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Là où la ville pleure

Featured Replies

Posté(e)
  • Administrateur

Depuis toujours, la ville mâche ses ombres.

Sous le néon défait en écho de métal usé,

La nuit se rétracte comme un battement d’aile.

Une larme urbaine se glisse entre deux ruelles,

Le vent emporte les épluchures de la veille,

Des journaux froissés, des cœurs frottés,

Des titres d’absences, des visages griffonnés,

Puis s’efface au détour d’un soupir.

Les poubelles débordent de secrets,

De lettres jamais envoyées,

De roses fanées aux épines intactes

Et de songes rétractés sous vide.

Un couple s’éteint dans une voiture,

Moteur tournant, regards absents.

Ils écoutent une chanson d’avant

Ne sachant plus pourquoi ils pleurent.

Au loin, un homme parle aux passants,

Ses mots flottent comme des feuilles mortes.

Il vend des sourires contre un simple regard,

Mais personne ne lui rend la monnaie.

Et là, cet enfant aux yeux d’encre.

Voulant dessiner un soleil sur le béton,

À défaut de jaune dans sa trousse,

Il choisit le charbon noir de l'asphalte.

Un bus crisse en marquant l'arrêt,

Vomissant des corps pressés,

Des grands sacs pleins, des rêves vides,

Et un air tiède de renoncement.

Un veilleur de nuit regarde la pluie

Comme on regarde un film déjà vu.

Sa cigarette est un générique final

Qui n'a que trop tardé à s’éteindre.

Le fleuve reflète la façade des regrets,

Les ponts sont devenus des seuils.

On y jette bien encore quelques pièces

En priant sans ne plus vraiment y croire.

Et dans le halo d’un néon tremblant,

Je m’assieds, scribe anonyme du bitume,

À l’écoute des pulsations du silence

Dans le cœur irradié des chaussées.

Marcheur d’errances et de brumes,

Je m’accroche à chaque détail,

Puisque c’est là,

------------ Dans le minuscule,

------------Que respire le poème.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Et dans le halo d’un néon tremblant,

Je m’assieds, scribe anonyme du bitume,

À l’écoute des pulsations du silence

Dans le cœur irradié des chaussées.

Marcheur d’errances et de brumes,

Je m’accroche à chaque détail,

Puisque c’est là,

------------ Dans le minuscule,

------------Que respire le poème.

Très beau poème, @Eathanor où chaque mot dit tant...

Ce poème respire et bat indubitablement.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un poème vibrant empli de ressentis, regard au coeur de la nuit urbaine !

Modifié par Alba

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une façon sans concession d'évoquer le médiocre et le minuscule. On mesure tout l'échec, cristallisé dans l'univers urbain, d'une humanité qui n'a pu faire mieux.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

La ville vécue et décrite dans le détail , la médiocrité et la tristesse du quotidien avec grand réalisme.

Il y a 3 heures, Eathanor a écrit :

Un couple s’éteint dans une voiture,

On aurait tant voulu qu’ils s’étreignent !

Posté(e)

Je dois dire que ce poème là m'a interpellée ; je l'ai trouvé différent des autres .

Oui, peut-être une respiration, un autre souffle ...

Il y a 4 heures, Eathanor a écrit :

Marcheur d’errances et de brumes,

Je m’accroche à chaque détail,

Puisque c’est là,

------------ Dans le minuscule,

------------Que respire le poème.

certes, l'atmosphère pesante habituelle est présente, mais il y a quelque chose en plus.

Posté(e)
Il y a 5 heures, Eathanor a écrit :

Et dans le halo d’un néon tremblant,

Je m’assieds, scribe anonyme du bitume,

À l’écoute des pulsations du silence

Dans le cœur irradié des chaussées.

Marcheur d’errances et de brumes,

Je m’accroche à chaque détail,

Puisque c’est là,

------------ Dans le minuscule,

------------Que respire le poème.

Dans une ville de grande et ultramoderne solitude, un poète désenchanté veille, guette et traque la moindre trace de poésie en péril.

Posté(e)

Scènes de rue dont la poétique rappelle les photos de Doisneau.

Un délice !

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Il y a 10 heures, Eathanor a écrit :

Un veilleur de nuit regarde la pluie

Comme on regarde un film déjà vu.

Sa cigarette est un générique final

Qui n'a que trop tardé à s’éteindre.

Superbe strophe dans un poème qui pleure sur la ville…

Poignante lecture @Eathanor

Posté(e)

Ce qui a changé c'est ça :

"Une larme urbaine se glisse entre deux ruelles,"...

Je dirais même une larme humaine , qui faisait défaut avant dans tes villes

de grande solitude...

Posté(e)

"La nuit se rétracte comme un battement d’aile", et la beauté de ce poème, loin de se noyer dans l'anodin, se déploie pour les insomniaques, les rêveurs discrets, et les marcheurs sans but.

Posté(e)

@Eathanor

Heureusement que la poésie est promesse de bonheur, la tête dans les étoiles... et top !

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