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Peur ancestrale (nouvelle fantastique - partie 2)

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Posté(e)

Il avait raison : cela était étrange. Pourtant, il était impossible de se perdre puisque ce chemin de terre était la seule voie praticable dans cette forêt, et que nulle autre ne la croisait.

Nous continuâmes d’avancer, tracassés par le mystère de ces bois interminables. Qu’était-il arrivé ? Nous avions tous les trois les yeux fixés sur les rayons lumineux que dispensaient les phares, espérant à tout moment voir apparaître la grand-route. Mais, au lieu de cela, le chemin semblait se rétrécir, et bientôt, nous dûmes éteindre le moteur car une végétation dense nous barra subitement le passage. Nous nous regardâmes, ébahis.

Perdus ! Perdus dans cette forêt obscure!

Aucun de nous ne parvint à expliquer ce qui avait pu se produire.

« La forêt ne veut pas que nous nous en allions... », prophétisa Bred.

À ces mots, nous constatâmes que l’automobile était comme encerclée par des arbres et des buissons, que nous n’avions pas remarqués tout à l’heure.

Depuis que Frederick avait arrêté le moteur, plus aucun bruit ne troublait l’atmosphère. Ce silence horrible n’avait rien de naturel. Un frisson glacé me parcourut l’échine. Les regards affolés de mes compagnons me révélèrent qu’ils étaient tout aussi terrifiés que moi. Il fallait que je parle pour les rassurer.

« Quittons la voiture et emportons ce dont nous avons besoin pour dormir et nous restaurer. Puis nous irons à la recherche de quelque sentier nous menant à la route. »

« Quoi ? Comptes-tu vraiment marcher dans le noir à travers cette forêt ? », s’écria Bred. « Tu es fou ? »

« Nous ferions mieux de rester dans la voiture et d’attendre le lever du jour », proposa Frederick. « Nous risquerions de nous égarer encore davantage si nous nous aventurions dans les ténèbres. »

« Tu as raison : quitter l’automobile serait insensé », concédai-je. « Mangeons un morceau, puis dormons ! Demain, nous aviserons. »

Notre repas ne fut pas un festin car aucun de nous trois n’était rassuré. Nous nous surprenions sans cesse à jeter un coup d’œil à travers les vitres pour essayer de voir quelque chose. Il nous semblait qu’une menace planait au-dessus de nos têtes, mais nous ne savions pas le moins du monde qui ou quoi redouter.

Nous nous résolûmes quand même à prendre du repos. Installés aussi confortablement que faire se peut sur les banquettes du véhicule, nous essayâmes de trouver le sommeil. Je ne sais pas ce qu’il en fut de mes amis, mais j’eus, pour ma part, beaucoup de mal à glisser dans les bras de Morphée. Je fis de terribles cauchemars, hantés par des monstres et des démons de tout acabit.

Soudain, un cri suraigu m’arracha à mes rêves agités. Un cri de terreur, qui n’avait rien d’humain. Jamais encore, je n’avais éprouvé pareille angoisse.

Mes amis devaient l’avoir entendu également, puisque comme moi, ils s’étaient redressés pour scruter l’obscurité et tenter d’y découvrir qui avait poussé cette clameur.

« Qu’est-ce que c’était ? », questionna Frederick d’une voix tremblotante.

« Je ne sais pas », répondis-je, angoissé. « C’est horrible. On aurait dit qu’il… enfin que cela avait peur et souffrait en même temps... »

« Mais où sommes-nous donc ? », interrogea Bred. « Nous devrions fuir. »

« Où veux-tu donc aller ? », lui demanda Frederick. « Nous ne savons même pas où nous sommes — tu viens de le dire toi-même —, et je n’ai nullement envie de me promener dans ces bois pour tomber nez à nez avec ce qui vient de crier. »

Mon esprit se mit à travailler de façon insolite : je m’imaginais les premiers hommes réfugiés dans leurs grottes, tremblant aux cris des bêtes sauvages et au fracas du tonnerre. Nous étions confrontés à la même crainte primitive : la peur devant l’Inconnu.

Un profond silence nous entourait à nouveau, alors que nous tentions de percevoir un bruit quelconque, aussi léger fût-il. Je crus entendre des craquements de branches. Pourtant, ils étaient si difficilement perceptibles que je les mis finalement sur le compte de mon imagination. Nous attendions je ne sais quoi, les yeux hagards, et frissonnant de tous nos membres.



(à suivre)

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un récit très intéressant, à suivre...

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le suspens est bien mené. La forêt était au Moyen Âge l'antichambre de l'enfer. Elle est ici prise à contrepoil de l'idée salvatrice que nous nous en faisons. Comment ne pas désirer connaître la suite?

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Laisser le lecteur en haleine, le principe du feuilleton.

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