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À l’os des draps défaits

Featured Replies

Posté(e)
  • Administrateur

Là, sous les voiles griffés d’une quiétude aux courbes fuyantes,

Ton dernier soupir d’ambre s'estompe de ta bouche éteinte.

Le sommeil s’est enfui, juste vêtu d’un masque sans regard.

Il laisse la chair vide macérer sous la dent jaunie du passé.

Des voilages funèbres ondulent sous l’aile pâle du désir.

Nulle étoile ne veille plus l’alcôve où gisent nos caresses.

Une bougie exsangue s'oublie dans le velours des rideaux.

Tu ne vois pas le silence avaler les sanglots du crépuscule.

Là où fut ta présence ne reste que le spectre nu de l'absence.

Il se mêle au lin tremblant pris dans l’écheveau des regrets.

Tu ne peux sentir mon haleine brodée de larmes fossilisées.

L’écrin fané de notre amour n’accueille plus que des fantômes.

Je me souviens

------ nos bouches au goût d’absinthe verte

------ le soupçon de lune léchant ton iris

------ ce pli ivoirin où recueillir ta nacre

Si la couche froissée garde l’empreinte d’un corps dissous,

Les rides du tissu, jadis complices de nos ardeurs suspendues,

Ne sont plus que tristes ruines branlantes d’étreintes évaporées.

Seule demeure cette obscurité lourde où s'écoule un sang caillé.

Autant de tendres vallées alors bercées par ton sein palpitant,

Aujourd'hui austères creusets éventrés de défuntes braises,

Vestiges de nos sacrifices vénusiens sous l’empyrée nocturne.

L’écume des moiteurs orphelines sèche sur l'élytre vespéral.

Et tandis qu'une comète morte traverse le velours des paupières.

Les creux se referment ainsi que les lèvres d’une amante disparue.

Dieu cet abandon qui écorche la pulpe des nuits, laboure mes reins !

Tout respire ton manque, jusqu’à l’os spongieux des draps défaits.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un poème empli des souffrances causées par une absence intolérable, les souvenirs remontent dans une âme envahie de ténèbres.

Posté(e)

Beaucoup de tristesse dans ce beau poème déchirant sur l'absence de celle qui manque chaque jour.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Chaque métaphore est sublime, @Eathanor. Des mots bouleversants.

Posté(e)
Il y a 16 heures, Eathanor a écrit :

Là, sous les voiles griffés d’une quiétude aux courbes fuyantes,

Ton dernier soupir d’ambre s'estompe de ta bouche éteinte.

Le sommeil s’est enfui, juste vêtu d’un masque sans regard.

Il laisse la chair vide macérer sous la dent jaunie du passé.

Des voilages funèbres ondulent sous l’aile pâle du désir.

Nulle étoile ne veille plus l’alcôve où gisent nos caresses.

Une bougie exsangue s'oublie dans le velours des rideaux.

Tu ne vois pas le silence avaler les sanglots du crépuscule.

Là où fut ta présence ne reste que le spectre nu de l'absence.

Il se mêle au lin tremblant pris dans l’écheveau des regrets.

Tu ne peux sentir mon haleine brodée de larmes fossilisées.

L’écrin fané de notre amour n’accueille plus que des fantômes.

Je me souviens

------ nos bouches au goût d’absinthe verte

------ le soupçon de lune léchant ton iris

------ ce pli ivoirien où recueillir ta nacre

Si la couche froissée garde l’empreinte d’un corps dissous,

Les rides du tissu, jadis complices de nos ardeurs suspendues,

Ne sont plus que tristes ruines branlantes d’étreintes évaporées.

Seule demeure cette obscurité lourde où s'écoule un sang caillé.

Autant de tendres vallées alors bercées par ton sein palpitant,

Aujourd'hui austères creusets éventrés de défuntes braises,

Vestiges de nos sacrifices vénusiens sous l’empyrée nocturne.

L’écume des moiteurs orphelines sèche sur l'élytre vespéral.

