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L'émeute des saisons

Featured Replies

Posté(e)
  • Administrateur

maintenant que s’effacent mes aïeux, absorbés par le bitume,

il me faut marcher seul entre les lignes d’un monde effondré

avec, au-dessus, un ciel veineux, pendu au vide thoracique,

avancer au souffle de ma gorge, plus tremblement que prière.

sous les ponts où s’entassent les restes d’anciens exils,

je me suis souvenu d’un rire dans la brume d’un vieux matin.

les pavés étaient toujours tièdes, gorgés d’enfance absente.

ne pas pleurer, juste regarder choir le contour des choses.

dans la bouche ouverte d’un ancien empire cèdent les horizons.

souvent je m’y arrête pour retrouver les fragments de ma chute.

si les noms ont disparu, ils vibrent sur la mémoire de la pierre.

tout est là : les adieux, les faims, les lambeaux d’attente fossilisée.

sur un carnet aux pages rétractées, il m’arrive parfois d’écrire.

je trace des lignes que le jour efface, que la nuit préserve.

les mots résistent; ils rampent comme des bêtes sans abri.

même boiteux, même muets, même inutiles; les garder vivants.

j’ai connu l’amour — chair contre fuite, soupir contre départ.

celui qui brûle trop tôt, trop fort, trop brièvement pour guérir.

il ne cesse de revenir racler le fond asséché de mes heures blanches,

là où son nom flotte encore dans mon ventre, à marée basse.

face à l’émeute des saisons, ne s’opposent que mes os dispersés.

ils cèdent au poids du ciel, dans le vacarme des métamorphoses.

ce monde ne s’est pas effondré d’un seul coup — il s’est vidé.

et je reste, non pour survivre, mais pour dire qu’il a existé.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Toujours cette appétence pour un monde post-apocalyptique dans lequel sombre la mémoire que le poète-témoin est seul à pouvoir préserver, mais quelle sombre beauté en ces vers inspirés !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Ces beaux vers très touchants tracent le portrait d'un poète maudit qui a su chanter le bonheur et a connu l'amour mais reste désormais dans l'aridité d'un présent en ruine et déserté par le sens !

Posté(e)

Difficile de commenter ce genre de poème confession,

Si JE nest pas un autre, ce témoignage / constat est d'une extrême tristesse...

Plus que cela, la douieur suinte à chaque ligne .

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Très beau poème si intense, si profond, @Eathanor Amour et monde sont si étroitement liés.

Posté(e)

Le temps qui passe, le temps qui tue, le temps qui lasse, le temps qui pue...

Un poème au racloir. Un poème au rasoir.

Et finalement un poème au cordeau.

Posté(e)

Dès les premiers vers, j'ai été saisi par cette image du "ciel veineux". C'est dense et profond, incroyablement puissant et viscéral. Merci pour ce moment de poésie brute et lucide.

Posté(e)

@Eathanor

Man, ton poème est une méditation poétique de haute tenue, dans la lignée d’une poésie de l’effacement et de la mémoire blessée. . Pour chercher la petite bête, on pourrait souhaiter davantage de respiration dans la structure, et parfois, un mot plus simple pour percer la gangue métaphorique. Mais c’est un texte fort, qui assume jusqu’au bout sa mélancolie combative. Topissime !

Posté(e)
Il y a 20 heures, Eathanor a écrit :

maintenant que s’effacent mes aïeux, absorbés par le bitume,

il me faut marcher seul entre les lignes d’un monde effondré

avec, au-dessus, un ciel veineux, pendu au vide thoracique,

avancer au souffle de ma gorge, plus tremblement que prière.

Une "ultramoderne solitude" de haut vol poétique. Un texte intense qui vous prend aux tripes et ne vous lâche pas.

L'émeute des saisons (titre et premier vers de la strophe finale), une bien belle trouvaille. 👏

Posté(e)

Poème très sombre mais ô combien inspiré et dense .

Posté(e)

Un jour j'ai vu un poète écrire

Il écrivait pour des ruines

Il avait le regard vers l'intérieur

Il écrivait pour que les ruines

ne deviennent poussière

Il écrivait pour ses souvenirs

Posté(e)
Le 15/06/2025 à 19:22, Eathanor a écrit :

maintenant que s’effacent mes aïeux, absorbés par le bitume,

il me faut marcher seul entre les lignes d’un monde effondré

avec, au-dessus, un ciel veineux, pendu au vide thoracique,

avancer au souffle de ma gorge, plus tremblement que prière.

sous les ponts où s’entassent les restes d’anciens exils,

je me suis souvenu d’un rire dans la brume d’un vieux matin.

les pavés étaient toujours tièdes, gorgés d’enfance absente.

ne pas pleurer, juste regarder choir le contour des choses.

dans la bouche ouverte d’un ancien empire cèdent les horizons.

souvent je m’y arrête pour retrouver les fragments de ma chute.

si les noms ont disparu, ils vibrent sur la mémoire de la pierre.

tout est là : les adieux, les faims, les lambeaux d’attente fossilisée.

sur un carnet aux pages rétractées, il m’arrive parfois d’écrire.

je trace des lignes que le jour efface, que la nuit préserve.

les mots résistent; ils rampent comme des bêtes sans abri.

même boiteux, même muets, même inutiles; les garder vivants.

j’ai connu l’amour — chair contre fuite, soupir contre départ.

celui qui brûle trop tôt, trop fort, trop brièvement pour guérir.

il ne cesse de revenir racler le fond asséché de mes heures blanches,

là où son nom flotte encore dans mon ventre, à marée basse.

face à l’émeute des saisons, ne s’opposent que mes os dispersés.

ils cèdent au poids du ciel, dans le vacarme des métamorphoses.

ce monde ne s’est pas effondré d’un seul coup — il s’est vidé.

et je reste, non pour survivre, mais pour dire qu’il a existé.

Quand une lecture fait frissonner c’est qu’elle parle « juste » un langage profond qui remonte des profondeurs 💫😌

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Dans les boyaux étroits des gorges reposent des trésors que seuls ceux qui osent s’y enfoncer peuvent découvrir…

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Plein d'images superbes. J'aime beaucoup celle du vécu qui passe sous le pont

Le 15/06/2025 à 19:22, Eathanor a écrit :

les mots résistent; ils rampent comme des bêtes sans abri.

même boiteux, même muets, même inutiles; les garder vivants.

et celle des mots qu'il faut amadouer.

La chute est grandiose.

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