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Ce qui demeure

Featured Replies

Posté(e)
  • Administrateur

Je ne sais tresser que des couronnes d’épines pour les vivants ;

les fleurs me brûlent ; elles tombent trop vite de leur piédestal.

Je me méfie du chant des moineaux comme du matin tendre ;

le silence avant le vol du corbeau préserve d’un sursaut inutile.

En vain, j’ai tenté d’écrire sur l’éclat fécond d'une joie limpide.

Las ! Chaque mot suppurait comme une peau prête à se gercer.

Le jour est un masque fardé que la nuit déchire d’un doigt.

Rien ne dure qui s’élève — tout finit par choir dans l’ombre.

Mes pas sont plus assurés sur les terrains fendus, instables.

Au moins n’ont-ils point promis d’être solides ni fidèles.

La beauté n'assied son incertitude que sur le souffle du monde,

Or il me faut survivre même quand les horizons s’écroulent.

Aussi écris-je dans le noir avec une plume gorgée d’averses.

Je trace des contours que la lumière seule ne saurait combler.

Tandis que le soleil est trop violent dans ses élans d’oubli,

la lune, elle, sait écouter mes maux sans m’obliger à sourire.

L’enthousiasme n'est qu'une lanterne à la mèche humide,

une fièvre douce, mais aux lendemains d’ecchymoses sourdes.

Chaque éclat de rire est une invitation à sa chute prématurée.

Chaque bond joyeux rapproche un peu le gouffre à l’horizon.

Non, jamais ma poésie ne sera l’écho d’une fanfare solaire ;

Juste ce discret frottement de pierre contre un cœur prudent.

Et si le pessimisme n’a pas de voix aiguë ni de faux-semblants,

quand tout se retire, sans bruit, sans éclat, il est ce qui demeure.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un poème qui situe les choix d'écriture de son auteur, non du côté des rires et des chants mais du côté des murmures et de l'ombre, cette ombre éternelle sur laquelle la joie se détache telle une passante aussi fugitive qu'incongrue.

Posté(e)

Ce poème exhale une beauté âpre, marquée par un pessimisme lyrique et une lucidité désenchantée.

Belle maîtrise de la musicalité et du rythme, avec des vers ciselés qui frappent par leur justesse ("Le jour est un masque fardé que la nuit déchire d’un doigt"). Bravo @Eathanor !

Posté(e)

Quelle touchante et belle introspection !

Une écriture de l'égratignure, de l'estafilade, de l'excoriation, de la grisure, de la peine-ombre ...

C'est avec l'ombre que la lumière dessine, l'ombre est richesse souterraine. Très peu de lumière suffit à étager chaque chose du plus proche au plus lointain, créant la profondeur . Ton texte, tes images me poussent à de nombreuses réflexions. Merci Guillaume pour cette densité de langue poétique !

Posté(e)
  • Semeur d’échos
il y a une heure, Eathanor a écrit :

Chaque éclat de rire est une invitation à sa chute prématurée.

Chaque bond joyeux rapproche un peu le gouffre à l’horizon.

C'est élever le pessimisme aux rangs d'une esthétique et d'une sagesse! Inventivité d'images fulgurantes et maîtrise d'un rythme qui permet de dépasser les cadences convenues, me rendent admiratif.

Posté(e)

Tu as le moral toi....

Le pessimisme n'est pas la meilleure voie non plus pour retrouver un peu

de sérénité, mais t inspire des textes forts ma foi...

Ecoute JS Bach....c'est beau.!

Posté(e)
  • Auteur
  • Administrateur
il y a 5 minutes, Diane a écrit :

Ecoute JS Bach....c'est beau.!

Surtout son Requiem; Miserere 😁

(175) Bach, J.C.: Requiem; Miserere - YouTube

Posté(e)

Bonsoir,

Votre poème est venu me toucher profondément par son humilité . Un aveu sans fioritures qui ( selon ma projection ) évite le pathos dont je ne suis pas gourmande .

Des mots qui me paraissent à leur juste place.

Merci à vous pour l’émotion .

Posté(e)

Voilà un grand poème avec une poésie dans toute sa splendeur je l'ai lu lentement à voix haute et c'est vraiment superbe

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Des vers qui font mouche dans une cible dont le centre figurerait le pessimisme à son plus haut degré, et certains d’entre eux ont valeur d’aphorismes universels. S’y ajoute leur beauté formelle.

