent toujours fidèles à leur fatigue verticale.

Je sens alors s’ouvrir cet interstice, vertige sans garde-fou,

Comme une corde invisible grince entre les dents du silence.

Quelque chose s’effrite entre les syllabes jamais prononcées,

Un cri suspendu attendant qu’un battement veuille bien céder.

Mon cœur ne bat plus que par défaut, entre néant et néant.

Même si l’ombre d’un mot se glisse dans la bouche sans y croire,

La langue vacille, en étau dans le poing serré de l’insomnie phallique.

Rien ne s’inscrit vraiment : tout susurre une forme d’effacement.

La nuit reviendra, tapie dans les angles des habitudes feintes.

Et un éclat palpitera à contresens, entre deux paupières closes.

Et la lumière, meurtrie, sera comme une caresse d’échappée.

Si rien ne guérit jamais, quelque chose, en creux, persiste.

Modifié par Eathanor
Correction orthographique

Posté(e)
  • Semeur d’échos

La présence d'une désespérance profonde au cœur de ce poème passe par le recours à des images d'une grande résonance !

L'univers se trouve ainsi vibrant tout entier de cette note désespérée !

Posté(e)
  • Semeur d’échos
il y a 59 minutes, Eathanor a écrit :

Et les lampadaires restent toujours fidèles à leur fatigue verticale.

Parmi toutes les images splendides et inattendues, j’ai choisi celle-ci, d’apparence plus anodine, mais qui, au fond, résume bien la lassitude et le désespoir sourd qui transparaissent dans le poème. En outre elle interpellera.

Posté(e)

@Eathanor , tel qu'en lui-même la mort le transformera...le plus tard possible ! Et hop !

Posté(e)
Il y a 13 heures, Eathanor a écrit :

Et les lampadaires restent toujours fidèles à leur fatigue verticale.

Nous ne fréquentons pas les mêmes lampadaires 😉 ...les miens sont infatigables !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Les mots semblent voguer entre effacement et immuabilité.

Le monde revêt une nouvelle dimension, celle de son auteur;

Le final est d'une grande densité, @Eathanor

Si rien ne guérit jamais, quelque chose, en creux, persiste.

Posté(e)

Un univers fantasmagorique où s'exprime une grande lassitude, et une profonde détresse...

"insomnie phallique " : un stade qui est l'axe principal de nombre de névroses peut-être 🤔

" la langue vacille " => métaphore épileptique ?

Un texte sombre et puissant qu'il faut étudier au scalpel !

Posté(e)

Ton poème capte une atmosphère de stagnation et de mélancolie, où le temps semble figé dans un quotidien usant.

Les images : rideaux fatigués, plafond qui s’écroule dans une tasse, oiseau irrégulier dans la cage thoracique traduisent un corps et un esprit en lutte contre l’immobilité et surtout l’angoisse.

Tout se joue sur les perceptions brouillées : miroirs, reflets, sons étouffés qui me font penser à une existence suspendue, où même les objets clés, lampadaires, portent une charge d’attente vaine.

Quant à l'insomnie phallique en étau dans le poing serré ... je n'ose dire ce qu'elle m'a évoqué ... (ᵒ̤̑ ₀̑ ᵒ̤̑) wow!*✰

Puissance de l'image.

La fin, enfin, me suggère une lueur ténue, une caresse d’échappée, comme une fragile résistance.

Je pense à un de ces papillons de nuit qui se brûle dix fois sur une ampoule mais ne peut s'empêcher d'y retourner, tellement attiré par la lumière ... (tiens ça me donne une idée pour mon prochain poème ! merci !)

Ton écriture, à la fois sensorielle et métaphorique, révèle une poésie toujours aussi intense, laissant sourdre comme un épuisement des racines, mais tu te bats !

Tu sais que je prends toujours quatre tranxènes avant de m'aventurer dans ton univers mon cher @Eathanor ? Pourtant, j'aime ta poésie d'écorché qui sème de l'authentique, et je trouve très intéressante la différence entre les inspirations du yin et du yang, que chacun chante avec la même ferveur, selon son atmosphère personnelle.

Posté(e)

Voilà ce qu'est une poésie à fleur de peau, une poésie d'écorché vif. Je rejoins @Lina sur l'aspect névrotique. Mais à bien y réfléchir, toute écriture poétique est une névrose.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un univers marmoréen, immuable et sans espoir où, pourtant, il faut vivre ou, comme disait Valéry (La Jeune Parque), il faut tenter de le faire. Quelque chose tremble, en effet: chaque groupe de vers a sa pépite stylistique:

Le 09/07/2025 à 23:51, Eathanor a écrit :

Chaque geste hésite comme un funambule ivre d’inertie

Le 09/07/2025 à 23:51, Eathanor a écrit :

Mon miroir s’ouvre sur un visage que le monde n’attend pas.

Le 09/07/2025 à 23:51, Eathanor a écrit :

Un bus éructe. Je crois comprendre qu’il parle de mon enfance.

Le 09/07/2025 à 23:51, Eathanor a écrit :

Les feux ne clignotent pour personne si ce n'est pour l’absence

Le 09/07/2025 à 23:51, Eathanor a écrit :

Un cri suspendu attendant qu’un battement veuille bien céder.

Le 09/07/2025 à 23:51, Eathanor a écrit :

La langue vacille, en étau dans le poing serré de l’insomnie phallique

Le 09/07/2025 à 23:51, Eathanor a écrit :

Si rien ne guérit jamais, quelque chose, en creux, persiste.

Sélection arbitraire, car les pépites sont plus nombreuses.

Le propos est moins noir, moins violent que certains de vos poèmes, Guillaume, si bien qu'il est plus facile (en tous cas pour moi) de s'identifier au locuteur.

Posté(e)

Un poème noir comme vous nous avez habitué à en lire, et les images impressionnent toujours en se renouvelant étonnamment à chaque phrase nouvelle, et ces mêmes phrases nous accrochent à notre lecture malgré le côté sombre et désespéré du texte. Bravo.

  • 6 mois plus tard...
Posté(e)
Le 09/07/2025 à 23:51, Eathanor a écrit :

Comme une corde invisible grince entre les dents du silence.

Un vers magnifique pour donner l'impression de malaise qu'il arrive parfois que l'on ressente certains matins aux réveils de l'aube.

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