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Poème en corps

Featured Replies

Posté(e)
  • Administrateur

Le poème se contente juste d'être là, sans même un nom.

Il ne dit rien encore, mais déjà, son souffle s’approche.

En recherche d'une peau, d'une forme, d'un battement,

Il frémit sur la ligne, entre la tumeur, le chant et le sang.

Ses os sont d’encre noire, son squelette d’attente tendue.

Chacune de ses vertèbres est un ancien silence enfin brisé .

Sur l’aube d’une encre confuse, il s'avance sur la marge.

La griffure de la plume dissout le vertige en syllabes égarées.

Son ventre est plein d'abîmes qu’il digère sans parler,

Des abîmes qui saignent, hurlent pour s’échapper.

Il porte dans ses flancs toutes les résonances du monde,

Des résonances que nul n'entend, pas même Dieu.

Son dos fatigué garde les marques de chaque vers déçu,

Des stries de solitude, des larmes évaporées qui ne sont plus.

Et si la nuque ploie sous le poids des strophes avortées,

Il respire encore, avec peine, mais il respire obstinément.

Dans ses yeux s’accumulent des reflets d’étoiles mortes,

Des images tordues, des visages, des portes sans portes.

Voyant au-delà du regard, embrassant le frisson du vide ;

Il perçoit les tremblements du doute enterrant la lumière.

Parlant sans bouche, pourtant son haleine est un verbe,

Un souffle suspendu entre la veille et l’aube matinale.

Chaque mot est une pulsation arrachée à la douleur,

Chaque virgule une blessure, chaque point une pâleur.

Il boîte d’un pied, glisse d’une rime, titube d’un sens.

S'il vacille parfois sur le rebord , il ne chute jamais.

Son sang ne coule pas, il tremble, il file, il rature,

Puis il s’arrache de lui-même pour ne pas mourir là.

Et même s'il ne garde plus que la poussière de l'intention.

Que seul l'habite un frisson muet au bord d’un creux ancien,

Quand tout s’effondre ailleurs, sur quoi repose un poème ?

Il pèse dans le jour comme une vérité nue que rien ne plie.

Posté(e)
il y a 37 minutes, Eathanor a écrit :

Quand tout s’effondre ailleurs, sur quoi repose un poème ?

Justement, sur toutes les blessures; fractures, égratignures, palpitations (^^) et frissons, fièvres et éruptions....et parfois même la mort.

Et pourtant il n'y a pas de traitement, sauf peut-être le poème lui-même; qui sert de thérapie; et nous résistons, ..

Bon texte avec de puissantes images très parlantes...

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un poème aux images d'une grande intensité, quasi oniriques ou fantastiques, qui donne chair à l'ineffable !

Ce portrait du poème est une création très personnelle, expression d'un ressenti particulier marqué par une grande acuité.

Posté(e)

Un poème que fait vivre votre plume talentueuse.

Posté(e)
Il y a 1 heure, Eathanor a écrit :

Le poème se contente juste d'être là, sans même un nom.

Il ne dit rien encore, mais déjà, son souffle s’approche.

En recherche d'une peau, d'une forme, d'un battement,

Il frémit sur la ligne, entre la tumeur, le chant et le sang.

Ses os sont d’encre noire, son squelette d’attente tendue.

Chacune de ses vertèbres est un ancien silence enfin brisé .

Sur l’aube d’une encre confuse, il s'avance sur la marge.

La griffure de la plume dissout le vertige en syllabes égarées.

Son ventre est plein d'abîmes qu’il digère sans parler,

Des abîmes qui saignent, hurlent pour s’échapper.

Il porte dans ses flancs toutes les résonances du monde,

Des résonances que nul n'entend, pas même Dieu.

Son dos fatigué garde les marques de chaque vers déçu,

Des stries de solitude, des larmes évaporées qui ne sont plus.

Et si la nuque ploie sous le poids des strophes avortées,

Il respire encore, avec peine, mais il respire obstinément.

Dans ses yeux s’accumulent des reflets d’étoiles mortes,

Des images tordues, des visages, des portes sans portes.

Voyant au-delà du regard, embrassant le frisson du vide ;

Il perçoit les tremblements du doute enterrant la lumière.

Parlant sans bouche, pourtant son haleine est un verbe,

Un souffle suspendu entre la veille et l’aube matinale.

Chaque mot est une pulsation arrachée à la douleur,

Chaque virgule une blessure, chaque point une pâleur.

Il boîte d’un pied, glisse d’une rime, titube d’un sens.

S'il vacille parfois sur le rebord , il ne chute jamais.

Son sang ne coule pas, il tremble, il file, il rature,

Puis il s’arrache de lui-même pour ne pas mourir là.

Et même s'il ne garde plus que la poussière de l'intention.

