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Accents poétiques

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Au soir de ma vie

Featured Replies

Posté(e)
  • Administrateur

Au soir de ma vie,

Il ne restera nulle empreinte dans la glaise vivante des heures,

Aucune inflexion de souffle repliée dans la cavité d’un crâne,

Pas une mémoire n’aura pris racine entre mes gestes et ratures ;

Le feu se sera juste tu dans l’âtre où rien ne fut jamais demandé.

Au soir de ma vie,

Les saisons, mâchant les restes d’un chant stérile, cesseront de défiler ;

Les pas du jour n'effleureront plus le sable d’un berceau jamais creusé ;

L’univers aura beau saigner des vagins de roche dans les caniveaux,

Il faudra se résigner à boire d'un trait le ciel et des kilomètres de lumière.

Au soir de ma vie,

Le vertige des hauteurs devra choir jusqu’à l’ivresse muette du vide ;

Les années, telles des chiens sans collier, erreront dans un enclos désert ;

La roche se fendra, laissant jaillir le flot oublié des rires anciens ;

Juste une seconde, je croirai y reconnaître la voix de mon propre rire.

Au soir de ma vie,

Seules des bêtes veilleront à mon chevet, les yeux pleins d’oubli humide,

Un triste chien gris, un chat sans nom et un merle au poitrail disloqué.

La langue en lambeaux, la bouche édentée et pleine de salive inutile,

Mes gencives rongeront la moelle d’un os qui n’a jamais porté de chair.

Au soir de ma vie,

Mes doigts apprendront à creuser dans le vent des tombes sans croix,

Conjurant cet œil d’enfant, de sang mêlé au mien dans une autre vie ;

Cette cornée laiteuse comme une étrange blessure sans explication.

Ce fruit du possible qui s’en est retourné, rendu au ventre d’un autre.

Ce jour-là, j’aurais pu étrangler le monde.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Des mots d'une grande intensité pour évoquer ce moment que nous connaîtrons tous.

Des images insolites et puissantes, symbole d'une vie traversée de pulsions et de passions violentes.

Posté(e)
il y a 45 minutes, Eathanor a écrit :

Ce fruit du possible qui s’en est retourné, rendu au ventre d’un autre.

Ce jour-là, j’aurais pu étrangler le monde.

...ce passage est incroyablement fort de désespérance ...

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Il est si difficile de commenter ce poème. "Des mots" si intenses..., et des métaphores puissantes, @Eathanor

Posté(e)

Moi qui te lis depuis des lustres, je ressens dans ton écriture un changement certain ... tes vers sont toujours écrits à la lame d'un sabre mais plus aiguisés, plus subtils ... ce poème est une autopsie poétique où le "je" se dissèque lui-même avant la mort. Sa puissance réside dans son refus de toute consolation, transformant l'échec en une beauté noire. Un texte qui me fait penser à un Goya littéraire : terrible, et impossible à oublier.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

L’accumulation des images morbides (et extraordinairement poétiques) rend cette fin de vie imaginée dantesque et presque désirable jusque dans la conclusion revancharde :

Il y a 4 heures, Eathanor a écrit :

Ce jour-là, j’aurais pu étrangler le monde

qui témoigne de l’espoir secret d’un ultime regain de vitalité.

Posté(e)

Une fin apocalyptique qui anéantit tout espoir dans un déferlement incessant d'images cinglantes de toute beauré...

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Accents Poétiques, vous chanteront encore, cher @Eathanor !

Posté(e)

Un regard crû porté sur la mort (et la vie). Sans illusions et sans peur. Pourvu que les kilomètres de lumière conduiront à l'aube d'un monde meilleur !

En tout cas, c'est un texte d'une extrême douceur et d'une extrême beauté.

Posté(e)

Poème sombre pour dépeindre le soir de la vie.

Profondeur et grande tristesse.

Posté(e)
Posté(e)

La mort c'est ça, quelque chose que l'on vit seul quand la lucidité et la conscience fonctionnent encore. Mon métier m'amène à fréquenter la fin de vie au quotidien. Elle a cette odeur rance que ton poème exprime avec vérité.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Envisager le soir de sa vie permet cette catharsis d'une grande intensité. Les vers longs et la puissance des images y sont pour beaucoup. De strophe en strophe, c'est la tristesse qui m'a semblé dominer, presque apaisée. La chute me dément complètement.

Le 06/07/2025 à 17:28, Eathanor a écrit :

Le feu se sera juste tu dans l’âtre où rien ne fut jamais demandé.

Un vers dont je ferais volontiers une maxime!

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