Aller au contenu
View in the app

A better way to browse. Learn more.

Accents poétiques

A full-screen app on your home screen with push notifications, badges and more.

To install this app on iOS and iPadOS
  1. Tap the Share icon in Safari
  2. Scroll the menu and tap Add to Home Screen.
  3. Tap Add in the top-right corner.
To install this app on Android
  1. Tap the 3-dot menu (⋮) in the top-right corner of the browser.
  2. Tap Add to Home screen or Install app.
  3. Confirm by tapping Install.

La chambre aux visages fluides

Featured Replies

Posté(e)
  • Administrateur

Épongeant l’heure carnivore, les murs s’enroulent sur eux-mêmes.

Un étrange poulpe de verre vient doucement tapisser mes doigts.

Des plumes de cuivre frôlent mes tempes, réclament l’oubli.

Vaste vase sans fond, mon ventre s’ouvre à la soif des écrans.

Toute une ville s’écroule en moi avec des cris de marbre fendu.

Les hanches deviennent tunnels, les bouches des gouffres floraux.

Sous mon bureau, un chien de mercure rôde et lèche mes doutes.

Je m’érige comme un obélisque honteux au centre du néant.

Le temps se dilate, mousse et s’efface dans l’entrejambe du monde.

Un fleuve numérique lèche ma gorge en susurrant des corps dénudés.

Plus d’ongles, plus de peau, seulement une morne interface ruisselante.

Juste se noyer dans le sang des utérus pixélisés, dans l'éther virtuel.

Je suis une cathédrale érectile dont les vitraux tremblent.

Un greffier obscur tamponne mes reins de ses rites obscènes.

Chaque orgasme est une cloche fêlée dans une nef sans fidèles,

Estampilles sur l’oubli des désirs avec mon nom en lettres floues.

Tandis que je tente de digérer l'obscur, l'opacité se fait chair.

Elle se glisse sous l’ongle qui clique, étreint le muscle qui obéit.

Goûter des fantômes, avaler des images puis recracher des regrets.

L’aurore n’entrera plus par la fenêtre, elle attendra que je parte.

Un jour, qui sait, je deviendrai cet homme qui désire autrement,

Un torse battant d’oiseaux, un sexe pétri de lenteur et d’attente.

Mais pour l’instant, je suis ce funambule sans public ni destin visible.

Je traverse l'obscurité, entre honte sourde et anesthésie fébrile.

Alors j’écris ce poème comme un rêve qui crache ses dents.

Chaque vers est un éclat de luxure sur le plancher du désir.

Tu peux y marcher si tu veux, mais tu saigneras sûrement.

C’est ainsi qu’on sort, parfois, de la chambre aux visages fluides.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un poème aux images intenses et mystérieuses, un univers déchiqueté est ici représenté qui semble dans toute sa violence être infortunément le nôtre.

Ce monde chaotique et vibrant est ressenti d'une façon paroxystique.

Posté(e)

Ce n'est pas mystérieux du tout

Je t y vois . Devant ton ordinateur....et je vois tout ce que tu vois .:

il y a 44 minutes, Eathanor a écrit :

Un jour, qui sait, je deviendrai cet homme qui désire autrement,

Un torse battant d’oiseaux, un sexe pétri de lenteur et d’attente.

Tu es sur la bonne voie....vas y...je sens que ça vient , c'est même pas mal du tout .

Mais n´attends pas trop longtemps quand même ...😜

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Je suis toujours impressionnée par l'intensité des métaphores où se mêlent les écheveaux du réel et de l'imaginaire, @Eathanor

Les surréalistes voulaient transformer le monde; Ils ont exploré l'inconscient, le rêve...Je ne puis m'empêcher de songer à eux en te lisant.

Posté(e)

@Eathanor

Man, ton poème est encore plus  radical, dérangeant que d'habitude ! YO ! Entre intime et politique, technologique et charnel ! Nom d'un petit bonhomme en pain d'épices ! Tu t'y connais pour chahuter notre époque. Excès, angoisse, lucidité. Tu me fais penser à une sorte de déshumanisation contemporaine tout en gardant à mon avis, une nouvelle vision du corps et du lien. On n'en sort pas indemne, pour sûr ! Au top !

Posté(e)

@Marc Hiver ......tu t es fait pirater ton compte ou c'est ton fantôme ?

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Les images sont magnifiques et la confidence intense dans laquelle rien ne manque d’un inconscient qui navigue entre monde virtuel et désir sexuel.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un nouvel apocryphe : l’apocalypse selon @Eathanor . Non, on en ressort pas indemne mais quelle puissance !

Posté(e)

Tu es un scénographe de la poésie visionnaire et fantasmagorique !!

Cette avalanche d'images est dérangeante et époustouflante.

" Un homme qui désire autrement" : voici de mon point de vue la raison de ta formidable créativité 😊

Posté(e)

Que d'images fascinantes et parfois inquiétantes.

Posté(e)

Je ne sais pas comment le commentateur le plus aguerri peut se sortir de ce pétrin. Je me rends compte à quel point il serait tout à fait stupide d'essayer de dire quelque chose de cohérent alors que tu ouvres les portes d'un labyrinthe à sept étapes. La clé pour en sortir semble cependant donnée dans la dernière strophe :

Le 08/06/2025 à 17:52, Eathanor a écrit :

Tu peux y marcher si tu veux, mais tu saigneras sûrement.

C’est ainsi qu’on sort, parfois, de la chambre aux visages fluides.

Toi-même, @Eathanor , semble avoir pris un virage et, peut-être, trouvé la voie de la sortie ? Te parles-tu à toi-même ..?

Posté(e)

A venir croiser sur les eaux du sexe on peut facilement couler ou s'ensabler. Tu évites les écueils en choisissant d'éperonner en puissance.

Et un intime fantomatique et déformé se mire dans une lecture hallucinée.

Eclairé par nos propres questions.

Une réussite.

Posté(e)

Des images d’une telle densité ! Elle frappent par leur étrangeté organique (« poulpe de verre », « chien de mercure », « utérus pixélisés »). Un poème-reflet de notre époque numérique et désincarnée. Quelle créature sortira de ces coïts ?

Posté(e)
  • Semeur d’échos

De l'errance mythificatrice de l'écran pornographique. Paradoxale déliquescence et déshumanisation. Le désir devient son propre ennemi.

Le 08/06/2025 à 17:52, Eathanor a écrit :

Un jour, qui sait, je deviendrai cet homme qui désire autrement,

J'aime cette dérive vers une lueur utopique.

Posté(e)

Un texte étonnant de richesse avec ses images stupéfiantes ; on est habitué avec vous. Maintenant il vous faudrait trouver la porte de sortie, mais je pense que la poignée est placée très haute. Le poète que vous êtes peut-être l'atteindra.

Account

Navigation

Configure browser push notifications

Chrome (Android)
  1. Tap the lock icon next to the address bar.
  2. Tap Permissions → Notifications.
  3. Adjust your preference.
Chrome (Desktop)
  1. Click the padlock icon in the address bar.
  2. Select Site settings.
  3. Find Notifications and adjust your preference.