Que seul l'habite un frisson muet au bord d’un creux ancien,

Quand tout s’effondre ailleurs, sur quoi repose un poème ?

Il pèse dans le jour comme une vérité nue que rien ne plie.

Il y a là une variété de mots, d’images et de réflexions profondes, sous-cutanées d’un poème qui a besoin de s’exprimer, de se manifester, de prendre forme… c’est peut-être l’instant imminent avant sa conception ?là où il cherche un lieu pour être et dire , son incarnation… une idée très originale 😃

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le poème se contente juste d'être là, sans même un nom.

Il ne dit rien encore, mais déjà, son souffle s’approche.

En recherche d'une peau, d'une forme, d'un battement,

Il frémit sur la ligne, entre la tumeur, le chant et le sang.

J'aime cette vision du poème, @Eathanor

Chaque mot est une pulsation arrachée à la douleur,

Chaque virgule une blessure, chaque point une pâleur.

Et j'aime cette perception du mot..., @Eathanor .

Posté(e)
  • Semeur d’échos

La personnification est frappante du poème qui

devient un être de chair, d’os et de sang, qu’une plume ténébreuse soumet à la torture, qui pourtant lui résiste, fort de sa vérité.

Posté(e)

Le poème est scruté au peigne fin par le poète... Aussi se révèle-t-il comme une vérité qui se suffit à elle-même, et que le prosaïsme du quotidien ne peut atteindre.

Posté(e)

Tu es un Pygmalion gothique, et si les poètes s'élèvent vers les nues pour traquer la muse, tu hantes les enfers à la recherche d'inspiration.

Un poème al Dante, en quelque sorte...

Posté(e)

Un corps à corps prégnant qui demande juste asile chez le lecteur.

Sans jugement.

Posté(e)

Quand le poème se prend lui-même pour sujet. Pas objet, non, mais être qui lutte, saigne, échoue, renaît. J'aime la violence douce du texte, cette impossibilité de dire sans se blesser.

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Il y a 18 heures, Eathanor a écrit :

Dans ses yeux s’accumulent des reflets d’étoiles mortes,

Des images tordues, des visages, des portes sans portes.

Voyant au-delà du regard, embrassant le frisson du vide ;

Il perçoit les tremblements du doute enterrant la lumière

Cette strophe sur les yeux m'a impressionné @Eathanor ...

Posté(e)

Je ressens une évolution dans l'écriture, qui mérite que l'on s'y attarde ; le fond reste inchangé dans l'atmosphère ténébreuse, mais quelque chose de nouveau se dégage, des morceaux d'intimité, tirés comme des flèches avec une puissance plus soutenue.

J'ai pensé au poème "Evolution" de René-François Sully Prudhomme :

... / ...

"Ainsi, de la poussière immonde

À l'éther qu'on n'étreint jamais,

Mon idéal de monde en monde

Me devance au monde où je vais."

Modifié par Joailes

Posté(e)
Le 13/06/2025 à 15:52, Eathanor a écrit :

Le poème se contente juste d'être là, sans même un nom.

Il ne dit rien encore, mais déjà, son souffle s’approche.

En recherche d'une peau, d'une forme, d'un battement,

Il frémit sur la ligne, entre la tumeur, le chant et le sang.

Puissante réflexion poétique sur le poème en devenir. Le poème une fois écrit, surtout s'il est publié ou posté en ligne, échappe à son créateur. Il devient un étre à part qui a sa propre existence et qui va être perçu de bien des manières différentes par les lecteurs qui le feront vivre. Ce "poème en corps" (beau titre) s'incarne et s'émancipe ce qui ne va pas sans quelques angoisses chez le poète qui l'a créé, enfanté.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Ces vers qui fouillent, observent le poème ont l'audace de Lautréamont, je trouve. Le poème devient une bête rare, l’œil qui le scrute est un peu celui de l'animalier qui rend compte et qui se sert des moyens mêmes du poème. Mise en abyme vertigineuse!

Posté(e)

Voilà qui est envoyé! un sacré texte sur la création d'un poème que l'on arracherait de soi-même, avec toujours vos images étonnantes parfois glauques qui ne laissent jamais indifférent le lecteur! La poésie permet je crois de s'en sortir comme si elle était un baume.

Posté(e)

Un jour j’ai vu un poème parler.

Il se parlait à lui-même.

Il en grandissait et Il en pleurait

Puis il s’est levé et il est parti....

  • 6 mois plus tard...
Posté(e)

Un anthropomorphisme du poème qui va jusqu'au bout des ses images : des comparaisons, des métaphores puis le poème vivant avec ses organes propres qui échappent au créateur poète. Une fin magistrale dans laquelle, en dépit des doutes et des souffrances de l'écriture, reste

Le 13/06/2025 à 15:52, Eathanor a écrit :

une vérité nue que rien ne plie.

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