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Au milieu des choses

Featured Replies

Posté(e)
  • Administrateur

Lorsque le matin se déplie, encore froissé du silence nocturne,

Qu'au fond de la tasse ébréchée, une seconde tombe, fendue,

La fenêtre s’embue sans chaleur, comme un œil qui renonce.

Une fourmi s’acharne contre le joint tiède d’une dalle brisée.

 

Une écharpe pend au dos d'une chaise vide de toute présence.

Garde-t-elle la mémoire tiède d’un cou qu’on ne cherche plus ?

Les fibres retiennent sans doute l'odeur d’un passage furtif.

Sur le carrelage, il reste la vague empreinte d’un pas détourné.

 

nous sommes

 

Un gant troué glisse du portemanteau jusqu’au sol froid.

Il ne sait plus vraiment quelle main, autrefois, le guidait.

L’autre repose peut-être dans un tiroir scellé d’absence.

Les doigts manquants cherchent en vain leur étreinte d’avant.

 

Au fond du panier, une chaussette solitaire se recroqueville.

Elle ignore que son double est déjà parti sans dire adieu.

Le tissu peluche, fatigué d’avoir tant attendu la chaleur d'antan.

Dorénavant, elle ne dansera plus dans les bottes des jours gris.

 

partis sans bruit

 

Un pot de fleurs vide renverse son ombre sur le mur.

Un reste de terre séchée s’effrite sur le rebord fêlé.

Une tige cassée s’agrippe faiblement à la lumière du carreau

Mais les racines, jamais, ne remonteront à la surface.

 

Sur l’égouttoir glacé, un vieux bol écaillé repose là.

Sait-il toujours quelles mains le rinçaient en chantant ?

Une goutte d’eau descend le long de son émail terni

Puis s’écrase dans l’évier, triste note sans portée.

 

Une feuille morte glisse sous la porte, poussée par le rien.

C’est l’automne, dit-elle sans bruit, aux chaussures rangées.

Les semelles gardent encore la forme des marches oubliées.

Une boue séchée dort entre les lacets défaits.

 

au milieu des choses

Modifié par Eathanor
Correction de répétitions malencontreuses

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un très beau poème dans lequel les objets sont témoins de ce temps qui file dans bruit et de la vie qui évapore toute chose !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Les choses cèlent tant... ,la mémoire et le temps. L'émotion est omniprésente dans ce très beau poème, @Eathanor

Posté(e)

La maison semble vide et pourtant tant de souvenirs sont encore là et semblent prendre vie.

Posté(e)
il y a une heure, Eathanor a écrit :

Les semelles gardent encore la forme des marches oubliées.

Une boue séchée dort entre les lacets défaits.

Image particulièrement émouvante et bien choisie pour exprimer le souvenir

douloureux d'une enfance enfuie et sans amour, perdue au milieu

de choses sans vie...

C'est ainsi que je l'ai ressenti.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Georges Pérec n’aurait pas renié ce poème, toute ces choses qui témoignent de l’abandon, à l’exemple, entre autres, de la chaussette orpheline :

Il y a 12 heures, Eathanor a écrit :

Au fond du panier, une chaussette solitaire se recroqueville.

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Il y a 12 heures, Eathanor a écrit :

Un gant troué glisse du portemanteau jusqu’au sol froid.

Il ne sait plus vraiment quelle main, autrefois, le guidait.

L’autre repose peut-être dans un tiroir scellé d’absence.

Les doigts manquants cherchent en vain leur étreinte d’avant

Ce gant orphelin à la recherche des doigts aimés et une très belle image de l’absence…

Posté(e)

@Eathanor

C'est beau comme du Lou Reed !

Posté(e)

Matsuo Bashō :« Le haïku est simplement ce qui se passe en ce lieu — à cet instant."
Ce n'est pas un haïku, bien sûr, mais l'esprit, l'instantanéité, la sensibilité y sont. Bravo.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un ton lyrique, des images sophistiquées autour du thème métaphorique de la marche, une forme où se glisse un décalage quasi subliminal... Un très beau texte à la mélancolie presque sereine, très émouvante. 💫

Posté(e)

Que c'est donc beau, @Eathanor , quelle merveille !

Posté(e)

Un poème qui m'a fait songer à Francis Ponge, en particulier dans son recueil "L'état des choses" où il approche avec la même veine poétique objective la poésie du monde.

Posté(e)

Chaque objet ici est un refuge d'authenticité pour une parenthèse hors du temps, hors des bruits du monde rongé par le désenchantement qui nous tient captifs.

Tu sais capter chaque détail et lui conférer un premier rôle !

Posté(e)

Ce sont les échos des chose en allées que garde le vent, rien ne meurt jamais! Tout est renouvellement!

  • 6 mois plus tard...
Posté(e)

Quelle impression éprouvée à cette lecture : la maison et ses objets que plus personne ne touche ressemble à un mouvement immobile, celui qui suit les départs précipités des exodes massifs. Puissions-nous ne pas connaître ce que nos anciens vécurent, ce que des géographiquement proches vivent.

Un poème d'une grande puissance.

Le 21/06/2025 à 20:28, Eathanor a écrit :

Sur l’égouttoir glacé, un vieux bol écaillé repose là.

Sait-il toujours quelles mains le rinçaient en chantant ?

Une goutte d’eau descend le long de son émail terni

Puis s’écrase dans l’évier, triste note sans portée.

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