Et tandis qu'une comète morte traverse le velours des paupières.

Les creux se referment ainsi que les lèvres d’une amante disparue.

Dieu cet abandon qui écorche la pulpe des nuits, laboure mes reins !

Tout respire ton manque, jusqu’à l’os spongieux des draps défaits.

Une expression où la blessure de l’absence devient déchirure, trop violente pour en espérer un dépassement, quelle prouesse d’être capable de s’exprimer ainsi, la profondeur de votre lien dans votre poème refait surface ici avec une remarquable éloquence 😌

Posté(e)
Il y a 18 heures, Eathanor a écrit :

Je me souviens

------ nos bouches au goût d’absinthe verte

------ le soupçon de lune léchant ton iris

------ ce pli ivoirien où recueillir ta nacre

Divines images, en souvenir d'un amour désirant, et bouleversante expression d'un manque quasi organique !

Posté(e)

Une blessure décrite à l'aide de métaphores saisissantes ! Un texte d'une grande puissance qui bouleverse tant par la force des images que par son écriture parfaitement ciselée.

Posté(e)

Une grande puissance émane de ce poème ; comme le débit d'un torrent incontrôlable, un orage soudain et violent.

Il est difficile d'en commenter le fond et je vais jusqu'à penser que même l'auteur aurait du mal à expliquer le pourquoi du comment ces vers lui sont venus.

Il n'y aura donc pas d'analyse de ma part, ce me semblerait presque indécent.

Je constate seulement que le temps employé est le présent, et que les mots giclent comme une pluie véhémente.

Je suis touchée, n'est-ce pas ce qui compte ? 🌟

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une absence intolérable sur « la couche froissée (qui) garde l’empreinte d’un corps dissous » est illustrée par des images fortes, souvent surréalistes, d’une intensité rare.

Posté(e)

Quand l'écriture se fait incantatoire, exorcisme et braise tout à la fois.

Pour ceux qui (?) douteraient encore de la nécessité d'écrire.

Posté(e)

Comme dit par @Joailes je ne commenterai pas le fond.

Mais texte très fort et très intime .

Petit bémol ( mais ce n'est que mon avis 😋) sur le titre :

Le " à l os ” - même si je comprends l intention- me dérange un peu..

ça me fait penser au jambon'^^

J'aurais dit quelque chose dans le genre :

Au cœur éteint des draps défaits

Ou Au tombeau des draps défaits

Ou encore

Au linceul des draps défaits ..

Modifié par Diane
Ajout

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Toujours la puissance de vos vers bouscule et désarçonne…

Posté(e)

Un souffle baudelairien plane sur ce beau poème.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un lit défait peut donc être en quelque sorte scanné, mais par une plume. J'avoue avoir été particulièrement sensible aux trois derniers groupes de vers.

Le 28/06/2025 à 22:24, Eathanor a écrit :

Si la couche froissée garde l’empreinte d’un corps dissous,

Les rides du tissu, jadis complices de nos ardeurs suspendues,

Ne sont plus que tristes ruines branlantes d’étreintes évaporées.

Seule demeure cette obscurité lourde où s'écoule un sang caillé.

Autant de tendres vallées alors bercées par ton sein palpitant,

Aujourd'hui austères creusets éventrés de défuntes braises,

Vestiges de nos sacrifices vénusiens sous l’empyrée nocturne.

L’écume des moiteurs orphelines sèche sur l'élytre vespéral.

Et tandis qu'une comète morte traverse le velours des paupières.

Les creux se referment ainsi que les lèvres d’une amante disparue.

Dieu cet abandon qui écorche la pulpe des nuits, laboure mes reins !

Tout respire ton manque, jusqu’à l’os spongieux des draps défaits.

Comme le dit Illiz, le ton devient baudelairien, mais pas seulement. Il y a des irisations romantiques, pour ainsi dire. Difficile à expliquer...

Posté(e)

@Eathanor

De rouille et d'os... top !

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