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Il y a 7 heures, Eathanor a écrit :

Non, jamais ma poésie ne sera l’écho d’une fanfare solaire ;

Juste ce discret frottement de pierre contre un cœur prudent.

Et si le pessimisme n’a pas de voix aiguë ni de faux-semblants,

quand tout se retire, sans bruit, sans éclat, il est ce qui demeure.

Une profession de foi, magnifiquement écrite au fil de ce poème…

Une sorte de chemin de Damas…

Posté(e)

L'art de regarder les ténèbres en face.

Posté(e)

@Eathanor

Ton esprit vit déjà en enfer, qu'en sera-t-il de ton âme le jour venu ? Et hop !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Aussi écris-je dans le noir avec une plume gorgée d’averses.

Je trace des contours que la lumière seule ne saurait combler.

Tandis que le soleil est trop violent dans ses élans d’oubli,

la lune, elle, sait écouter mes maux sans m’obliger à sourire.

J'aime ces images et cette réaffirmation de son choix d'écriture tout au long des vers, @Eathanor

Je ne puis que souscrire à une telle affirmation....

Autrement ce serait empêcher un poète d'écouter sa musique intérieure, de puiser à la source de ses mots, à l'essence de soi...ou d'une partie de soi qui veut exister.

Ce poème a une portée universelle, incontestablement.

Modifié par Sophie

Posté(e)

Profond et ténébreux.

Baudelairien.

Posté(e)

Beau et douloureux. La blessure est toujours à l'origine des plus beaux textes.

Posté(e)
Le 24/06/2025 à 18:38, Eathanor a écrit :

Je ne sais tresser que des couronnes d’épines pour les vivants ;

les fleurs me brûlent ; elles tombent trop vite de leur piédestal.

Je me méfie du chant des moineaux comme du matin tendre ;

le silence avant le vol du corbeau préserve d’un sursaut inutile.

En vain, j’ai tenté d’écrire sur l’éclat fécond d'une joie limpide.

Las ! Chaque mot suppurait comme une peau prête à se gercer.

Le jour est un masque fardé que la nuit déchire d’un doigt.

Rien ne dure qui s’élève — tout finit par choir dans l’ombre.

Mes pas sont plus assurés sur les terrains fendus, instables.

Au moins n’ont-ils point promis d’être solides ni fidèles.

La beauté n'assied son incertitude que sur le souffle du monde,

Or il me faut survivre même quand les horizons s’écroulent.

Aussi écris-je dans le noir avec une plume gorgée d’averses.

Je trace des contours que la lumière seule ne saurait combler.

Tandis que le soleil est trop violent dans ses élans d’oubli,

la lune, elle, sait écouter mes maux sans m’obliger à sourire.

L’enthousiasme n'est qu'une lanterne à la mèche humide,

une fièvre douce, mais aux lendemains d’ecchymoses sourdes.

Chaque éclat de rire est une invitation à sa chute prématurée.

Chaque bond joyeux rapproche un peu le gouffre à l’horizon.

Non, jamais ma poésie ne sera l’écho d’une fanfare solaire ;

Juste ce discret frottement de pierre contre un cœur prudent.

Et si le pessimisme n’a pas de voix aiguë ni de faux-semblants,

quand tout se retire, sans bruit, sans éclat, il est ce qui demeure.

C’est un poème poignant écrit avec tant de cœur , comme vous le dites souvent Eathanor nous sommes ce que nous sommes, singuliers et rien n’est à être pour être comme d’autres, exprimez ses profondeurs est une attitude essentielle me semble-t-il et qu’il convient d’observer et d’intégrer et de partager et « tresser les couronnes d’épines » 😉

Posté(e)

Ah oui jai oublié 😄

Le 24/06/2025 à 18:38, Eathanor a écrit :

les fleurs me brûlent ; elles tombent trop vite de leur piédestal.

Se méfier, certaines jolies fleurs sont toxiques, il vaut mieux éviterî de trop'les

manipuler ( laurier rose , muguet, belladone etc,,,)

Certaines même sont mortelles, d'autres poussent sur les cadavres ( ça ça doit te plaire ..mmhhh)

Ton poète préfèré est sans doute Baudelaire...et ses Fleurs du Mal...🤩

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