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Accents poétiques

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Voces ventii

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le vent choral soufflait sur mon chemin. Tout un débat s’anima. Vint l’instant où ces voix prirent un nom et remuèrent l’esprit du passant que je suis…

 

EROS – Je suis une maladie infantile. Une perpétuelle rubéole. Mes victimes sont enfants de leur mère. J’use leur cœur sans relâche. Ceux qui se délivrent de mon joug noircissent sur l’heure. Il leur reste à se précipiter dans l’onde délétère des jours pour y couler jusqu’aux abysses. Je suis le psychopompe des élus qui, mieux qu’Icare, sèment le ciel d’une ineffable allégresse. Ils boivent une tasse de potion amère, les déchus. Seuls caracolent les bénis de ma chance !

 

SATURNE – Tais-toi ! je sais cela pour m’en être libéré depuis longue heurette ! Tes ailes sont des chaînes et le chemin des airs en a égaré plus d’un – cire de plomb sur les pennes du chagrin. Ce sont les maillons qui entravent l’être dans la cage de l’indéterminé. Qui s’éprend n’est qu’un éternel embryon. Fortune barre une capricieuse nef. Elle l’amènera de Charybde en Scylla. Jamais par tes services nul ne rejoindra Ithaque. Il faut des yeux pers à qui cherche son cap. A celui-là seul les moissons sont promises qui ne les doit qu’aux efforts de sa raison.

 

PLUTOS – Ce reflet de feu que tu t’attribues, souffreteux, comme d’un astre immortel, n’est que l’éclat froid de ta morveuse vieillesse ! Tout engourdi sous de défuntes neiges, tu te prévaux d’une aura trompeuse. Acariâtre est ton cœur au balancier des ans figé. On ne salue plus à l’évocation de ton ombre que le souvenir d’un été mort-né. Viens ! chez moi sont les moissons d’or dont tu as cru duper l’humanité. Et la voici qui, grâce à moi, s’en inonde à l’aune de l’éternité…

 

NIKÊ – Il te plaît d’en parler ! Sans conteste, riche est ton hôte, décharné parmi les damnés ! C’est à la semelle de nacre, taillée dans le tuf de leurs os, que tu fais retentir tes cathédrales, serties de néant ! Où est ta gloire, roi de la nuit viscérale ?

 

ASTARTE – Silence pour mon enfant ! L’or de ses cheveux seul comptant, voilà mon précieux nuage. Nul ne s’y vautre sans mon assentiment. Je suis la conque inaccessible où s’évanouit le poids d’exister. La risée du bonheur sur le front fatigué de perler. Mon ventre est le trésor où prend forme mon sceptre, de tous temps béni. L’opale de mon sein, le seul baume où se noue la palpitation de la vie. Désir je suis, s’il faut : immaculé et sublimé, voire Grande Machine…

 

ATHENA – Inaccessible et cruelle ! Tu trames la machination, complice des binarités castratrices. Ô sordide ! Qui te suit, je l’abandonne à une indécrottable sauvagerie ! Te tairas-tu jamais ?...

 

La Soprano hululait telle sa chouette. Je partis rassuré chercher le zéphyr apollinien et l’ouragan dionysiaque pour en ouïr de non moins violents contrepoints.

Modifié par Thy Jeanin

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Voilà que les statues antiques des dieux de l'Olympe prennent vie et voix.

J'ai adoré cet texte passionnant, et futé !

Posté(e)

On dirait un épisode de South Park écrit par Homère après trois amphores de vin.

Mon narrateur préféré, après ce téléthon mythologique, s’en va chercher un zéphyr apollinien et un ouragan dionysiaque Comprenez : il va se prendre un vent plus calme, ou un mojito en terrasse sous les palmiers.

Posté(e)

@Thy Jeanin

Man, quel exercice brillant, d’une virtuosité hyperbolique ! Comme un chant d’idées, un chant conceptuel, une tentative à la Sisyphe de réactiver le théâtre oraculaire, lesté de maints ornements pour mieux concentrer sa force dramatique. Et hop !

Posté(e)

On n'a pas fini de chanter le vent !

Oui exercice brillant, heureusement que tu n'as pas fait

souffler Thanatos !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un dialogue de divinités dans lequel Eros passe un mauvais quart d’heure, mais qui témoigne d’une brillante érudition, car il n’est pas donné à tout le monde d’entendre de telles voix en passant.

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